Premier League - Mikel Arteta contesté après l'élimination d'Arsenal contre le PSG : est-ce bien sérieux ?

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L'élimination d'Arsenal face au Paris Saint-Germain mercredi soir, en demi-finale de la Ligue des champions, a laissé des traces du côté de Londres. Plusieurs voix s'élèvent pour réclamer le départ de l'entraîneur espagnol Mikel Arteta. Mais est-ce bien sérieux ? Philippe Auclair analyse la situation.

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La notion de succès est toute relative en football comme en toute autre chose. Qu'est-ce que le succès, d'abord, sinon le dépassement d'une attente ? Et cette attente variera, selon qu'on soit Bodø Glimt ou Tottenham Hotspur. Nottingham Forest, à bout de souffle, parait devoir manquer le bon wagon pour la Ligue des Champions 2025-26 après avoir figuré dans le Top 5 de la Premier League de la 15ème à la 33ème journée de la compétition.
Ce ne sera pas un échec pour autant. Ce sera une déception. On saluera le travail de son manager Nuno Espirito Santo, à juste titre. Idem pour Crystal Palace, qui s'apprête à disputer une finale de FA Cup et est depuis longtemps assuré de son maintien en PL. Le nom d'Oliver Glasner figurera sur la shortlist des postulants au titre de 'manager de l'année', comme Nuno. Les deux l'auront mérité.
Mais mettez-vous dans la peau de Mikel Arteta, demi-finaliste de la Ligue des Champions après avoir battu le Real Madrid chez lui et potentiel vice-champion d'Angleterre derrière l'intouchable Liverpool. Il aura suffi de deux matches contre le meilleur PSG de l'histoire pour que, d'un coup d'un seul, il s'en trouve qui affirment qu'il a fait son temps à l'Emirates. Et ceux-là sont nombreux, si l'on en croit ce qui se dit sur les réseaux sociaux et les phone-ins des radios anglaises.
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Toujours la même histoire
Voici ce que dit l'un de ces frustrés. "C'est toujours la même histoire. Arsenal est à bout en fin de saison. C'est quand on a le plus besoin de lui comme entraîneur que Mikel Arteta se déconnecte. Si le club veut se battre pour le titre de Premier League, il doit se débarrasser de son manager". Mais bien sûr !
Il y a des choses qui peuvent irriter dans le personnage Arteta. Il y a des aspects de son management qui méritent d'être questionnés. Comment pourrait-il en être autrement ? Arteta est un homme de système, comme on l'a écrit ici, avec tous les excès que cela suppose. Un obsessif, un coupeur de cheveux en quinze à qui il arrive d'être aveuglé par ses convictions. Il est bien le seul, par exemple, qui ait pu affirmer que ses Gunners avaient été supérieurs aux Parisiens dans leur demi-finale sans perdre de son sérieux.
Mais, pour inverser l'expression, Arteta a aussi les qualités de ses défauts. Il est parfois trop prudent et rigide dans son approche tactique, ce qui rend son Arsenal plus prévisible et plus facile à contrer, puisque ce sont toujours les mêmes problèmes qu'il appartient à ses adversaires de résoudre. Mais son Arsenal a désormais un jeu structuré, que ses joueurs connaissent sur le bout des orteils, quand le manque d'organisation et de continuité était devenu une de ses caractéristiques depuis la seconde moitié du règne d'Arsène Wenger. Mieux, ses joueurs ont clairement épousé ses principes. Ils y croient.
On lui reproche son recrutement, ou plutôt son manque de recrutement lors du mercato hivernal, comme si c'était lui qui en était personnellement responsable et pas la vacance du pouvoir consécutive au départ inopiné du directeur sportif des Gunners Edu en novembre 2024. Arteta souhaitait accueillir un nouvel avant-centre en janvier, qu'il s'agisse d'Isak, de Sesko ou de Gyökeres. Voire de Jamie Vardy. Que cet avant-centre ne soit pas arrivé n'est pas sa faute. Quiconque en douterait n'aura qu'à observer le visage du manager lorsque le sujet fut abordé lors de ses points-presse de l'hiver. Sa frustration était sensible. Ce sont ses dirigeants, pris à contre-pied par la décision d'Edu, qui avaient freiné le processus.
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Mikel Arteta and Martin Odegaard

Crédit: Getty Images


Arteta a donné des raisons d'y croire, et c'est ce qu'on ne lui pardonne pas

Oui, mais Arteta a dépensé presque 800 millions d'euros en nouveaux joueurs depuis 2020-21, sa première saison complète à Highbury ! C'est faux.  En net, le seul chiffre qui devrait compter, Arsenal a déboursé un peu plus de la moitié de cette somme, pas davantage. C'est beaucoup, mais c'est 230 millions de moins que ce Manchester United (malgré ces pingres de Glazer) a "investi" sur le marché des transferts pendant la même période. Et pendant ce temps, Arsenal est passé d'une équipe qui finit deux fois huitième de Premier League (en 2020 et 2021) à un prétendant logique pour le titre.
Pourtant, certains, comme l'excellent Miguel Delaney de The Independent,  parlent d'une "régression", ce en quoi ils ont à la fois raison et tort. Tout dépend du point de vue qu'on adopte. La "régression" n'est pas dans les résultats, mais dans les espoirs qu'on a eu de voir un groupe stable, enrichi par les remarquables produits de l'académie (Nwaneri, Lewis-Skelly), gagner un premier trophée depuis la FA Cup de 2020. On attend davantage de ces Gunners, parce qu'il y a des moments où l'on entrevoit ce qui serait possible, comme lors de leurs vingt-cinq premières minutes au Parc des Princes; et ce qui serait possible a quelque chose d'enchanteur.
L'apparition de cet autre Arsenal est hélas furtive. Les rideaux sont vite tirés, la porte claque, et on se demande ce qui avait bien pu donner le droit de rêver comme cela. Cette saison-ci encore, les Gunners n'ont pas offert ce qu'on espérait d'eux. Ils ont donné des espoirs, mais l'espoir est de ces cadeaux qu'on vous souffle au nez. Ils n'ont pas profité du trou d'air de Manchester City, de l'inconstance de Chelsea, des limites de Newcastle (et de quelques autres) pour tarauder Liverpool comme ils auraient dû le faire. Ne parlons pas de leur 'parcours' en Coupe d'Angleterre et en Coupe de la League, dont il n'y a vraiment aucune raison d'être fier.
Quand Delaney ajoute aussitôt que "questionner l'avenir d'Arteta est absurde", il ne se contredit pas pour cela. Si l'on devait comparer le football à un jeu de cartes, ce serait plus à un jeu de patience qu'au poker. Malheureusement pour Arteta, la patience se fait rare ; il ne serait pas critiqué comme il l'est aujourd'hui s'il n'avait pas donné des raisons d'y croire. Il l'a fait, et c'est ça qu'on ne lui pardonne pas aujourd'hui.
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PSG-Arsenal, Champions League | El enfrentamiento entre Arteta y Luis Enrique en rueda de prensa: "Es mi amigo, pero no estoy para nada de acuerdo".

Crédit: Getty Images


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