Éliminatoires Coupe du monde 2026 – Après une nouvelle symphonie avec l'Espagne en Turquie (0-6), Pedri s'affirme dans le gratin du football mondial
Publié 08/09/2025 à 10:53 GMT+2
Il est toujours difficile de juger et jauger les sélections lors des trêves internationales de rentrée. Mais ce qu'a produit l'Espagne en Turquie (0-6) a marqué les esprits. Au sommet de la pyramide ibère, un chef d'orchestre nommé Pedri. Le maestro du Barça a livré une nouvelle symphonie, gravant dans le marbre sa place dans le gratin. Et si c'était lui, le "meilleur" joueur du monde ?
"C'est le match d'un joueur qui va mieux"
Video credit: Eurosport
Certaines assertions paraissent quelquefois jaillir d'une lumière crue. Mais sitôt le couvercle posé, les esprits s'y détachent avec la même netteté qu'ils s'y étaient greffées. Le traitement autour des performances de Pedri suit cette élasticité. Moins clinquant médiatiquement, le milieu de terrain espagnol a rappelé à tous les observateurs dimanche soir pourquoi il est considéré comme le meilleur au monde dans l'entrejeu, si ce n'est plus. Un doublé léché face à la Turquie (0-6), une mainmise sur le jeu : irradiant, le Canarien a été un peu tout à la fois pour cette Roja lancée à grandes enjambées vers le Mondial 2026.
Lorsque Pedri convoque sa magie, nul n'est son égal
Contre des Turcs trop vite déboussolés, le virtuose du Barça a refroidi l'enceinte de Konya d'entrée (6e) d'une de ses spéciales, une feinte de corps délicieuse sertie d'un ballon brossé dans le petit filet adverse. Devant lui, une muraille rouge, dont les premiers contreforts étaient plantés à vingt mètres des buts. C'est en cela que l'Espagne diffuse ce sentiment d'équipe imprenable (hormis lors de la finale de Ligue des Nations perdue face au Portugal aux tirs au but) : le danger peut venir de partout, tant qu'il nait des crampons d'un Pedri, d'un Lamine Yamal ou d'un Nico Williams.
D'aucuns argueront que ce que peut faire Pedri, Yamal l'imite avec le même brio. Ce n'est pas tout à fait vrai. La gestion du tempo de la rencontre, la couverture face à la pression adverse, les bons choix à chaque instant… Tant de facettes polies qui n'émergent pas avec le même éclat chez le numéro 19 de la Roja. Il suffit de scruter les deuxième et troisième réalisations ibères pour s'émerveiller devant les combinaisons impulsées par le si versatile Pedri.
Nouveau poste et nouveau cap
Souvent brillant sous la tunique rutilante, le prodige de Tegueste a franchi un nouveau palier avec sa sélection depuis le début de cette trêve internationale. Certes, l'Espagnol est lancé sur une entame d'exercice de haut vol avec le Barça, mais il marchait déjà sur les milieux adverses la saison dernière. Le point de bascule a été le retour à son poste de prédilection, dans un rôle hydride comme milieu gauche.
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Lamine Yamal und Pedri feiern den Spanien-Sieg
Crédit: Getty Images
Ancré dans sa position préférentielle, Pedri peut jouer son rôle de chef d'orchestre à sa mesure. Finis les relais incessants aux quatre coins du terrain depuis l'axe droit, sans la même continuité dans son apport au jeu, l'influence du Barcelonais se concentre désormais sur le rond central et la membrane ramifiant vers sa gauche. A l'image de son idole Andrés Iniesta, Pedri est capable d'animer le demi-espace dans toute sa verticalité. Convaincu par son choix de le repositionner, le sélectionneur Luis De la Fuente ne pouvait que s'incliner en conférence de presse : "Pedri est probablement le meilleur au monde à son poste."
Plus mature, plus dur
Contrairement à son compère Yamal, grand adepte des messages nébuleux et d'une communication offensive, Pedri est resté fidèle à sa formule, simple, feutrée, et sans cesse dictée par le collectif. "Je suis content d'avoir aidé l'équipe, mais les buts sont secondaires", rappelle-t-il après la rencontre à Konya. Promis à "l'enfer turc", le numéro 20 n'a pas tremblé le bout d'une oreille devant le vacarme éphémère descendu des tribunes. "Nous étions mentalement préparés à la pression qu'ils allaient exercer, confie l'esthète Blaugrana. Nous devions commencer fort, et c'est ce qui s'est passé."
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"Olise a changé le visage de l'équipe de France"
Video credit: Eurosport
Même s'il ne s'épanche pas devant les micros, Pedri et son caractère trempé occupent l'espace dans le vestiaire. Chambreur, l'ex-joueur de Las Palmas sait aussi durcir son discours lorsque le contexte l'exige. "L'an dernier, nous jouions et travaillions tous comme une seule équipe, rappelait l'Espagnol dans un message dirigé à ses coéquipiers barcelonais en amont de la trêve. Le plus important, c'est qu'il n'y ait pas d'egos, parce que ça tue le succès collectif." En ce sens, Pedri s'inscrit comme le relais privilégié de Hansi Flick. Une symétrie désormais calquée sur la Roja. Pedri a les clés, domine, délègue, et récite ses symphonies. Finalement, et si c'était lui, tout en haut de la hiérarchie.
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