70% de victoires, 20 titres : les chiffres hallucinants de l’ogre Guardiola à la tête de Manchester City

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En dix saisons à la tête de Manchester City, Pep Guardiola a bâti ce qui restera comme l'une des plus grandes dynasties de l'histoire du football. Le Catalan, qui quittera ses fonctions à l'issue du dernier match de la saison, face à Aston Villa, dimanche (17h), a mené les Sky Blues vers six titres de Premier League et la première Ligue des champions de l'histoire du club. 

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"Rien n'est éternel", certes, puisqu'il s'en va, mais la trace de Pep Guardiola à Manchester City, elle, ne passera pas. Parce qu'en dix ans à la tête des Citizens, le Catalan a fondé un empire, parti sous sa houlette à la conquête de vingt titres, dont six championnats d'Angleterre. À ce petit jeu de collectionneurs de génie, seuls Alex Ferguson et ses treize titres de champion le surplombent. Mais lui y est parvenu en dix-sept saisons de plus. 
Imaginez : sous l'ère de l'ogre Guardiola, les Sky Blues ont remporté 416 des 592 matches qu'ils ont disputés (70,3%) et marqué trois fois plus (1422) qu'ils n'ont encaissé (520) de buts. Une machine statistique sans précédent (2,28 points par match) qu'aucun autre entraîneur n'a un jour égalée dans le football britannique. Le tout en ayant imprimé, dans le jeu, la trace d'un football moderne, révolutionnaire parfois, où qu'il soit allé. 

Vingt titres en dix ans, qui dit mieux ?

Tantôt lirez-vous que le Catalan pèse seize titres, à City, si l'on ne compte que les Premier League (6), la Ligue des Champions (1), les Coupes d'Angleterre (3), les Coupes de la ligue (5), et la Coupe du monde des Clubs (1). Tantôt lirez-vous qu'il en pèse quatre de plus, si l'on y ajoute une Supercoupe de l'UEFA et trois Community Shields, soit les équivalents européen et britannique du Trophée des champions franco-français. Pas mal. Mais si l'on est taquin, on pourra lui suggérer d'avoir pris exemple sur sa période barcelonaise, où en trois ans sur le banc, il avait décroché quatorze titres. Pep, un peu moins rapide que son ombre. 
La patte Guardiola, ce sont aussi deux saisons au presque parfait : un premier triplé en 2018-2019 (Premier League, League Cup, FA Cup) et un autre, légendaire, en 2022-2023 (Premier League, Ligue des champions, FA Cup). Au Panthéon des entraîneurs européens, son avance n'a fait que s'accentuer, ces dernières saisons, portant le total de titres nationaux qu'il a remportés à douze (trois avec le Barça, trois avec le Bayern, six avec Manchester City). Là, personne ne fait mieux. D'ailleurs personne ne lui arrive à la cheville, puisque ses premiers poursuivants, Antonio Conte et Massimiliano Allegri, ne comptent que six titres nationaux chacun. 

6 défaites de l'été 2017 à l'été 2019

La force de Guardiola, c'est aussi d'avoir su, en à peine une saison, transformer une équipe, certes déjà performante, en un véritable mastodonte. De l'été 2017 à l'été 2019, soit ses deuxième et troisième saisons sur le banc mancunien, Guardiola n'a perdu que six matches de Premier League, pour six nuls, et 64 victoires qu'a décroché un onze emmené par Kevin De Bruyne, Sergio "Kün" Aguero et les deux Silva, Bernardo comme David. Un chef-d'œuvre, tout simplement. 
Arrivé, déjà, comme l'un (le ?) plus grand entraîneur de sa génération en 2016 à City, le voilà bientôt reparti avec un statut de légende. Certes, sa domination nationale s'est effritée, ces deux dernières années, au bénéfice du Liverpool d'Arne Slot, puis de l'Arsenal de son ancien adjoint, Mikel Arteta. Mais seul un vulgaire manque de résultats ne saurait provoquer la chute de l'empire Guardiola. Lui-même, seul, pouvait en décider.
"Ne me demandez pas pourquoi je pars, il n'y a pas de raison particulière, a-t-il précisé dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux du club. Mais au fond de moi, je sens que le moment est venu. Rien n'est éternel." Au-delà des chiffres, des victoires, des titres, des compositions sur-mesure, des latéraux inversés, des joueurs de légende – Vincent Kompany, David Silva, Sergio Aguero, Kevin De Bruyne – comme de ceux qu'on oubliera, sans chercher à leur manquer de respect – Angeliño, Zack Steffen, Kalvin Philipps –, seule "l'émotion sera éternelle, les gens, les souvenirs, l'amour que je porte à mon Manchester City." Adéu, Pep. Ou à bientôt ?
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