Le jeu : C’était quoi le plan de départ ?

Les événements de mercredi (ou non-événements) et la cadence de cette trêve internationale ont poussé Didier Deschamps à faire bouger les lignes et revoir son onze de départ, samedi à Kiev. Qu’est ce qui a le plus pesé ? Le non-match de la Bosnie ? Le rythme et les états de forme de chacun ? On met une piécette sur la deuxième proposition. Quoi qu’il en soit, Didier Deschamps a fait bouger les lignes, avec Raphaël Varane et Karim Benzema relégués sur le banc et suppléés par Kurt Zouma et Anthony Martial.

"Ces Bleus sombrent dans une forme d'embourgeoisement"

Liga
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15/01/2022 À 07:50
Antoine Griezmann, 54e match de suite sous le maillot bleu, a conservé sa place, au cœur d’un système qui ne ressemblait finalement pas au 4-2-3-1 russe, ou à celui de Lisbonne (victoire 1-0). Non, on a compris l’idée en situation défensive (un 4-3-3 classique), moins quand les Tricolores avaient le ballon avec un Coman en joueur de couloir, souvent à gauche, parfois à droite. Et sans alter ego. Résultat, une bouillie de quarante-cinq minutes.
Après la pause, les Bleus se sont rééquilibrés avec un Rabiot qui est monté d’un cran et a régulièrement rempli un vide à gauche dans ce qui ressemblait finalement un peu plus à un 4-2-3-1. Ça n’a pas suffi pour gagner. Mais à sauver un point et les apparences.
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Les joueurs : Kimpembe à l'envers, Tchouaméni déjà chez lui

Les Bleus ont souffert à Kiev à l'image d'un Presnel Kimpembe dont l'autorité fond à vue d'œil en sélection. Antoine Griezmann est toujours aussi neutre alors que Kingsley Coman a traversé la soirée sans peser. Heureusement, le milieu, porté par un très bon Aurélien Tchouaméni et un Adrien Rabiot convaincant, a secoué le cocotier.

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Le facteur X : Kiev

Ça doit être l’air de la capitale ukrainienne qui ne leur réussit guère, hein… Une défaite en barrage aller du Mondial 2014 (2-0). Une autre face à la Suède à l’Euro 2012 (2-0) qui annonçait le début de la fin. Et trois nuls (1999, 2007 et donc samedi soir). La France n’a jamais gagné à Kiev.

La stat : 1829

C’est le nombre de jours qui se sont écoulés entre le premier et le deuxième but d’Anthony Martial en équipe de France. Le 1er septembre 2016, le Mancunien avait ouvert le score en Italie (1-3). Il a (enfin) remis le couvert ce samedi 4 septembre 2021.

Le tweet qui "rassure"

La décla : Adrien Rabiot

"C'est clair qu'on ne peut pas se satisfaire d'un match nul contre l'Ukraine. On doit faire plus, on doit créer plus, on doit marquer plus".

La question : Peut-on se satisfaire de ça ?

Si ces lignes avaient été écrites à la mi-temps de la rencontre, la question de cette antisèche aurait été la suivante : “Depuis combien de temps les Bleus n’avaient-ils pas été aussi insignifiants ?” Et la réponse aurait été la suivante : depuis le début de l’automne 2013 avec une rentrée des plus laborieuses (Belgique, Géorgie, Biélorussie), jusqu’à avoir un pied et neuf orteils au-dessus du gouffre, après le barrage aller face à l’Ukraine (2-0). Il y avait eu le retour, bien heureusement. La suite, on la connaît sur le bout des doigts.
Didier Deschamps le répète suffisamment, et à raison : le football est une affaire de rapports de force. Analyser la prestation d’une équipe sans s’occuper de la valeur de l’adversaire n’a pas de sens. En effet. Se pencher sur la prestation ukrainienne et regarder ce qu’elle avait à offrir, c’est se rendre compte combien la France est déficiente dans son expression.
Samedi, la première période fut incompréhensible. Parce que l’organisation mise en place ne ressemblait pas à grand-chose. Et parce que les onze hommes sur le terrain ne semblaient pas disposés à en faire quelque chose de bien. La seconde fut meilleure, parce que le système a enfin rassemblé ce qu’il fallait de cohérence pour remettre les pendules à l’heure.
Néanmoins, trois jours après la Bosnie, la prestation et le résultat ne peuvent suffire et être vus comme un axe de progression. Le penser ou, au minimum, le laisser croire, c’est se fourrer le doigt dans l'œil et jusqu’au coude. Voire faire preuve de malhonnêteté. Cet automne 2021 a des faux airs de 2013, donc, statuts en plus, et si la France s’en était sortie il y a huit ans, c’est que les Bleus s’étaient révoltés.
Ici encore, les champions du monde ne feront pas l’économie d’une remise à plat. Et celle-ci devra, aussi, venir du terrain. Parce que si Deschamps porte une large part de responsabilité, les joueurs ne peuvent rendre une telle copie, celle de la première période en particulier. Cette équipe a un vécu, ses joueurs, aussi. Il n’est pas acceptable qu’ils puissent offrir si peu, dans l'expression, dans l'exigence et dans l'intensité. Et donner l’impression de s’en contenter. On appelle ça l'embourgeoisement. Aux Bleus de se révolter. Sinon la révolution les emportera.
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