Premier League – Ruben Amorim, la solution pour conjurer le mauvais sort à United ?
Mis à jour 30/10/2024 à 14:41 GMT+1
Erik ten Hag limogé lundi, la liste des entraîneurs sacrifiés par l’ère post-Ferguson s’élargit. Arrivé avec l’étiquette de l’architecte d’un Ajax conquérant et séduisant, le Néerlandais n’a jamais pu confirmer un premier exercice prometteur, peu aidé par un environnement vicié et désarticulé. Attendu comme son successeur, Ruben Amorim se prépare à une mission quasi-impossible.
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Video credit: Eurosport
Le Théâtre des rêves a encore vu son régisseur en chef tirer le levier. Sur les planches de la scène partiellement éclairée, Erik ten Hag voit le sol se dérober. Il finit englouti, lui aussi, par la lessiveuse à entraîneurs de Manchester United. José Mourinho, David Moyes, Louis van Gaal,… Tous ont essayé de redonner le lustre des jours heureux de l’ère Alex Ferguson, parti par la grande porte, sur un titre de champion (son 13e). L’épisode du renouveau a exhumé son lot d’incompréhensions, de mariages sans saveur, de désintérêt croissant d’une institution jadis crainte, aujourd’hui à peine respectée.
Avec Ten Hag, la déception est double. Le technicien batave est arrivé à Manchester les valises pleines de trophées (6) conquis avec l’étiquette flatteuse du jeu chatoyant proposé par son Ajax. Porté par une génération dorée, le club d’Amsterdam avait crevé l’écran en disposant du Real Madrid sur le chemin d’une demi-finale en Ligue des champions. Trois ans plus tard, le boss des Lanciers s’attaque avec ambition et confiance au défi mancunien.
Amorim, un air de déjà-vu
Peut-être que le Néerlandais ne savait pas à quel point le poison s’était infiltré dans les coursives d’Old Trafford, qui semble depuis le départ de Sir Alex et la prise de pouvoir de la famille Glazer avoir pris racine sur un ancien cimetière indien. Peu enclins à s’immiscer directement dans les décisions sportives, les frères Glazer ont tout de même été poussés à réaliser un choix intéressant en la personne d’ETH. Bâtisseur reconnu même s’il n’a jamais officié dans un grand championnat, l’intronisation du Batave revêtait un risque calculé.
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Erik ten Hag
Crédit: Getty Images
Le choix de Ruben Amorim, dont l'officialisation sur le banc mancunien est attendue dans la semaine, rappelle d’ailleurs celui de Ten Hag : un entraîneur aux principes forts, presque dogmatiques, sans expérience dans un championnat majeur, mais reconnu dans sa faculté à faire progresser ses équipes. Tout Amorim qu’il est, le Portugais, s'il est confirmé à ce poste, devra se frotter à une malédiction larvée, celle du style de jeu. Manchester United a essayé tout et son contraire, mais rien n’y fait : les saisons passent et le contenu reste incohérent, voire lénifiant au possible.
Ten Hag, l’optimisme avant l’interminable déliquescence
Ten Hag pourra avancer qu’il a décroché deux trophées, dont le dernier face à Manchester City, un petit exploit en soi, cela n’effacera pas les balbutiements permanents dans le jeu. Une éclaircie semblait poindre au large de l’horizon mancunien, lors de la première année du Batave sur le banc des Red Devils (2022-2023). Confronté au théorème Cristiano Ronaldo, Ten Hag a saisi là l’occasion d’affirmer son leadership, quitte à froisser la légende locale et à risquer une guerre interne.
CR7 parti à l’intersaison en Arabie saoudite, l’ex de l’Ajax a pu insuffler une nouvelle éthique de travail et un retour aux fondamentaux qui ont trouvé un écho dans les résultats (Carabao Cup et 3e place au championnat). Un premier opus prometteur qui incitait le héraut à un optimisme affirmé. Problème, le début de l’acte II ne s’est pas passé comme l’avait imaginé l’entraîneur, reniant définitivement ses principes au profit d’un pragmatisme désarticulé. Les combinaisons disparaissent, les profils s’interchangent dans un milieu transpercé tous les week-ends, et l'impression prégnante d’une régression constante ne cesse de s'étendre.
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Casemiro, Dalot and Onana
Crédit: Getty Images
L’amoncellement de blessures longues durées n’a pas aidé (Lisandro Martinez, Raphaël Varane), plongeant un effectif mal construit dans un cercle vicieux. Au point de précipiter la nécessité du limogeage de Ten Hag au crépuscule de la saison dernière, achevée avec une différence de buts négative (-1), un camouflet énorme pour le club. En termes de buts encaissés attendus, Man United affichait la sixième pire défense du championnat (Opta). Les signaux viraient tous au rouge vif, et la prise de pouvoir sur le volet sportif d’INEOS suggérait une césure nette avec la culture de médiocrité encore vivace au sein des nombreuses strates de l’institution.
Le défi d’une vie, une mission presque impossible
Chargé de chapeauter cette énième révolution, Jim Ratcliffe s’était montré énigmatique devant le cas ETH, tout en faisant miroiter le sempiternel marronnier du retour au premier plan. "J’aime bien Erik (Ten Hag, ndlr), je pense que c’est un très bon entraîneur, mais au bout du compte, ce n’est pas moi qui décide, c’est l’équipe dirigeante de Manchester United qui doit décider de la meilleure façon de gérer l’équipe à bien des égards, déclarait le dirigeant à la BBC début octobre. Nous voulons ramener Manchester United là où il devrait être, et il n’y est pas encore, c’est très clair."
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Jim Ratcliffe, co-propriétaire de Manchester United
Crédit: Getty Images
Si l'actuel entraîneur du Sporting était confirmé, il reprendrait le flambeau des mains d’un entraîneur accusant le 2e pire ratio de défaites en Premier League de l’ère post-Ferguson, avec l’objectif de remettre sur les rails une équipe 14e en championnat et 21e de Ligue Europa. Le chantier promet d’être immense, la mission presque impossible. Car même si les premiers mois souffleront un vent d’optimisme, le mal local est tenace et n’attend qu’un faux-pas pour submerger les lieux. Amorim sait à quoi s’en tenir.
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