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Serie A | Les 30.000 sifflets prévus à San Siro contre Lukaku ne pourront pas être distribués
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Publié 29/10/2023 à 00:19 GMT+2
C’est un match attendu par tout le peuple nerazzurro. Pas tant pour l’affiche, même si les rencontres entre l’Inter Milan et l’AS Rome (dimanche, 18h) font régulièrement des étincelles. Mais plutôt pour le retour de Romelu Lukaku dans son ancien stade, qui souhaitait l’accueillir avec 30.000 sifflets. La police a décidé d'en interdire la distribution, mais l'ambiance se promet volcanique.
Romelu Lukaku
Crédit: Eurosport
La police a sifflé la fin de la récréation. Alors que les supporters intéristes souhaitaient faire vivre l'enfer à Romelu Lukaku ce dimanche lors de la réception de la Roma, les autorités sont intervenues pour calmer le jeu en coupant le sifflet des Intéristes. "Enième abus, les sifflets ont été interdits", a déploré vendredi soir sur son compte Instagram le groupe Curva Nord Milano. Le groupe en avait acheté 30.000 exemplaires, qui devaient être "utilisé à en perdre le souffle à chaque fois que celui qui a trahi notre maillot touchera le ballon".
La décision a été prise par la police de Milan, sur recommandation du Groupe opérationnel de sécurité (GOS), en charge en Italie de la sécurisation des matches de football. Des ultras de l'Inter ont toutefois prévu de défier cette interdiction et de réserver un accueil houleux à Lukaku, dont la relation avec l'ancien club semble totalement brisée, après des mois de détérioration.
Les racines de la colère
Les premières interrogations ont commencé à surgir fin juin lors du mariage de Federico Dimarco, piston gauche de l’Inter et vrai leader du vestiaire lombard, avec sa compagne Giulia Mazzocato. Pour cet évènement, sont présents notamment plusieurs de ses coéquipiers, de Cordaz à Barella, de Darmian à Handanovic. Mais aucune trace de Romelu Lukaku. Pourtant, officiellement, l’international belge laisse toujours filtrer une volonté ferme de rester en Lombardie, retrouvée après une saison d’exil à Chelsea. De toute manière, les Blues ne comptent plus sur lui, bien conscients d’avoir jeté par la fenêtre 115 millions d’euros pour le faire revenir à l’été 2021. Toutes les parties rament donc dans le même sens : Lukaku veut rester à l’Inter, l’Inter veut garder Lukaku, et Chelsea ne veut plus de Lukaku. L’expiration de son prêt ne semble donc qu’un détail.
Le mercato officiellement ouvert, les deux clubs parlent, échangent, avec le but de trouver une solution qui arrange tout le monde. Pendant ce temps, en coulisses, le Belge se plonge dans un étrange silence, et l’absence au mariage de son coéquipier en étonne plus d’un. Mais pas de quoi laisser imaginer ce qu’il va suivre. Le 12 juillet, La Gazzetta dello Sport publie même un article intitulé : "Pourquoi Lukaku aime l'Inter, et pourquoi l'Inter aime Lukaku". Les négociations ont beau traîné, pas d'alarmisme pour autant. Deux jours plus tard, le dénouement : un accord est trouvé pour un transfert 35 millions d’euros, plus cinq de bonus.
Fatigués, épuisés par des discussions devenues interminables, les dirigeants lombards touchent au but. Ou presque. Au moment d’annoncer la grande nouvelle au principal intéressé, aucune réponse. Personne au bout du fil. Le board milanais tente donc de se mettre en contact avec Sébastien Ledure, l'avocat du joueur, en première ligne lors des négociations. Là encore, un échec. Alors que l’inquiétude commence à se répandre dans les bureaux situés Viale della Liberazione, les coéquipiers de Lukaku tentent de le joindre. Chou blanc. Pas dupe, l’Inter comprend que quelque chose ne tourne pas rond. A juste titre : après des sondages ici et là, les dirigeants de la Beneamata découvrent que la Juve est également sur le coup. Et, surtout, que le Belge a donné son accord pour la rejoindre. La suite est connue : l’Inter se retirera des négociations, la Vieille Dame se mettra d’accord avec Chelsea (37,5 millions d’euros + 2,5 millions de bonus) mais ne parviendra pas à convaincre Dusan Vlahovic de faire le chemin inverse. Lukaku prendra son mal en patience avant, finalement, de rejoindre l’AS Rome le 31 août.
Des sifflets sur téléphone ?
S’estimant trahie, surtout après avoir donné une seconde chance à son attaquant en pleine perdition à Chelsea, l’Inter ne décolère pas. Les tifosi non plus. Au moment du tirage du calendrier de la Serie A cuvée 2023-2024, la date du 29 octobre est inscrite en rouge dans les agendas. C’est ce jour là que se jouera Inter-Roma, synonyme du retour de celui qui est maintenant surnommé le "traître". "Le jour du retour le plus désagréable approche, faisons tout pour être prêt, écrivait la Curva Nord début octobre. Le 29 octobre est un jour à marquer en rouge pour faire entendre le dégoût que suscite celui qui nous a tourné le dos de la plus indigne des manières, poursuit le groupe de supporters, sans jamais nommer Lukaku. Avant le match contre la Roma, la Nord distribuera 50.000 sifflets à utiliser à en perdre le souffle à chaque fois que celui qui a trahi notre maillot touchera le ballon." Finalement, le chiffre a été revu à 30.000 sifflets, qui devaient être distribués aux différentes entrées de Giuseppe Meazza, samedi, avant la rencontre.
