Mercato I 2,01 milliards : Comment la Premier League dépense autant que la Serie A, la Bundeslia, la Liga et la Ligue 1 réunis
Par Vincent Bregevin
Publié 31/07/2025 à 23:53 GMT+2
Il y a la Premier League et les autres. Le volume de dépenses du championnat anglais sur le mercato estival a d’ores et déjà dépassé, une nouvelle fois, les 2 milliards d’euros, soit quasiment la même somme que la Serie A, la Liga, la Bundesliga et la Ligue 1 réunis. Un écart financier toujours plus important qui s’explique en partie par la manne des droits TV, mais pas seulement.
Florian Wirtz, Hugo Ekitiké, Bryan Mbeumo... La Premier League écrase le marché des transferts
Crédit: Quentin Guichard
C’est devenu la norme. Voir la Premier League dépasser les 2 milliards d’euros de dépenses sur le mercato était déjà une constante ces trois dernières saisons. La quatrième ne fera pas exception. Le championnat anglais a une nouvelle fois franchi ce cap symbolique, puisqu’il est le seul à l’avoir atteint en Europe. Mais ce n’est même pas ça, le plus marquant.
C’est surtout que le volume de dépenses du championnat anglais correspond globalement à celui de la Serie A, de la Bundesliga, de la Liga et de la Ligue 1 réunis. Au 31 juillet, à la mi-journée, la Premier League avait déboursé un montant de 2,01 milliards d’euros, alors que le total des quatre autres membres du Top 5 européen, l’Italie (747,31 millions d’euros), l’Allemagne (552,5 millions d’euros), l’Espagne (456,30 millions d’euros) et la France (277,36 millions d’euros) atteignait une somme à peine supérieure, 2,03 milliards d’euros, selon les chiffres du site transfermarkt.com.
C’est l’image d’un fossé qui ne fait que s’agrandir entre la Premier League et les autres. Elle est invariablement le championnat qui dépense le plus depuis l’été 2003, avec une exception en 2011-12, quand elle avait été devancée de peu par la Serie A (568,11 millions, contre 553,41 millions pour la Premier League). Cette tendance est encore plus marquée sur les trois dernières années, qui ont donc vu l’élite anglaise dépasser largement la barre des 2 milliards d’euros avec une pointe record à 2,8 milliards d’euros à l’été 2023.
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Video credit: Eurosport
L’effet des droits TV
L’été 2025 pourrait bien enregistrer une nouvelle valeur de référence en la matière. Il n’y aura peut-être même pas besoin d’attendre la clôture du marché le 1er septembre prochain pour assister au nouveau record. En attendant, huit des dix plus gros transferts dans le sens des arrivées actés jusqu’ici cet été ont été réalisés par des clubs des Premier League. L’exception qui confirmait la règle a d’abord été la signature de l’attaquant italien Mateo Retegui pour le club saoudien d’Al-Qadsiah (68,25 millions d’euros). Puis il y a eu celle de Luis Diaz à Munich (estimé à 70 millions d’euros par Transfermarkt), la seule du Top 5 européen hors Premier League jusqu'ici.
- Les 10 transferts les plus chers au 31 juillet
| 1. Florian Wirtz (Liverpool) | 125 M€ |
| 2. Hugo Ekitiké (Liverpool) | 95 M€ |
| 3. Bryan Mbeumo (Manchester United) | 75 M€ |
| 4. Matheus Cunha (Manchester United) | 74,2 M€ |
| 5. Martin Zubimendi (Arsenal) | 70 M€ |
| 5. Luis Diaz (Bayern Munich) | 70 M€ |
| 7. Mateo Retegui (Al-Qadsiah) | 68,25 M€ |
| 8. Viktor Gyökeres (Arsenal) | 65,8 M€ |
| 9. Jamie Gittens (Chelsea) | 64,3 M€ |
| 10. Mohammed Kudus (Tottenham) | 63,8 M€ |
(Source : Transfermarkt.com)
Avant le départ de l’attaquant colombien au Bayern Munich, la Premier League surpassait le reste du Big 5 en termes de dépenses cet été, un phénomène inédit sur un seul mercato. Il est en grande partie symbolisé par Liverpool, le club qui a le plus mis la main au portefeuille sur cette fenêtre estivale (308 millions d’euros), mais pas seulement. Que Sunderland, promu cette saison, apparaisse en 9e position au classement des clubs les plus dépensiers (130,9 millions d’euros), dit à peu près tout de l’écart exponentiel qui sépare la Premier League des autres championnats.
Si ce mercato d’été ressemble à un petit coup d’accélérateur financier pour l’élite anglaise, c’est déjà l’effet de l’entrée en vigueur du nouveau contrat des droits TV de la Premier League pour la période 2025-29 pour 7 milliards d’euros, soit près de 2 milliards par saison et une augmentation de 4% par rapport au précédent bail. C’est nettement supérieur à la Bundesliga (1,12 milliard par saison), la Liga (990 millions par saison), la Serie A (900 millions par saison) et surtout à la Ligue 1 (500 millions d’euros).
Un solde négatif proche du milliard
Surtout, l’argent appelle l’argent. La manne financière des droits TV a permis aux clubs anglais de développer leurs revenus commerciaux pour générer des retombées économiques toujours plus importantes. Selon une étude publiée par l’UEFA en mars, ils atteignaient 2,2 milliards d’euros pour l’ensemble des 20 clubs de Premier League sur l’année 2024, quasiment deux fois plus que ceux de Liga (1,142 milliard) et près de quatre fois plus que ceux de Ligue 1 (655,9 millions d’euros).
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Hugo Ekitiké lors de sa présentation avec Liverpool, le 23 juillet 2025
Crédit: Getty Images
Cela contribue, entre autres ressources, à donner une marge financière dont la Premier League se sert allègrement pour étendre sa domination économique sur le marché des transferts. Les clubs anglais ont suffisamment de revenus par ailleurs pour se permettre d’afficher une balance déficitaire sur le mercato. Le championnat d’Angleterre affiche ainsi un solde négatif de 911,7 millions d’euros cet été, contre 75,7 pour la Serie A et 9,53 pour la Liga, tandis que la Bundesliga est en positif. Tout comme la Ligue 1 (165,74). Elle se doit de se serrer la ceinture sur le marché pour compenser la faiblesse de ses revenus, notamment sur les droits TV.
L’Angleterre n’a définitivement pas ce problème. Sa domination économique, encore illustrée sur ce mercato d’été, lui offre un avantage considérable sur le plan sportif. Il s’est traduit la saison passée, puisque Tottenham a remporté la Ligue Europa dans une finale 100% anglaise face à Manchester United, alors que Chelsea s’est offert la Ligue Europa puis le Mondial des Clubs. Et il a quand même fallu une bonne dose de réussite à un très grand PSG pour terrasser les clubs de Premier League en Ligue des champions. Et éviter ainsi que la suprématie anglaise ne s’étende à tous les niveaux.
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