Premier League - Il y a 10 ans, Dimitri Payet et le "plus beau coup franc de l’histoire de la Premier League"

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En cette saison 2015/2016, la meilleure de sa carrière, Dimitri Payet marche littéralement sur l’eau. Intenable à West Ham, il sera élu joueur londonien de l’année et figurera même dans le top 20 du Ballon d’Or. Le 2 avril 2016, il y a dix ans tout pile, il signe son plus beau chef-d'œuvre avec un coup franc qui défie les lois de la physique et de la logique. Retour sur un instant suspendu.

Dimitri Payet, auteur d'un chef d'oeuvre en 2016

Crédit: Getty Images

James Collins a joué dix saisons à West Ham, il fut aussi coéquipier de Gareth Bale sous le maillot du pays de Galles. Pourtant, même des années plus tard, il est formel : "Je n’ai jamais vu un joueur comme Dimitri Payet à West Ham, c’est le meilleur joueur avec lequel j’ai joué. Il créait quelque chose et nous faisait gagner des matches", déclarait le "Ginger Pelé" (ndlr : le Pelé roux) en 2025 dans Iron Cast, le podcast de West Ham.
Les années n’ont pas effacé la saison gigantesque de Payet à Londres. Depuis 1970, aucun joueur de West Ham n’a figuré dans le palmarès du Ballon d’Or et ils ne sont que quatre dans l’histoire à y être parvenus (Bobby Moore, Goff Hurst et Martins Peeters, en 1966 après le titre de champion du monde des Anglais et Trevor Booking en 1970).
En 2017, Payet, élu par ailleurs joueur londonien de l’année, termine pourtant au 17e rang du Ballon d’Or alors qu’il n’a rien gagné, mais sa seule saison anglaise et un Euro costaud suffissent à l’installer parmi les meilleurs joueurs du monde. Ses dix mois sont une succession de chef-d'œuvres. Ici, un slalom où il élimine cinq joueurs de Middlesbrough, là une frappe en lucarne pour offrir la victoire aux Bleus face à la Roumanie. Mais c’est le 2 avril 2016, très précisément, que son talent va s’exprimer avec le plus de vigueur. 

Technique unique

Face à Crystal Palace (2-2), ce jour-là, West Ham galère. Le score est de 1-1 quand les Hamers obtiennent un coup franc excentré sur la gauche à 20 mètres. Payet en a déjà planté quatre depuis le début de saison. Il s’empare du ballon avec une confiance à ras bord. Depuis le mois de janvier, il ne tire plus un coup franc à l’entraînement. Pas besoin. "Je ne m’entraîne plus car je suis satisfait de la façon dont je frappe la balle et de ma technique", confie-t-il alors aux médias de son club.
Sa technique ? Il n’utilise pas la position frontale de Cristiano Ronaldo, alors très en vogue (Drogba, Bale). Payet prend un angle de 45 degrés par rapport au ballon pour une frappe nette et moins flottante que celle du Madrilène. Pour tromper le gardien et donner de l’effet à la balle, il ne se baisse pas, comme pouvait le faire un David Beckham, mais reste le corps très ouvert. Face à Crystal Palace, alors que tout indique dans sa position qu’il va viser la lucarne gauche, le ballon part dans celle de droite. Wayne Hennessey, le portier adverse, tombe dans le panneau.
Quelqu’un dans le mur a balancé à Payet : ‘la prochaine fois, mec.’
Selon le Telegraph, le ballon monte alors à 3,50 m de haut avant de retomber dans le but. Un coup franc qui défie les lois de la physique. "Quand Payet frappe la balle et, alors qu'elle passait par-dessus le mur, j'ai pensé qu'elle allait atterrir dans la rangée Z de la tribune. Je le jure devant Dieu, confie, quatre jours plus tard, Damien Delaney, le défenseur central de Palace. Quelqu’un dans le mur a balancé à Payet : ‘la prochaine fois, mec.’ Et notre gardien a pensé la même chose." Sauf que le ballon est descendu aussi vite qu’il est monté. En 95 centièmes, il a quitté le pied de Payet pour la lucarne de Palace. Prodigieux.
Neuf ans plus tard, la BBC fait du but de Payet "le plus beau coup franc de l’histoire de la Premier League". Cette saison-là, celui qui retournera à Marseille quelques mois plus tard, inscrit, en championnat, 5 coups francs en 30 tentatives. Une réussite insolente de 16% qui n’inclut pas son missile envoyé en juin dans le but camerounais en match de préparation à l’Euro. D’août 2015 à juillet 2016, Payet est devenu une arme de destruction massive. "Un monstre", comme le qualifiera André-Pierre Gignac après la praline envoyée en lucarne lors du match d’ouverture de l’Euro. Payet fut tout cela l’espace d’une saison et de nombreux autres éclairs dans sa carrière. Mais cela n’a jamais été aussi vrai que ce 2 avril 2016.
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