Bleus - Pourquoi Michael Olise a choisi de représenter la France plutôt que l'Angleterre

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Un peu plus d'un an après sa première sélection, Michael Olise est devenu un incontournable des Bleus. Alors que le natif de Londres aurait pu représenter le Nigéria ou l'Algérie, que l'Angleterre lui a fait les yeux doux, il a toujours porté le rêve de représenter la France. Des équipes de jeunes aux JO 2024, il a systématiquement donné sa préférence aux Bleus malgré l'intérêt anglais.

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Par Jérémy Docteur
Quand il a foulé le bitume en sortant du taxi qui le déposait à Clairefontaine il y a quelques jours, avec son ensemble gris, bonnet et capuche sur la tête, le joueur du Bayern Munich repensait peut-être à sa première convocation. Et ce n'était finalement qu'il y a un peu plus d'un an, en septembre 2024. Depuis ce match contre l'Italie (défaite 3-1), il s'est installé dans le paysage de l'Equipe de France, avec dix sélections et trois buts. Ce vendredi face à l'Azerbaïdjan et avec le déplacement en Islande (13/10, 20h45), il va avoir l'occasion de gonfler ses stats.
L'histoire de Michael Olise est aujourd'hui très largement documentée. Son background, comme on dit dans son pays natal, est riche et divers : né à Londres d'un papa anglo-nigérian et d'une maman franco-algérienne, il a grandi du côté d'Hayes, banlieue ouest de la capitale britannique. En clair, il est quadrinational et aurait pu prétendre à jouer pour la France, l'Angleterre, le Nigéria et l'Algérie. "J'ai beaucoup de connexions. Ce n'est pas quelque chose auquel je pense tous les jours, c'est normal pour moi. J'ai des petites choses de chaque pays. Ça m'a ouvert l'esprit, car ces cultures sont assez différentes. Je n'ai pas dû forcer ce mélange", expliquait le joueur de 23 ans à L'Equipe il y a quelques mois.

Les potes chez les jeunes et Thierry Henry comme idole

En réalité, au niveau du foot, il n'y a qu'un seul pays à avoir jamais compté, la France. Pas uniquement pour les trophées – comme ironise un journaliste londonien bien informé – mais aussi par sincères convictions personnelles. À la maison, dans ce melting pot grandeur nature, sa mère lui parlait en français quand lui répondait en anglais. Cette influence francophone maternelle a toujours été très importante. Au-delà de la langue, la culture française est prégnante : il y a eu des références, des voyages et des vacances plus petits, de quoi le baigner dans une ambiance qu'il découvre et qui lui plait. On dit que la nourriture aussi, par exemple.
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Michael Olise a acquis le statut de numéro 10 dans le système tactique de Didier Deschamps.

Crédit: Getty Images

Avec le milieu offensif du Bayern, rien n'est jamais laissé au hasard. Tout est pensé, prévu, réfléchi. En mars 2022, déjà, interrogé sur le sujet, le sélectionneur des Three Lions, Gareth Southgate, détaillait : "Il a réalisé une bonne saison avec Crystal Palace (sa première en Premier League), on l'apprécie. Clairement, on aimerait qu'il soit avec nous […]. Mais il a une opportunité pour lui avec la France, il est avec eux depuis les U18, donc la décision revient à sa famille et à lui." En réalité, comme on l'a souvent confirmé dans son entourage, sa décision de représenter les Bleus est prise depuis plusieurs années déjà, en dépit de l'appel du pied de son pays de naissance. 
D'abord international U18 donc, avec Lucas Chevalier, Bafodé Diakité ou son pote Han-Noah Massengo, puis en U21 sous Sylvain Ripoll, il dispute l'Euro Espoirs en 2023 (et s'y blesse gravement en phase de poules). Jusqu'au "tournant" officiel, l'Euro 2024 des grands d'un côté et les Jeux Olympiques avec son idole et mentor, Thierry Henry, qui réagissait alors : "Il a beaucoup de possibilités, mais il veut jouer pour la France. Il en a la volonté. Sinon, il serait déjà parti en équipe d'Angleterre. Il aurait pu faire l'autre choix, jouer l'Euro avec eux."
Les deux, en liens étroits, sont très proches sur la vision du foot, la mentalité, la manière de jouer… Olise considère Henry comme une légende. Mais l'ancien buteur, qui a toujours cherché à comprendre ce personnage discret, lui distille des conseils et l'ex-ailier de Crystal Palace aime se faire challenger.

Le rêve ultime : le Mondial 2026

Quelques semaines auparavant, en mai 2024, Gareth Southgate remettait – avec subtilité – une petite pièce dans la machine. Un tantinet fataliste : "Il faudrait qu'il change de nationalité sportive. Le processus prendrait du temps. C'est évidemment un super joueur, il n'a pas été pris dans le groupe de la France. C'est un joueur qui doit nous intéresser car il est excellent, mais il n'y a aucune chance que ça se fasse à temps pour l'Euro."
Et de fait, non sélectionné par Didier Deschamps, qu'à cela ne tienne, il dispute les JO avec les Bleus et décroche une médaille d'argent. S'il pouvait encore y avoir un doute chez certains, c'était cette fois réellement plié. Il y a eu par le passé, surtout quand il était plus jeune, des contacts avec la FA, mais il n'a jamais dévié dans son choix de suivre ses racines françaises.
Cette épopée aux JO a encore davantage renforcé ses liens et ses amitiés avec d'autres joueurs français. Toujours dans L'Equipe, il s'enthousiasmait : "Ça a été la plus belle expérience foot de ma vie. C'était top, surtout en France. On était proches. En voyageant dans le pays, j'ai senti une ferveur, la puissance d'être à la maison." De quoi aussi se faire un nom dans l'Hexagone. "Je ne sais pas si j'étais très connu en France avant ça. J'avais seulement joué en jeunes, mais je crois que les Jeux ont permis aux gens d'apprendre à me connaître."
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"Olise a changé le visage de l'équipe de France"

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Dans la foulée, il a honoré ses premières sélections avec les Bleus, les A, en septembre 2024 : "C'est une telle fierté d'y aller. De porter ce maillot. Je me rappelle du premier appel de Didier Deschamps, j'étais trop heureux. Je le voulais depuis tout jeune ! J'étais plus excité qu'effrayé […]. Ce groupe est assez jeune, on veut tous gagner ensemble."
Kylian Mbappé l'a salué, sa maîtrise de la langue, déjà très bonne, continue de progresser. Mais qu'importe, en français ou en anglais, Michael Olise est un homme de peu de mots. Ce n'est pas le plus expressif, mais quand il parle, il le fait toujours sincèrement et dit ce qu'il pense. Alors quand il insiste sur le fait d'avoir toujours voulu porter la tunique bleu blanc rouge, on peut le croire. Tout comme quand il martèle son rêve : remporter la Coupe du monde 2026 avec les Bleus…
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