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Juve ou Chelsea, qui serait gagnant de l’improbable échange Lukaku-Vlahovic ?
Video credit: Eurosport
"Il est parvenu à se faire autant aimer que détester, a expliqué le responsable de la Curva Nord au site spécialisé Spazio Inter. Il va avoir l'accueil qu'il mérite. Il ne mérite pas un tifo. Non, ça, c'est pour quelqu'un qui a du mérite. Cette personne ne mérite rien, simplement d'entendre à quel point nous le haïssons et, par conséquent, nous distribuerons 30.000 sifflets. Pas seulement à la Curva, mais à quiconque viendra au stade. C'est une façon de lui faire comprendre que ce n'est plus sa maison. Avant il en était le patron, maintenant un invité non désiré. Le peuple intériste le considère comme un traître (...) Nous insultons l'homme et son comportement envers nous." Après l'annonce de l'interdiction, les supporters intéristes sont déjà nombreux à prévoir une application sifflet sur leur téléphone... un signe supplémentaire de la profondeur de leur rancune.
Du côté du club, on préfère la jouer soft. Du moins publiquement. "Lukaku fait partie du passé. Il n'y a personne, ici, qui pense encore à lui. Personne, je dis bien personne. Ce n'est pas la première fois que je vois ça dans le football", a réagi Giuseppe Marotta, administrateur délégué de l'Inter. "Ce sera un match entre l'Inter et la Roma, pas entre l'Inter et Lukaku", a tenté de tempérer Simone Inzaghi, l'entraîneur des Nerazzurri, à qui "Big Rom" n'aurait pas pardonné son choix de ne pas le titulariser pour la finale de la Ligue des champions perdue face à Manchester City (0-1) la saison dernière. L'une des raisons qui l'auraient poussé à ne pas rester à l'Inter.
S'il a bien tenté, quand même, de revenir sur ses pas au courant de l'été, les leaders du vestiaire milanais ont fait bloc. Même Lautaro Martinez, l'un des plus proches du Belge, qui n'a pas digéré de voir ses appels/messages restés sans réponse. Trop tard, Romelu. "Il y a eu beaucoup de choses dites et écrites sur moi cet été. Si je disais ce qu'il s'est vraiment passé, tout le monde serait choqué. Un jour, je raconterai toute la vérité", a promis Lukaku le 11 octobre dernier depuis le rassemblement de la Belgique.
Mourinho, lui, "ne comprend pas"
"Ce que tu as à dire, cela ne nous intéresse pas, lui a rétorqué la Curva Nord. Tes justifications non plus. Nous ne voulons pas entendre ta voix. Si tu as des c*******, ce dont on doute, viens au Meazza. Milan t'attend." En vue de ces retrouvailles qui s'annoncent sous haute tension, José Mourinho, son entraîneur, est entré en jeu. Forcément. Suspendu pour la rencontre, celui qui reste très apprécié à l'Inter, un club avec qui il a tout gagné entre 2008 et 2010, a avoué "ne pas comprendre" ses anciens tifosi.
"Je ne pensais pas qu'il était aussi important à Milan, a lâché le Portugais mercredi en conférence de presse. Ce qu'il a fait là-bas, soit gagner un Scudetto et des coupes, 200 joueurs l'ont fait à l'Inter. C'est intéressant : Lukaku qui passe de l'Inter à la Roma pour aider son mister, c'est un drame. Mais Calhanoglu du Milan à l'Inter, c'est merveilleux. Et Cannavaro de l'Inter à la Juve no problem, Vieri de l'Inter à Milan no problem. Lukaku de l'Inter à la Roma est devenu un cas qui me fait peur. Je ne pensais pas qu'il était aussi important dans le cœur d'un club comme l'Inter, je suis surpris." Du Mourinho dans le texte.
"Mais le problème, ce n'est pas qu'il soit parti à la Roma, lui répond un autre responsable de la Curva Nord, qui préfère garder l'anonymat. Il pourrait revenir sous le maillot de Dortmund, du PSG ou du Barça, que cela n'aurait rien changé. Nous n'acceptons pas le manque de respect qu'il a eu envers nous, les supporters, et l'ensemble du club, qui avait accepté de le récupérer un an après son départ. Chacun est libre de ses choix, à condition de les faire avec respect et sans se moquer du monde."
Maintenant, place au terrain. Avec 8 buts en 10 matches toutes compétitions confondues depuis le début de la saison, Lukaku est en grande forme. Et qui le fréquente au quotidien parle d'un joueur pas vraiment perturbé par le brouhaha promis à chacune de ses touches de balle. Si le corps arbitral l'est un peu plus, notamment pour une question logistique, puisque des milliers de sifflets, électroniques ou non, risquent de prendre le pas sur un seul, ce ne sera pas une première. Toujours à Milan, encore à l'Inter. Saison 2006-2007 : Ronaldo, débarqué à l'AC Milan, affronte son ancien club dans le derby. Distribués avant la rencontre, les 30.000 sifflets retentissent à chaque prise de balle du Brésilien, qui parvient à les couper en ouvrant le score. Puis en portant ses mains vers ses oreilles, provoquant un peu plus ses anciens tifosi. Morale de l'histoire ? L'Inter parviendra à s'imposer (2-1) malgré le but initial de "R9". L'actuel leader de Serie A signerait-il pour le même scénario dimanche ?
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Roma-Inter, Romelu Lukaku
Crédit: Getty Images
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