Football - "Nous étions des fantômes", Robertson raconte comment la mort de Diogo Jota a éteint le vestiaire de Liverpool
Par Dulac Alix
Mis à jour 23/09/2026 à 14:06 GMT+2
Champion d’Angleterre en 2025, Liverpool a vécu une saison dernière compliquée, conclue à la 5e place, loin du titre et des grandes ambitions nées de son impressionnant mercato. La raison est simple pour Andy Robertson. L’ex-Red s’est confié à l’émission The Overlap et raconte comment la mort de Diogo Jota a impacté la saison.
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Sa mort a tout changé à Liverpool et s’il est évident que les difficultés des Reds la saison dernière viennent en grande partie de sa disparition tragique, il est toujours intéressant d’entendre un des joueurs de l’effectif en parler et expliquer, avec ses mots, à sa manière, le traumatisme vécu par le vestiaire. Il y a un peu plus d’un an, le 3 juillet 2025, Diogo Jota est mort, suite à un accident de voiture en Espagne. Un drame qui a également coûté la vie de son frère, alors que les deux hommes voyagaient pour rejoindre Liverpool.
Andy Robertson, désormais joueur de Tottenham, est une ancienne figure emblématique de Liverpool. Et un ancien coéquipier, surtout, de Diogo Jota. Ibrahima Konaté, désormais au Real Madrid depuis cet été, avait déjà décrit l’état d’esprit qui était le sien après la disparition de l’attaquant portugais en marge de la Coupe du monde. "C’est quelque chose qui m’a dévasté, je n’avais plus goût à rien à ce moment-là", avait déclaré l’international français sur France Inter. "Il faut savoir que cette personne-là, sa personnalité... Ça aurait pu arriver à tout le monde dans notre équipe mais lui, c’est le dernier que chaque joueur aurait choisi pour que ça arrive."
Des recrues arrivées dans un contexte morose
Le groupe de Liverpool n’est pas sorti indemne de ce drame. Alors que les Reds sortaient d’une saison couronnée d’un 20e titre de champion d’Angleterre, l’exercice suivant a été plus compliquée. Liverpool a fini 5e, loin du nouveau champion Arsenal. Pis, le club a investi massivement pour se renforcer - on parle de 520 millions d’euros - et hormis Hugo Ekitike, aucune des recrues de l’été n’a convaincu. Florian Wirtz, débarqué du Bayer Leverkusen pour 125 millions d’euros, court toujours après son football.
Alexander Isak, arraché pour 150 millions d’euros dans le money time du mercato, a démarré la saison hors de forme avant d’en manquer la majeure partie suite à une fracture de la jambe. Milos Kerkez, lui, n’a jamais réussi à convaincre dans le couloir gauche de la défense. Les recrues n’ont pas su s’adapter, tout sauf une surprise, à en croire Robertson, qui s’est confié dans l’émission The Overlap.
"Le football nous importait peu"
"C'est difficile de décrire et parler de ça parce que ce que nous avons traversé est affreux, a notamment confié le latéral gauche écossais. Si l'on parle des nouvelles recrues, elles sont arrivées dans un club au coeur brisé. C'est là que j'avais vraiment de la peine pour ces gars: ils venaient de signer, parfois pour des sommes importantes. Il leur a fallu des mois pour trouver leurs marques, car nous étions comme des fantômes".
"Le football nous importait peu, insiste Robertson. On venait de perdre l'un de nos meilleurs amis dans le vestiaire. Tous les footballeurs ont cette niaque, cette rage de vaincre, et je pense que lorsqu'on perd ce supplément d'âme, il arrive qu'on ne puisse plus donner le meilleur de soi-même. Avec le recul, je crois que nous avons perdu cette flamme, cette détermination la saison dernière. On se disait parfois : 'à quoi bon?' Il suffisait de voir ce que traversait sa famille, ses enfants…
Nous étions en plein deuil... C'était notre pote. Pour nous, ce n'était pas juste un footballeur, c'était un coéquipier, un ami. C'était une épreuve incroyablement difficile. J'avais assisté à son mariage la semaine précédant sa mort. Passer de l'un à l'autre... C'est sans doute l'une des choses les plus éprouvantes qu'on puisse vivre. Le voir vivre le plus beau jour de sa vie, et ensuite, la semaine suivante, voir sa famille brisée." En quête de rebond, Liverpool a tourné la page Arne Slot pour ouvrir celle d’Andoni Iraola. Mais le club, ses supporters et tous les joueurs ayant évolué avec lui n’oublieront jamais Diogo Jota.
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