Avant Islande - France | Mike Maignan, un capitanat logique face à l'Islande... un an après le courroux
Par Glenn Ceillier
Mis à jour 13/10/2025 à 08:19 GMT+2
Mike Maignan va porter pour la première fois le brassard en équipe de France ce lundi en Islande, en l'absence de Kylian Mbappé et d'Aurélien Tchouaméni. Un choix qui ne surprend pas vraiment quand on connaît le leadership naturel du portier, qui assume cette fonction à l'AC Milan. Mais qui permet aussi de revenir un an en arrière, quand il avait poussé un coup de gueule qui a laissé des traces.
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Video credit: Eurosport
Ce sera une grande première. À 30 ans et après 35 sélections, Mike Maignan va porter le brassard de capitaine de l'équipe de France. Et si, pour certains, c'est anecdotique, alors que le portier des Bleus et de l'AC Milan profite des absences de Kylian Mbappé et d'Aurélien Tchouaméni – soit le capitaine et le vice-capitaine de l'équipe de France –, il n'est jamais anodin de se retrouver dans cette position avec sa sélection nationale.
Nouveau capitaine éphémère dans le mandat de Didier Deschamps, Maignan se voit légitimé un peu plus. "C'est un leader. Il a cette capacité", a expliqué DD. "C'est un grand compétiteur. Et un bourreau de travail, même un peu trop parfois à mon goût. C'est quelqu'un de très mature et avec cette capacité de leadership". Et ce choix ne surprend ainsi pas vraiment les connaisseurs des Bleus pour un joueur à l'autorité incontestée. Mais cela range aussi définitivement au passé un épisode qui avait fait du bruit. Il faut remonter un peu plus d'un an en arrière.
Après l'Italie, un coup de gueule et un constat
En septembre 2024, Mike Maignan avait fait trembler le vestiaire tricolore après une triste prestation des siens face à l’Italie à Paris (1-3). Très remonté contre l'attitude de certains, il n'avait pas hésité à pointer du doigt les "comportements indolents de certains", selon L'Équipe, visant notamment Kylian Mbappé et Antoine Griezmann, retraité international depuis. Et quand la question de donner le brassard à quelqu’un s'était posée en l'absence de la star du Real Madrid au rassemblement suivant, en octobre 2024, l'histoire avait sûrement pesé dans la balance.
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Mike Maignan lors du match entre la France et l'Azerbaïdjan
Crédit: Getty Images
Le clan de Mike Maignan s'était certes activé pour expliquer que l'ancien Lillois ne s'était pas porté candidat à l’intérim du capitanat, finalement donné à Tchouaméni. Mais alors que des frictions avec Kylian Mbappé ont fuité – au sujet notamment de replis défensifs insuffisants – lors des jours qui ont suivi la désillusion italienne et avant le match contre la Belgique (2-0), L'Équipe avait quand même noté, à l'époque, que Didier Deschamps avait pu se rendre compte, après ce revers au Parc des Princes, que Maignan et Mbappé avaient "deux personnalités très différentes. Et peu compatibles pour le partage de ce type de responsabilité". Pas de quoi perturber la vie du groupe tricolore ou sa marche en avant. Mais le constat était quand même posé.
Le capitaine de l'équipe c'est Kylian. C'est le coach qui décide
Suite à cela, Mike Maignan n'avait pas laissé transparaître la moindre frustration ou l’once d'une déception. Mais un an plus tard, il va donc enfin bien assurer l’intérim. Et il a profité de son nouveau statut pour ranger au placard cette histoire de 2024 lors de la conférence de presse d’avant-match. "Le capitaine de l'équipe, c'est Kylian. C'est le coach qui décide. Il n'y a jamais eu de réaction ou tout ce que vous pouvez penser. On est entièrement derrière les choix du coach et du capitaine", a balayé le Milanais. Et ne vous inquiétez pas, "Magic Mike" ne sera d’ailleurs pas perdu ou étouffé par la pression de cet honneur. On peut même en être certain, cela ne le changera pas. Car le portier n'a pas besoin du brassard pour se faire entendre et s'imposer comme un leader, ce qu'il est depuis longtemps chez les Bleus.
Avec sa voix forte et puissante, le successeur d’Hugo Lloris en tant que dernier rempart des Bleus sait faire passer ses messages. "Mike, c'est quelqu’un qui prend énormément la parole, et pas quand ça se passe bien, c’est quand ça se passe mal qu’il est là et sait dire les choses. Bon, des fois il est très agressif", avait ainsi confié Ibrahima Konaté dans Téléfoot en 2024. "Il a beaucoup de charisme, c'est un leader naturel, quand il parle je peux vous dire que tout le monde l’écoute", a complété Aurélien Tchouaméni.
Et s'il porte le brassard à Milan, ce n'est finalement peut-être pas pour lui déplaire de ne pas l’avoir en Bleu. Car chez les Rossoneri, sa parole est rare en public. S’exprimer devant les caméras, ce n’est pas son exercice préféré. Lui se plaît plus à assumer son rôle de patron dans l’intimité du vestiaire. Loin de la chaleur des projecteurs. Car, comme ses coéquipiers en sélection le disent très bien, l’Aigle de Milan demeure un leader. Avec ou sans le brassard. Et ce n’est pas l’expérience de lundi qui va changer cela. Même si elle reste très symbolique sur son rôle chez les Bleus. "Je n’ai rien à changer. Je vais faire ce que je sais faire", conclut-il avec fermeté. Et personne n’en doute.
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