Serie A (12e journée ) - AS Rome-Sassuolo : Strootman, le chaînon qui manquait à la Roma

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A peine arrivé à la Roma, Kevin Strootman s’y est imposé comme un homme clé au milieu, lui donnant une nouvelle dimension, comme nous l’explique Johann Crochet.

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La Roma peut se réjouir d'avoir cassé sa tirelire pour séduire Kevin Strootman. S'il débloque tous les bonus liés à son transfert, l'ancien milieu du PSV aura coûté 20 millions d'euros à sa nouvelle équipe. Et il n'y aura personne pour dire que ce transfert aura été cher, tant l'international néerlandais se montre indispensable depuis son arrivée sur les rives du Tibre. Titulaire indiscutable dans le milieu à trois de Garcia, Strootman enchaîne les performances personnelles de premier ordre, en plus de rendre meilleurs les autres joueurs autour de lui, à commencer par Daniele De Rossi et Miralem Pjanic, transformés cette saison. Et le résultat pour le club romain est sans appel, onze journées, dix victoires et un match nul.

"Une gueule" et une attitude

Regarder Strootman dans les yeux relève du défi. Depuis le début de la saison, plusieurs joueurs (Badu, Juan Jésus, Hernanes et Behrami) ont essayé et ont tous fini par baisser la tête. Car avant d'être un joueur de ballon formidable, Strootman, c'est une tête. Un visage dur, fermé, presque méchant. Un homme qui sourit peu. Lorsqu'il daigne esquisser un sourire, on l'imagine en train de vous vouloir du mal. Une sorte de sourire sadique. Strootman n'a peur de personne. Il ne renonce jamais à aller au contact, sans pour autant être un joueur méchant ou coupable de grosses fautes volontaires. Non, le Néerlandais est plus fin, il veut faire sentir à son adversaire qu'il est là, à portée de main et qu'il ne le lâchera pas pendant 90 minutes. Son pressing intelligent lui laisse juste le temps de faire sentir son souffle à son adversaire, avant de changer d'objectif. Strootman impressionne : ses partenaires, ses tifosi et ses adversaires.
Le travail sans ballon de Strootman est presque aussi important qu'en phase de possession. Le Néerlandais harcèle ses adversaires, anticipe et lit parfaitement le jeu, ce qui lui permet de couper des relations de passes préférentielles chez l'adversaire. Ses statistiques individuelles montrent combien il est important pour Garcia : 14 interceptions, 37 tacles, 15 dégagements décisifs et 7 tirs adverses contrés. C'est un milieu de terrain parfait pour le jeu tout en équilibre de l'entraîneur français. Tantôt au pressing, parfois à la récupération, souvent à la construction ou positionné comme premier point de relais lorsque Pjanic et De Rossi descendent d'un cran pour construire le jeu, Strootman est un milieu complet, capable de jouer "interno" dans un milieu à trois et devant la défense.

Avec De Rossi et Pjanic, une entente parfaite

L'autre atout du jeu de Strootman réside dans son pied gauche, façonné par la formation néerlandaise, l'une des meilleures du monde. Il est actuellement, derrière Totti et Pjanic, le joueur de la Roma ayant fourni le plus de "passes clés" (dernière passe à l'origine d'une occasion) depuis le début de la saison. Il est aussi le deuxième joueur de l'effectif, toujours derrière son capitaine, à avoir réalisé le plus de passes décisives, avec cinq caviars pour ses coéquipiers. Sur la pelouse du Torino, il a aussi inscrit son deuxième but de la saison, le premier sur action de jeu, après son penalty à Parme. Son entente technique avec De Rossi et Pjanic est parfaite, les trois joueurs se trouvent les yeux fermés et multiplient les passes courtes entre eux. Contrairement à ses deux coéquipiers, Strootman ne dribble pas et se contente de faire la différence avec des angles de passes compliqués, une grande précision technique et un jeu relativement "simple".
Là où Strootman est également redoutable, c'est dans son jeu long. Avec des joueurs de côté rapides comme Florenzi et Gervinho, le Néerlandais réussit de superbes ouvertures sans difficulté. Si Strootman n'est pas un joueur rapide, il est par contre difficile à arrêter une fois lancé, tant il sait jouer de sa puissance physique. Contre l'Udinese, c'est lui qui se porte sur l'avant côté gauche avant de délivrer une passe décisive à Bradley. Contre l'Inter, il a fait une course de 70 mètres avant de glisser le ballon du 0-3 à Florenzi.

Un leader à tous points de vue

Lucide jusqu'à la fin des rencontres, le milieu batave ne se précipite jamais et cherche, au choix, l'assurance d'une passe facile, ou l'efficacité d'une passe dangereuse. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si quatre de ses cinq passes décisives sont arrivées après l'heure de jeu cette saison. Très concentré, Strootman a le comportement et la concentration que bon nombre de joueurs de la Roma n'avaient pas lors des dernières saisons. Il est un leader à tous les points de vus : concentration, agressivité, technicité, soif de victoires, lucidité et courage à toute épreuve. Toutes ces qualités influent sur ses partenaires qui ont un rendement exceptionnel en ce début de saison, loin du niveau souvent indigent affiché l'année passée. La Roma tient son nouveau gioiello et compte bien en profiter pour déjouer tous les pronostics cette saison. À condition de retrouver le chemin de la victoire dès dimanche contre un Sassuolo en nets progrès.
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