"Le plus important dans le football, ce ne sont pas forcément les trophées. Le plus important, ce sont les supporters. Ce sont eux qui donnent de l'argent pour acheter un billet et venir nous voir." En arrivant à l'AS Rome l'été dernier, Javier Pastore s'était dit "heureux" de voir toute l'affection reçue par le peuple giallorosso. Six mois plus tard, l'idylle est (déjà) terminée. Entre blessures à répétition et prestations fantomatiques, le Flaco ne retrouve pas la lumière.
Si les tifosi ont bien payé leur billet pour le voir évoluer à l'Olimpico cette saison, ils risquent sérieusement de demander un remboursement à sa conclusion. L'Argentin, qui a coûté 24,7 millions d'euros à la Roma, est désormais considéré comme un simple remplaçant par Eusebio Di Francesco, son entraîneur. Mais comment en est-on arrivé là ? Comment Pastore, qui avait pourtant enchanté tout le monde avec ses deux buts inscrits d'une sublime "Madjer" entre août et septembre, est retombé dans l'ombre ?
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"Ancien joueur"

En arrivant à Rome, Pastore espérait avoir laissé ses problèmes physiques derrière lui. Et plus précisément à Paris, où ses mollets n'ont cessé de le trahir. Raté. Le 16 septembre, il manque son premier match face au Chievo Vérone (2-2) sur blessure. Le début des problèmes. Aussi élégant que fragile, le Flaco rechutera au pire des moments. Titutlaire lors du derby face à la Lazio (3-1) quinze jours plus tard, le numéro 27 est contraint de laisser sa place à la 36e minute. Résultat, Lorenzo Pellegrini le remplace... et ouvre le score peu après son entrée en jeu. Un premier tournant dans la saison de Pastore.
Bien décidé à se remettre sur pied, le Flaco a tout tenté. Début novembre, il s'est alors envolé vers Barcelone. Destination le centre Corachan, où le Flaco a séjourné quelques jours. Accompagné par le docteur Riccardo Del Vescovo, il a alors suivi un protocole de soins afin de soigner ses mollets. De retour à Rome, il a rapidement retrouvé l'entraînement collectif avec ses coéquipiers. Rétabli, il n'en a pas pour autant retrouver sa place sur le terrain.
Depuis son retour dans le groupe, Pastore n'a plus été titularisé en Serie A. Il faut dire que son match face au Viktoria Plzen (1-2), le 12 décembre dernier en Ligue des champions, n'a pas plaidé sa cause. Aligné d'entrée par Di Francesco, le Flaco sera catastrophique. Remplacé à l'heure de jeu, il recevra même les foudres de la presse transalpine le lendemain. "On dirait un ancien joueur", ira jusqu'à écrire le Corriere dello Sport.

Zaniolo, la promesse devenue prodige

En plus de ses entrées pas toujours convaincantes, Javier Pastore a également été victime du changement de système de son entraîneur. Initialement recruté pour évoluer dans un 4-3-3, l'Argentin peine désormais à trouver sa place dans le 4-2-3-1 de Di Francesco. Un nouveau schéma qui a permis l'eclosion de Nicolò Zaniolo, l'étoile montante du football italien. Arrivé l'été dernier comme promesse, le joueur de 19 ans est désormais prodige. Et il s'est gagné comme un grand une place de titulaire. Au grand détriment de Pastore, qui est même passé derrière Lorenzo Pellegrini dans la hiérarchie de "DiFra".
"Pellegrini et Zaniolo sont deux des meilleurs joueurs de cette première partie de saison. Et ils jouent dans le même rôle de Pastore, dont la technique ne se discute pas. Son premier problème, c'est son physique. Pour lui, ça va être encore plus compliqué maintenant...", nous confie Marco Cassetti, ancien international italien (5 sélections) et passé par la Roma entre 2006 et 2012.
Il faut dire que Lorenzo Pellegrini, observé par le PSG, a su se réinventer à ce nouveau poste de "trequartista" (numéro 10, NLDR). Avec son volume de courses et ses déplacements, l'international italien donne une autre dimension physique à la Roma. Pas forcément le cas de Pastore, qui manque également de caractère. Depuis le début de saison, la Roma traverse en effet plusieurs zones de turbulences. Et comme le répète souvent son entraîneur, cette équipe a besoin de "leaders" lorsqu'elle fait face à des moments difficiles. Pour faire simple, des joueurs au fort caractère. Pas le point fort du Flaco.
"Mais ce n'est pas l'unique problème. Il y a des joueurs internationaux dans cette équipe, et eux aussi sont en difficulté. Pastore n'est pas un leader, mais ceux qui devraient avoir ce rôle ne le sont pas non plus", affirme Cassetti.

Quel avenir pour Pastore ?

En ce début d'année, l'ancien Parisien n'a pas joué une seule minute en championnat. Son temps de jeu se résume à deux matches de Coupe d'Italie. Le premier face à la Virtus Entella en 8e de finale (4-0), où il a notamment inscrit un but. Le deuxième est donc rentré tout droit dans l'histoire, avec une humiliation historique reçue sur le terrain de la Fiorentina (7-1). Et Pastore, remplacé à la pause, ne s'est pas sauvé du naufrage. "Jamais dans le match. Pas une action. Pas un dribble. Une balle dans le pied pour la Roma", écrivait La Gazzetta dello Sport le lendemain. Laconique.
Et maintenant ? Avec un contrat de cinq ans, Pastore devrait rester encore quelque temps à la Roma. Mais reste à savoir si ses dirigeants seront du même avis. Cet hiver, Monchi, le directeur sportif du club italien, a songé à recruter Josip Ilicic (Atalanta Bergame). Un joueur qui, selon plusieurs médias transalpins, serait venu remplacer l'Argentin. Pas forcément de bon augure pour la suite. Si l'un des objectifs de cette deuxième partie de saison demeure celui de relancer le Flaco, qui reste la recrue phare du dernier mercato estival, les Giallorossi ne comptent pas l'attendre indéfiniment. À Rome, la patience n'est pas éternelle...

Javier Pastore

Crédit: Getty Images

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