Comment Michael Carrick a conquis Manchester pour sa première avec United, en faisant tout l'inverse de Ruben Amorim
Par Tanguy Mantovani
Mis à jour 17/01/2026 à 21:32 GMT+1
Pour le premier match de son deuxième passage en tant qu'entraîneur intérimaire de Manchester United, Michael Carrick a misé sur une recette aux antipodes de celle de l'ancien titulaire du poste Ruben Amorim. En s'appuyant, entre autres, sur un 4-2-3-1 structuré, du jeu direct et certains indésirables du Portugais. Et ça marche : son équipe a dominé Manchester City (2-0), et conquis le public.
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Il n'a eu que trois jours pour plancher, mais c'était visiblement bien assez pour faire table rase. Nommé mardi pour terminer la saison en tant qu'entraîneur principal de Manchester United, une dizaine de jours après le renvoi du précédent coach Ruben Amorim, Michael Carrick a misé sur l'antithèse du Portugais dès son premier match ce samedi. Avec succès, puisque les Red Devils ont remporté avec la manière leur derby face à Manchester City (2-0), au terme de ce qui a été l'un des meilleurs matches de la saison.
Et s'ils l'ont fait, c'est en partie grâce aux choix radicaux de leur nouveau coach. Comme si l'Anglais avait pris un soin méticuleux à démonter une à une les grandes orientations de son prédécesseur. Ce, dès la composition, en titularisant notamment Kobbie Mainoo, devenu un symbole – et quasiment un martyre – du mandat d'Amorim tant il était snobbé, mais aussi son compatriote Harry Maguire, loin d'être indiscutable pour l'ancien coach du Sporting Portugal. Bryan Mbeumo, lui, débutait enfin dans l'axe. Et tout ce beau monde articulait un 4-2-3-1 très classique, à des années lumières du complexe 3-4-2-1 qui peinait à s'animer depuis près de 18 mois.
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Un grand chamboulement sur la forme qui s'est étendu au fond, et qui a porté ses fruits. Avec son jeu direct, Manchester United a dominé le ballon Manchester City en lui laissant le ballon. La structure des Red Devils leur a permis de museler l'attaque des Citizens, puis de leur faire très mal en contre. A tel point que, au coup de sifflet final, les joueurs de Michael Carrick comptaient plus de frappes, et bien plus d'xG (3,81 contre 0,47) malgré seulement 32% de possession. "Michael Carrick a joué dans des grandes équipes de Manchester United, il sait à quoi elles ressemblent" s'est ainsi emballé son ancien coéquipier Gary Neville sur Sky Sport en réaction.
La meilleure équipe a gagné
Et lui, ainsi que les autres influents "pundits" britanniques étaient subitement aussi convaincus de cette première qu'ils étaient sceptiques d'Amorim. "L'ancien coach n'a jamais réussi à créer une dynamique positive, à gagner cinq ou six matches consécutifs, a poursuivi Roy Keane sur Sky Sport. Ils ont maintenant une vraie chance de se qualifier pour la Ligue des champions grâce à ce résultat." Ni plus ni moins. Allégorie de la vitesse à laquelle le vent peut tourner à Manchester. Et de la puissance des symboles. Michael Carrick aurait déjà gagné beaucoup de crédit avec cette victoire inaugurale dans le derby, il en a gagné encore plus en balayant la méthode contestée de son prédécesseur.
"Je ne veux pas m'emballer avec toutes ces histoires d'ADN, a tout de même tempéré l'intéressé après la rencontre. On voulait juste bien jouer et mettre en œuvre des éléments qui, selon nous, nous y aideraient. Nous voulions absolument être performants défensivement en équipe. Nous pensions être dangereux en transition. Je ne pouvais pas espérer mieux." Et même Pep Guardiola était bluffé : "La meilleure équipe a gagné, a-t-il résumé en conférence de presse. Ils avaient quelque chose que nous n'avions pas." Un nouveau souffle, peut-être. Ou tout simplement une équipe resuscité par le pari de miser sur ce qui a fait son succès dans le passé. A ce sujet, l'Espagnol y est aussi allé de sa petite pièce dans la machine : "Peu importe l'entraîneur, Manchester United est toujours une équipe de transition." Elle l'était tout de même un peu moins sous Ruben Amorim.
Elle tend désormais à le redevenir. Mais le chemin est long et à peine entamé par Michael Carrick, qui ne dispose pour l’instant que de quelques mois de contrat. Et même si ses débuts sont enthousiasmants, tout le mérite ne peut pas lui être attribué. Le premier intérimaire Darren Fletcher, qui a dirigé les deux précédents matches des Red Devils, avait posé les bases pour cette révolution. Lui est venu peaufiner les détails, en mettant les bons hommes au bon poste notamment, et récupérer les honneurs avec sa tête de candidat idéal. C’est peut-être cela, au fond, le plus important. Manchester United a tenté la modernité, en débauchant l’entraîneur qui était alors le plus tendance du moment, mais qui lui a fait faire grise mine. Et un seul petit match dirigé par une ancienne gloire, décrit comme un héritier de Sir Alex Ferguson et gagné grâce à de bonnes vieilles recettes, a suffi pour conquérir. Reste à savoir si Carrick a lancé un cycle nouveau, ou simplement ravivé un réflexe.
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