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Soliste, compétiteur, parfois capricieux : l'Italie a appris à connaître Cristiano Ronaldo
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Publié 28/09/2018 à 18:41 GMT+2
SERIE A - Le quintuple Ballon d’Or est très attendu lors du choc face au Napoli, ce samedi (18h). Une affiche de gala qui ponctue la première phase de sa nouvelle aventure et durant laquelle l’Italie a appris à mieux le connaitre. Le joueur, l'homme, ses qualités et ses vicissitudes : le Portugais a été fidèle à lui-même depuis ses débuts dans le Piémont.
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Il y a presque deux mois jour pour jour, précisément le 31 juillet, Cristiano Ronaldo participait à son premier entraînement avec la Juventus. Du pain béni pour une Serie A larguée d’un point de vue de l’intérêt médiatique. Du coup, ici, beaucoup ont dû se mettre au pas, moi le premier. Pas question, évidemment, de le vendre à toutes les sauces mais d’y dédier une partie de son temps de travail afin d’être le plus pertinent possible lorsqu’on me sollicite pour en parler. Je le connaissais, comme tout le monde, mais le suivre de loin en Liga, en Ligue des champions ou avec le Portugal est une chose, s’immerger dans son actualité au quotidien en est une autre. C'est plein de bonnes intentions que j'ai abordé ce processus, car admiratif de sa carrière et de son parcours depuis l'île de Madère, mais j'avoue avoir un peu déchanté.
Son jeu
Depuis le début de saison, Ronaldo n’a pas loupé une seconde… à l'exception d'une fois où il y a été contraint, à savoir l'expulsion à Valence sur laquelle je reviens plus loin. J’ai toujours eu des vertiges devant ses statistiques madrilènes, plus d'un but par match. Je comprends mieux maintenant. Il en est déjà à 48 tirs en 570 minutes de jeu soit environ une frappe toutes les 12 minutes. Dès qu’il est en bonne position, il tente grâce à sa rapidité d’exécution. Ça virerait presque à l’obsession, et pour le moment, ça a débouché sur 18 tentatives cadrées et seulement 3 buts dont 2 en véritable renard des surfaces, le premier contre Sassuolo et celui à Frosinone. Une hyperactivité et une intensité impressionnantes mais parfois frustrantes.
A titre de comparaison, Krzystof Piatek, meilleur buteur européen de ce début de saison et pensionnaire du Genoa, a fait mouche 6 fois sur 10 tentatives cadrés (26 au total). Cristiano est frénétique, presque épileptique, surtout quand l’abstinence se prolongeait (elle a duré 320 minutes). A Parme, ses coéquipiers ne cessaient de le servir pour qu’il brise enfin la glace et c’était un brin pénible. A l'échelle européenne, la Juve est ainsi devenue l’équipe tirant le plus souvent au but après le City de Guardiola. Le Portugais en conditionne le jeu, et il n'en vaut pas tout le temps la chandelle. A noter deux passes décisives, face à la Lazio et Bologne, mais fortuites.
Sa nervosité
"J’avais envie de marquer, j’étais un peu anxieux, car je suis parti du Real, et pour tout ce qui s’est passé ensuite et parce que le but n’arrivait pas". Tel était son ressenti suite à son doublé contre Sassuolo. Il a confirmé une impression qui sautait aux yeux et un état d’esprit qui ne s’est pas apaisé après ses premiers buts. En effet, trois jours plus tard, CR7 a écopé d'un rouge à Valence pour sa première en Ligue des champions avec la Juve. Ridicule, inexistante, sévère. Un jaune suffisait, mais ce geste a été trop sous-estimé.
On a préféré se concentrer sur l'injustice et le "deux poids, deux mesures" quand on porte le maillot du Real ou pas (consternant quand on sait que cette théorie de complot fait fureur en Serie A depuis des décennies à propos de la Juve). Or, le ballon n'était pas en jeu, il ne caresse pas le sommet du crâne de Murillo mais esquisse bien une tentative de crêpage de chignon. Il s’est agacé, après quelques duels musclés en une petite demi-heure. Des larmes ont accompagné sa sortie du terrain, la panoplie du compétiteur extrême diront certains, j'y ai vu l'expression d'un certain mal-être, d'un garçon bien trop à fleur de peau.
Son clan
Pas le choix, je me suis mis à Instagram, principalement pour suivre l’actualité de ses proches car il faut être sur tous les coups. Sa soeur Katia Aveiro, son manager et ami Ricky Regufe, sa copine Georgina Rodriguez et même sa mère Dolores Aveiro. 1,6 millions de followers pour une mère au foyer. Surréaliste. A titre de comparaison, ma maman en a 5 : un de mes deux frères, ma sœur, une belle-fille, un beau-frère et moi. Bref, on est sur une autre planète avec ce microcosme partie intégrante d’une macroéconomie.
Ça ne respire pas non plus l’authenticité à 100% à cause du filtre des réseaux sociaux, mais quand leur fils/frère/copain/ami est attaqué, c’est souvent une défense en rangs bien serrés. Compréhensible par rapport à son expulsion à Valence, complètement déplacé concernant les réactions aux récompenses personnelles de cette année, avec en point d’orgue, le post de sa soeur illustrant les trophées du musée CR7 à Funchal Ceux-là, personne ne les volera. Et encore, "Cristianinho" n'est pas encore inscrit sur cette plate-forme.
Ses caprices
Je me suis toujours méfié des “anti-Ronaldo”, je pense qu’il y a mieux à faire dans sa vie, surtout à un certain âge, toutefois, je comprends mieux certaines antipathies qui ne dérivent pas forcément de la jalousie. On est en pleine saison des trophées individuels, par deux fois, son ancien coéquipier Luka Modric a été sacré, au “Player of the Year” de l’UEFA le 30 août et lors de la remise de "The Best" par la FIFA lundi. Un garçon, le Croate, que l’on devine chic et qui, en plus d’avoir gagné les mêmes titres que le Portugais avec le Real, était le capitaine des vice-champions du monde.
Par deux fois, le second classé a fait l’impasse sur la cérémonie officielle et n'a jamais rendu publiquement hommage au lauréat, en revanche, il n'a pas manqué de s'auto-congratuler lorsqu'il a remporté le prix UEFA du but de l’année. Un Cristiano vaniteux donc, mais ça, à la limite, je le savais déjà. Allez, vivement qu'il me dévoile sa meilleure facette en tordant les adversaires de la Juve en Ligue des champions.
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