Premier League – Antoine Semenyo et plus de chaos : comment Pep Guardiola prépare sa réforme à Manchester City
Mis à jour 27/12/2025 à 12:39 GMT+1
Pep Guardiola aime la gagne plus que tout. Ce n'est donc pas si étonnant d'observer le si dogmatique technicien catalan bousculer son logiciel pour y inclure des ailiers de débordement et de percussion. Savinho et Jeremy Doku ont rouvert la porte, que pourrait franchir Antoine Semenyo (Bournemouth) cet hiver. Les ingrédients d'une recette qui devrait remettre City au centre de la carte du Royaume.
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Dieu sait combien d'idées fourmillent sous le crâne surchauffé de Pep Guardiola. Disciple du truculent Marcelo Bielsa, professeur parmi les professeurs du tableau noir, le Catalan travaille sans relâche dans l'objectif de trouver la recette parfaite. Les échecs venus plomber ses ornières ont remis à plat certaines assertions bien ancrées chez l'ex-Barcelonais. Le cas de ses ailiers, passés de meneurs excentrés à plus récemment provocateurs invétérés, confirme le schisme naissant. Le premier dogme de Guardiola, c'est la gagne. Alors s'il faut se réinventer, qu'à cela ne tienne.
Quand on pense à Guardiola, le terme tiki-taka résonne avant tous les autres. Exhumé dans sa version la plus poussée au Barça, le technicien espagnol l'a exporté lors de ses passages au Bayern ainsi qu'à Manchester City. Dans un système - le 4-3-3 - où la part belle est laissée au faux numéro neuf et aux espaces entre les lignes, les ailiers de percussion peinent à exister sous leur forme la plus brute. Dans un paradigme tactique régi par le jeu de position et la place du troisième homme, les prises à un-contre-un désertent la feuille blanche.
L'éclaircie et les caricatures
Un cas surtout observé après quelques années sur le banc des Citizens. Que ce soit Phil Foden, Kevin De Bruyne, David Silva, Riyad Mahrez, Bernardo Silva, ou plus récemment Jack Grealish, un sentiment d'inachevé se soulève en scrutant leurs prestations près de la ligne. Comme souvent, les premiers pas ont charrié les premiers émois. Une bonne dynamique qui n'a jamais tenu sur la durée. La cause ? Une perte de confiance inhérente à la pression constante mise par le héraut catalan, obnubilé par les circuits griffonnés et travaillés en amont.
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Manchester City's Algerian midfielder Riyad Mahrez (L) celebrates scoring the opening goal with Manchester City's Belgian midfielder Kevin De Bruyne during the UEFA Champions League second leg semi-final football match between Manchester City and PSG.
Crédit: Getty Images
Résultat, les fans des Skyblues se retrouvaient avec des ailiers seulement attachés à élargir au maximum le bloc bas adverse, avant de passer en retrait. Une scène récurrente dans le City post-années 2020, à la limite de la caricature. La connexion Grealish - Haaland et les provocations incessantes de l'Anglais ont permis au modèle, déjà en mutation avec un véritable numéro neuf, de triompher en finale de Ligue des champions (1-0 contre l'Inter, en 2023). Retombé dans une méforme latente, Grealish n'a plus retrouvé son zèle et City est peu à peu tombé de quelques degrés dans la hiérarchie du Royaume.
Guardiola, ce faux répressif
Les maux des Skyblues étaient plus profonds qu'une simple pénurie de courage chez les excentrés, mais Guardiola a très vite saisi qu'un retour au premier plan allait passer par une refonte du système et des hommes. Une décision qui peut étonner venu d'un homme réputé assis sur une vision cloisonnée du football dans ses équipes. Pourtant, ses anciens joueurs ne tarissent pas d'éloges sur lui, arguant même qu'il était un fervent défenseur de la liberté créative des ailiers.
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Pep Guardiola donne ses consignes à Kingsley Coman lors de ses années Bayern
Crédit: Getty Images
C'est le cas de Kingsley Coman. Sous les ordres de Guardiola au Bayern, l'international français a vécu une révélation. Le système était basé sur l'objectif d'offrir des un-contre-un aux ailiers. L'entraîneur n'hésitait pas d'ailleurs à encourager ses ouailles à tenter, quitte à échouer. Une approche confirmée par Riyad Mahrez sur la chaîne youtube du média CARRÉ, lors d'une interview publiée en juillet : "C'était pareil. Bien sûr, Guardiola te laissait cette liberté. Tu prenais tellement de plaisir, c'était incroyable."
Semenyo, la dernière pièce du puzzle ?
Conscient que certains styles manquaient à son effectif, Guardiola n'a pas hésité à accumuler les profils déroutants pour les défenseurs adverses. Savinho et Jeremy Doku sur les ailes et Omar Marmoush dans l'axe ont apporté une première couche dans la réforme voulue par le Catalan. En prêtant l'oreille aux derniers échos recensés outre-Manche, l'explosif Antoine Semenyo serait une option sérieuse pour cet hiver. Le pendant tout trouvé de Doku à droite, la régularité et la polyvalence en plus. L'efficacité surtout : 8 buts cette saison en Premier League contre un seul pour Cherki et Doku, aucun pour Savinho ou Oscar Bobb.
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Semenyo
Crédit: Getty Images
Une denrée rare chez les Citizens, excepté Haaland, forcément. "Avec le ballon, nous ne sommes toujours pas assez bons. Nous ne sommes pas efficaces avec le ballon, donc nous concédons beaucoup de choses parce que nous ne sommes pas aux bons endroits pour briser les lignes et passer à l'étape suivante", regrettait Guardiola il y a une semaine après une victoire face à West Ham (3-0). Les pions sur l'échiquier, "Pep" compte appliquer sa réforme. Dorénavant, ce seront le chaos et l'imprévisibilité qui prévaudront.
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