Premier League - Du rêve Alexander Isak-Hugo Ekitike à la désillusion : Newcastle face à ses limites
Par Tanguy Mantovani
Mis à jour 25/07/2025 à 12:26 GMT+2
L'attaquant star de Newcastle Alexander Isak a été écarté de la tournée de présaison du club et aurait demandé à être transféré selon la presse britannique. Le clou d'un début de mercato très calme des Magpies, nouveaux riches qui patinent. Objectivement, ils ont pourtant tout pour eux : argent, résultats, et coupe d'Europe. Mais auprès des joueurs, ils ont encore un retard à combler.
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Video credit: Eurosport
A Newcastle, les mains sont libres, les poches sont pleines, mais un boulet incroyablement tenace leste en permanence les ambitions. Le club du nord de l'Angleterre est sur la pente ascendante depuis 2021 et son rachat par le PIF, le fonds souverain saoudien. Les Magpies sont, théoriquement, le club le plus riche du monde et ont les ambitions qui vont avec à moyen-terme. Et même s'ils ont patiemment pris le temps de construire un effectif solide et un collectif soudé, la dernière marche vers les sommets nationaux et européens leur semble terriblement difficile à franchir. Après un mercato blanc cet hiver, Newcastle United n'avance pas durant ce marché estival. Et pourrait même reculer.
Deux ans après son arrivée, l'attaquant star et tête d'affiche de l'effectif Alexander Isak aurait demandé cette semaine à quitter le club selon The Telegraph. Il a même été laissé au repos pour la tournée asiatique de présaison du club, officiellement gêné à une cuisse. Samedi dernier, il était renvoyé à la maison par son entraîneur Eddie Howe avant un amical contre le Celtic Glasgow en raison des "spéculations autour de lui". Le Suédois avait été approché par Liverpool, que Newcastle aimerait voir comme un concurrent direct, et cela lui avait beaucoup plu. Camouflet pour les Magpies, et ce n'était qu'une ligne de plus à ajouter à la liste des déceptions de l'été.
Difficile de savoir, pour l'instant, à quoi va ressembler l'avenir pour le club du Nord de l'Angleterre. Mais il se pourrait bien que, d'ici quelques années, quand les comptes seront faits et l'Histoire étudiée, cet été 2025 soit un tournant pour le projet de Newcastle. L'Arabie Saoudite rêve d'en faire un géant d'Europe. Le marché des transferts n'a eu de cesse de lui rappeler sa place. Bryan Mbeumo ciblé en attaque ? Le Camerounais ne voulait que Manchester United. Liam Delap et Joao Pedro en plan B ? Chipés par Chelsea. Hugo Ekitiké pour accompagner Isak en pointe ? Liverpool est arrivé des semaines en retard sur le dossier et a tout raflé. Même le gardien international espoir anglais James Trafford, d'accord avec Newcastle depuis plus d'un an, pourrait finalement filer à Manchester City.
En déficit d'attractivité
Sur le papier, les Magpies n'ont pourtant pas grand-chose de moins que ces clubs qui leur passent sans cesse devant. Ils joueront la Ligue des champions la saison prochaine, ont remporté un trophée la saison dernière – la coupe de la ligue anglaise -, et ont largement les moyens de payer transferts onéreux et salaires démesurés. Leurs propriétaires sont, après tout, les plus riches de la planète foot. Ce qui leur manque relève de l'abstrait, quasiment de la métaphysique. Face aux vieux géants Liverpool, Manchester United, et Arsenal, Newcastle ne peut rivaliser sur le terrain du prestige. Et, contrairement aux ex-nouveaux riches Chelsea et Manchester City, ils n'ont pas grand-chose pour compenser.
Chelsea avait Londres – l'une des villes les plus attrayantes du monde – et plusieurs grands clubs à proximité pour promettre des derbys mythiques. Manchester City avait, lui aussi, un grand rival, et une ville dotée d'un aéroport international pour convaincre les joueurs. À Newcastle, l'antagoniste s'appelle Sunderland et vient de passer quasiment une décennie dans les divisions inférieures anglaises. Et la ville est isolée, la plus froide du pays, grande comme Lille. Si les mélancoliques se demandaient où s'arrêtait le pouvoir de l'argent dans le football, voilà une première limite.
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Hugo Ekitiké lors de sa présentation avec Liverpool, le 23 juillet 2025
Crédit: Getty Images
Un peu plus élégant que notre expression française avec l'âne et le cheval de course, les Britanniques diraient qu'on ne fera jamais un sac en satin avec une oreille de truite. Le PIF a tout fait pour que Newcastle devienne un grand d'Europe, ou d'Angleterre au moins, mais cela a toujours du mal à prendre. Au moment de choisir parmi des poids lourds de Premier League, il reste le dernier choix pour les joueurs accomplis. Le coach Eddie Howe l'a compris depuis longtemps et a demandé dès le mois de mai que le club soit très vif durant le mercato. Dans l'œil du cyclone, il sait depuis longtemps que les ambitions du club ne collent pas à son attractivité.
Il a réussi l'exploit de se qualifier une deuxième fois consécutive pour la C1, et de remporter le premier trophée du club depuis 68 ans cette saison. Une surperformance, en réalité, avec un club dont la valeur totale de l'effectif n'est que la 7e de Premier League selon transfermarkt, et la masse salariale la 8e du pays. Pour défier en coupe d'Europe la saison prochaine les géants européens dont Newcastle aspire à rejoindre la caste, Eddie Howe ne peut compter pour l'instant que sur le renfort de l'ailier suédois Anthony Elanga. Et de sa doublette d'attaque rêvée Isak-Ekitike, deux profils similaires dont l'association aurait pu faire des étincelles, il pourrait bien débuter la saison avec ni l'un, ni l'autre. Comme énième plan de secours, les Magpies penseraient à Yoane Wissa (Brentford). Mais ici aussi, attention à ne pas se faire dépasser.
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