Premier League - Arsenal - Flop, erreur de casting ou succès à venir : où se situe la vérité avec Viktor Gyökeres ?
Par Arthur Merle
Mis à jour 25/04/2026 à 14:30 GMT+2
Remplaçant lors du match de la saison face à Manchester City et introuvable après son entrée en jeu, Viktor Gyökeres est de nouveau au cœur des préoccupations du côté d'Arsenal pendant que son concurrent Kai Havertz reprend ses marques. Le Suédois, recruté contre un peu moins de 70 millions d'euros la saison dernière, est-il un flop ? La vérité est beaucoup plus nuancée que cela.
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C'était le match le plus important de l'année, mais Arsenal l'a commencé sans sa recrue phare de l'été. Viktor Gyökeres, recruté contre 69,3 millions d'euros au Sporting l'été dernier, était bien disponible pour ce qui était présenté comme le match du titre sur la pelouse de Manchester City dimanche (2-1). Mais le Suédois s'est assis sur le banc au coup d'envoi, n'est entré qu'à la 83e minute de jeu alors que ses coéquipiers étaient menés depuis la 65e, et… n'a pas touché le moindre ballon durant le petit quart d'heure, temps additionnel compris, qu'il a passé sur la pelouse.
Comment, dans ce contexte, ne pas se (re, re, re) questionner sur l'apport de Gyökeres à cette équipe, et surtout, sur sa compatibilité avec les idées de jeu de Mikel Arteta ? La question a été posée à son arrivée, a pris de l'ampleur en cours de saison, avant que le Suédois ne laisse un temps derrière lui les débats. Mais à l'heure de disputer un sprint final irrespirable en Premier League et une demi-finale de Ligue des champions, l'ancien du Sporting n'est plus l'unique option en pointe, et surtout, plus forcément l'option numéro 1.
"Ce sont des profils très différents, expliquait Mikel Arteta au sujet du Suédois et de son concurrent Kai Havertz, avant d'affronter Newcastle samedi (18h30). Il ne s'agit pas de comparer, mais d'avoir de joueurs très différents qui rendent l'équipe très forte. On doit les utiliser de la bonne manière pour gagner les matches". Comprendre : à l'heure où Mikel Arteta dispose d'un effectif quasi complet, Gyökeres n'est pas toujours la meilleure option, sur le papier, pour gagner des matches. Ce qui ne colle pas vraiment avec le storytelling qui faisait de lui, l'été dernier, la pièce manquante de la machine Arsenal.
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Gyökeres, vraie erreur mais faux coupable ?
Tout part de là, dans ce qui ressemble avant tout à une erreur de casting. Le parallèle avec Erling Haaland rejoignant Manchester City était aussi évident que maladroit : le Norvégien sortait de 86 buts en 89 matches avec Dortmund et comptait 23 buts en Ligue des champions avant de rejoindre l'Angleterre. Gyökeres en comptait 6 en C1 et n'avait connu que le Portugal comme championnat de première division. Ce n’est pas tout à fait un hasard si, en interne, d’autres militaient pour Alexander Isak ou Patrick Schick.
Il faut aussi comprendre que Manchester City s'est rendu plus dépendant de Haaland avec le temps, ce qu'Arsenal ne fait pas encore tout à fait avec Gyökeres, du moins pas dans ses intentions de jeu. The Athletic est ainsi allé décortiquer les statistiques des Gunners pour en ressortir deux chiffres intéressants : seuls West Ham et Bournemouth effectuent moins de passes cassant des lignes depuis leur propre moitié de terrain qu'Arsenal cette saison, ce qui traduit la faible tendance des Gunners à user de la profondeur (24,7 fois par 90 minutes contre 28,7 pour Manchester City, qui affronte pourtant lui aussi des blocs bas).
Le club londonien est par ailleurs neuvième au classement des contre-attaques (32) et sixième ex-aequo en termes de butsinscrits sur ces séquences. City est lui quatrième en nombre de contre-attaques (41) et premier au classement des buts inscrits sur ces situations. Un changement radical d'univers alors que Gyökeres profitait encore il y a un an d'espaces beaucoup plus importants et de défenseurs moins menaçants. Mais faut-il pour autant tout jeter ?
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Le meilleur buteur d'Arsenal…
Absolument pas. Et à l'instant t, la théorie du flop ne tient pas. Gyökeres est le meilleur buteur d'Arsenal cette saison, avec 18 réalisations. Seuls trois joueurs d'Arsenal ont fait mieux lors de leur première saison depuis 1990. Et il n'est pas le premier à avoir besoin de temps pour s'adapter aux exigences d'un tel championnat et d'un nouveau plan de jeu : allez demander à Thierry Henry (qui avait toutefois bouclé sa première saison à 26 buts), Robin Van Persie (10 buts) ou Didier Drogba (16 buts avec Chelsea) ce qu'ils en pensent. Et rappelez-vous ce qu'ils sont devenus ensuite.
"Je pense qu'il a encore beaucoup à offrir, et j'aime son énergie et son esprit sur le terrain, a ainsi expliqué Patrick Vieira sur le site des Gunners. C'est un vrai joueur d'équipe et il marquera des buts, je n'en doute pas". Ce n'est pas tout à fait le cœur des interrogations. Mais s'il faut continuer à les comparer, c'est en les empilant que Haaland a mis fin aux débats.
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