Football : après quatre succès à la CAN, les techniciens africains en perte de vitesse sur le continent

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2019, 2022, 2024, 2026... Après une période faste où ils ont remporté les quatre dernières Coupes d'Afrique des Nations (CAN), les entraîneurs locaux africains sont remis en question par certaines fédérations, qui préfèrent refaire confiance aux techniciens étrangers.

SEATTLE, WASHINGTON - JULY 01: Pape Thiaw, Head Coach of Senegal, arrives before the FIFA World Cup 2026 Round Of 32 match between Belgium and Senegal at Seattle Stadium on July 01, 2026 in Seattle, Washington. (Photo by Fran Santiago/Getty Images)

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Est-ce vraiment la fin d'une ère, d'une période vertueuse pour les entraîneurs africains ? On peut légitimement se poser la question. Après avoir trusté les quatre dernières éditions de la Coupe d'Afrique des Nations, soit celles de 2019, 2022, 2024 et 2026, les entraîneurs locaux semblent désormais boudés par certaines fédérations, qui préfèrent aller chercher bonheur ailleurs.
Preuve en est récemment, avec les derniers mouvements de techniciens sur le territoire. Emerse Faé a été remplacé par Hervé Renard à la tête des Eléphants ivoiriens, Claude Le Roy a été rappelé en terre africaine, pour prendre cette fois les commandes du Congo Brazzaville, Pape Thiaw a cédé sa place sur le banc sénégalais à Patrick Vieira et Paulo Duarte a pris la suite de Kaba Diawara en Guinée.

Les entraîneurs étrangers jugés trop chers et pas assez efficaces

Un revirement profond, alors que les entraîneurs étrangers, surnommés "sorciers blancs" en Afrique, avaient perdu une forme de monopole ces dernières années. Jugés trop chers, pas toujours efficaces, ces techniciens expatriés avaient subi une vague générationnelle vertueuse pour les entraîneurs locaux. Longtemps sous-cotés et réduits seulement au rôle d'adjoint dans l'ombre d'autres, ils avaient enfin réussi à s'imposer à la tête de nombreuses équipes nationales en Afrique. Avec, en prime, certains succès d'envergure.
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Djamel Belmadi avec l'Algérie en 2019, Aliou Cissé avec le Sénégal en 2022, Emerse Faé avec la Côte d'Ivoire en 2024, Walid Regragui sacré avec le Maroc en 2026 sur tapis vert et Pape Thiaw, vainqueur avec le Sénégal sur le terrain: les dernières CAN ont toutes été remportées par des sélectionneurs locaux. Regragui a même hissé le Maroc en demi-finales d'une Coupe du monde, en 2022, écrivant une nouvelle page dorée du continent dans la compétition.

Des résultats décevants au Mondial, qui ont révélé des doutes et des tensions

Il y a les succès et il y a les chiffres, aussi. En 2019, près de la moitié des 24 équipes qui ont pris part à la CAN en Egypte étaient dirigées par des entraîneurs africains, un record. Un chiffre qui s'expliquait aussi par l'éclosion d'une nouvelle génération de coaches, pour la plupart formés en Europe, avant de prendre la tête d'une des sélections africaines.
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Assiste-t-on alors à la fin de l'idylle entre les coachs africains et leurs sélections? Pour Kamou Malo, ex-sélectionneur du Burkina Faso, demi-finaliste de la CAN 2019, lui-même remplacé par le Français Hubert Velud en 2022, "même avec des résultats positifs, les techniciens locaux auront toujours du mal à convaincre". Les résultats du Sénégal ou de la Côte d'Ivoire, tous deux éliminés dès les 16e de finale du Mondial 2026, ont ainsi été jugés décevants et ont révélé certaines tensions entre coachs et fédérations.

Manque d'expérience, lacune tactique et absence d'autorité

"Il faut reconnaitre qu'il y a des limites objectives notamment dans la rigueur et l'approche scientifique qu'impose le football moderne", analyse Abdoulaye Dabo, journaliste sportif sénégalais. Il est souvent reproché aux sélectionneurs locaux un manque d'expérience du haut niveau, des lacunes tactiques ou une absence d'autorité face à des vestiaires qui ne manquent pas de stars.
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Ainsi, le président de la fédération ivoirienne n'avait pas hésité à comparer les parcours d'Emerse Faé et d'Hervé Renard, en mettant en lumière l'"expérience" du Français. "Le coach qui est parti a gagné une CAN, Hervé Renard en a gagné deux. Le coach qui est parti a ramené la Côte d'Ivoire à la Coupe du monde, Hervé Renard a ramené plusieurs équipes à la Coupe du monde", avait-il déclaré lors de sa présentation.

"Pas les mêmes garanties" au moment de signer leur contrat

La différence vient surtout du fait que les fédérations accordent plus de temps aux expatriés qu'aux locaux qui "vivent sous une pression constante", estime l'ancien international ivoirien et désormais entraîneur Basile Aka Kouamé. Comme lui, de nombreux autres observateurs interrogés par l'AFP pointent les fédérations qui, selon eux, ne mettent pas les locaux dans les meilleures conditions de performance.
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"Même pour parapher un bon contrat, les techniciens locaux n'ont pas les mêmes garanties que les entraîneurs étrangers", souligne M. Malo, citant l'exemple de Pape Thiaw, parti à la Coupe du monde avec le Sénégal sans contrat. Toutes les nations africaines n'ont toutefois pas cédé aux sirènes des entraîneurs européens : l'Algérie ou encore l'Afrique du Sud ont récemment annoncé la nomination de coachs locaux pour prendre les rênes de leurs sélections. Vainqueur de trois CAN (1980, 1994, 2013), le Nigeria est également dirigé depuis janvier 2025 par l'entraîneur malien Eric Chelle. Qui fait figure d'irréductible ces derniers mois.
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