Premier League | Arsenal retrouvera-t-il le "vrai" Bukayo Saka ?
Eurosport sur GoogleIl était le talisman d'Arsenal. Mais depuis plusieurs mois, Bukayo Saka n'est plus tout à fait lui-même. Freiné par les blessures, l'Anglais de 24 ans peine à retrouver une fraîcheur capitale pour son jeu et son rendement. À tel point que l'on se demande si les Gunners finiront pas revoir le "vrai" Saka, alors que les énormes enjeux de fin de saison arrivent.
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Il a manqué tant de rencontres que son absence ne surprend même plus, quand il n'y a pas si longtemps, il était l'un des premiers noms que Mikel Arteta couchait sur sa feuille de match. "Il", c'est Bukayo Saka, qu'on n'a pas vu sur un terrain depuis le 22 mars, date d'une finale de Coupe de la League dans laquelle le capitaine du jour avait été tout aussi inexistant et inefficace que ses coéquipiers.
C'est la troisième fois cette saison que le double "joueur de l'année" des Three Lions (2023 et 2024) et triple soulier d'or des Gunners (2022, 2023 et 2024) est stoppé dans son élan. Ç'avait d'abord été un problème à la cuisse (quatre semaines d'arrêt en août et septembre), puis un choc à la hanche (deux semaines et demie en janvier). Cette fois-ci, c'est une tendinopathie, dont Mikel Arteta a révélé qu'elle affectait déjà son joueur avant la finale de Wembley, ce qui n'est pas fait pour rassurer ceux qui espéraient que Saka se présente sur le terrain ce dimanche à l'Etihad.
Saka a besoin d'être frais
L'aligner serait courir le risque d'une rechute au moment décisif, quand un premier titre de champion d'Angleterre depuis vingt-deux ans et une première finale de Ligue des champions en vingt sont dans la mire des Gunners. En d'autres circonstances, ou en d'autres temps, son absence lors du face-à-face qui pourrait décider du titre de champion aurait été plus qu'un handicap ; mais ce qu'on voit depuis un peu plus d'un an est un Saka fatigué, fragile, hésitant, maladroit, même, l'ombre de l'ailier presque inarrêtable à qui une place dans le XI de Thomas Tuchel à la Coupe du monde était promise, mais qui, vu sa forme et sa condition physique actuelles, n'est même plus un choix automatique pour ses 26.
C'était le 21 décembre 2024, à l'occasion d'un déplacement par ailleurs des plus réussis des Gunners à Crystal Palace (5-1 au coup de sifflet final). On n'avait pas encore joué vingt-cinq minutes que Saka indiquait qu'il devait être remplacé. C'était la seconde fois déjà cette saison-là que sa cuisse avait lâché, mais beaucoup plus sérieusement cette fois-ci (*). Arsenal dut faire sans lui pendant treize journées de championnat d'Angleterre, et quand il revint enfin, début avril 2025, il était trop tard pour revenir sur Liverpool. Les Reds, qui avaient joué un match en moins, comptaient neuf points d'avance.
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Pour beaucoup, Arsenal aurait été un rival bien plus coriace si son "talisman" Saka avait été de la partie. Peut-être bien ; avec cette réserve : la répétition des matches avec club et sélection ne pouvait qu'émousser un footballeur dont le coup de reins et l'explosivité sont des atouts majeurs. Mikel Arteta s'était reposé sur lui quand il était dans la fameuse "zone rouge" et n'avait pas su jusqu'où ne pas aller trop loin, pour paraphraser Jean Cocteau.
Comme Pirès... ou comme Owen ?
Cela se comprenait. Bukayo Saka n'avait fait que monter en puissance depuis qu'il avait intégré l'équipe première d'Arsenal pour de bon en 2019. Les chiffres bruts en faisaient foi. Quatre buts toutes compétitions confondues en 2019-20, puis sept la saison suivante, puis douze, puis quinze, puis vingt en 2023-24, dont seize en Premier League, plus douze passes décisives. Comment se priver d'une telle merveille de footballeur ?
Arteta fit donc ce que la plupart des entraîneurs auraient fait avec un joueur en état de grâce, ce que fit aussi Arsène Wenger lorsqu'il refusa d'écouter les avertissements de son staff médical et envoya Robert Pirès au casse-pipe en 2002, provoquant bien involontairement une rupture des ligaments croisés de l'attaquant des Gunners. Arteta continua de faire jouer Saka, et Saka le paya, Arsenal aussi.
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Bukayo Saka en Ligue des champions.
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Pirès revint et devint un des "Invincibles" de 2004. Saka est revenu lui aussi, et d'une blessure moins conséquente. Il en parait néanmoins plus affecté. On ne peut oublier qu'il est un "vieux" jeune joueur, un garçon de 24 ans seulement qui en est à sa huitième saison de Premier League, est apparu plus de 300 fois sous le maillot des Gunners et pas loin de cinquante sous celui de l'Angleterre à ce jour.
Saka n'a jamais vraiment été de retour
La crainte, ici, est qu'on ait déjà vu le meilleur Saka, comme on avait vu le meilleur Michael Owen avant la saison 2003-04 et ne le revit jamais vraiment après cela, sinon par fulgurances. Il n'est pas question ici de la période de réacclimatation consécutive à son retour de blessure il y a un peu plus d'un an. Que Saka prenne un certain temps à retrouver ses marques n'est pas seulement compréhensible, mais indispensable pour éviter une rechute.
Mais on ne parle pas d'un "certain temps" ici. Bukayo Saka a joué soixante-cinq matches depuis son retour, pour Arsenal et pour l'Angleterre, et pas une seule fois n'a-t-il produit une performance qui fasse dire : "Saka est de retour". Un an plus tard, Saka joue toujours comme un convalescent. Les buts se sont fait plus rares : douze toutes compétitions confondues, en club et en sélection, au rythme de 0.18 but par match, contre 0.38 lors de son annus mirabilis 2023-24.
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L'incapacité d'enchaîner les rencontres en raisons de pépins physiques bénins mais répétés y est pour beaucoup. De plus, même si c'est inconsciemment, tout joueur blessé tend à se montrer plus prudent dans les efforts qu'il exige de son corps lorsqu'il retrouve le terrain. Que Saka manque est une évidence. Mais c'est du Saka d'hier dont Arsenal aurait besoin aujourd'hui. Or, on ignore quand celui-ci reviendra, s'il revient pour de bon.
(*) Bukayo Saka avait manqué un match de l'équipe d'Angleterre et un autre d'Arsenal à la mi-octobre.
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