Genoa-Napoli | Patrick Vieira, le Genoa ne le regrette pas
Eurosport sur GoogleToujours invaincu depuis sa nomination, Patrick Vieira réussit ses débuts sur le banc du Genoa. Après avoir freiné l'AC Milan (0-0) dimanche dernier à San Siro, le technicien français, qui doit maintenant faire face au Napoli samedi (18h) à Marassi, a su faire plusieurs choix forts pour stopper l'hémorragie.
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Video credit: Eurosport
Patrick Vieira est arrivé sur la pointe des pieds. Bien conscient de l'air qui se respirait alors à Gênes, entre surprise et colère après l'annonce inattendu du départ d'Alberto Gilardino à la mi-novembre. L'ancien technicien de Strasbourg et Nice, qui a bien connu le championnat italien durant sa carrière de joueur, sous le maillot de l'AC Milan (1995-96), de la Juventus (2005-06) et de l'Inter Milan (2006-10), n'a toutefois pas hésité à accepter la mission proposée par le Grifone, mal en point en championnat et désireux de sauver sa peau dans l'élite. Pour lui, qui officiait comme consultant sur la chaîne DAZN, le rebond tant espéré venait d'arriver après la saison décevante des Alsaciens la saison dernière.
Ceux-ci avaient terminé à la 13e place avec un maintien en Ligue 1 assuré plusieurs journées avant la fin du championnat, mais aussi quatre défaites lors des cinq derniers matches. Le club, propriété du consortium BlueCo qui détient aussi Chelsea, avait ensuite préféré miser sur la jeunesse et l'ambition de l'Anglais Liam Rosenior, poussant Patrick Vieira vers la sortie à seulement quelques semaines de la reprise de la Ligue 1. Alors, forcément, le scepticisme a quelque peu entouré son retour en Italie. Pour l'évacuer, un seul moyen : des résultats. Et si possible rapidement pour un club qui occupait alors la 17e place. Près d'un mois plus tard, elle en a grappillé quatre. Un bon début.
Moral et solidité
L'une des premières missions fixées par Vieira à son staff : redonner confiance à un groupe en perte de vitesse. "La chose la plus importante est d’apporter de la confiance à cette équipe, il y a de la qualité dans ce groupe, comme il l'a montré : on a su se créer beaucoup d'occasions et on a concédé deux buts sur penalty. Mais il y a aussi des choses à améliorer", soulignait le champion du monde 1998 après son premier match à la tête du Genoa face à Cagliari (2-2). Une semaine plus tard, il remportait sa première victoire sur la pelouse de l'Udinese, réduite à dix après seulement quatre minutes de jeu (0-2). Un succès qui a fait grand bien à ses troupes.
"Nous devons continuer comme ça, tempérait-il dans la foulée. Il faut continuer à faire des pas en avant, il y a encore beaucoup, beaucoup de travail à réaliser. Mais avec cette mentalité, je pense que nous sommes sur la bonne voie." Bien vu. Depuis son arrivée, Vieira n'a pas perdu un seul match et vient d'en enchaîner un quatrième positif, qui plus est sur la pelouse de l'AC Milan (0-0), son ancien club, ruinant ainsi le 125e anniversaire de son histoire. Plus solide, mieux organisée, son équipe est devenue soudainement difficile à battre. Même lui marquer des buts deviendrait presque une performance. En quatre matches, elle n'en a encaissé que deux, à chaque fois sur penalty face à Cagliari.
"Si nous sommes plus solides maintenant ? Nous avons surtout récupéré plusieurs joueurs blessés, a rappelé le défenseur Mattia Bani dimanche. Nous pouvons changer des interprètes tout en gardant un haut niveau. Et le "Mister" travaille dur pour faire grandir cette équipe." Un sentiment partagé par le gardien Nicola Leali, désormais le titulaire du poste depuis l'arrivée de Vieira. "On essaie de reproduire ce que nous faisons à l'entraînement en match, déclarait-il dans la foulée de son 3e clean sheet d'affilée. Nous sommes en train de réussir. Il faut continuer comme ça."
Balotelli cloué au banc
Outre ce choix (payant) de faire confiance à Leali dans la cage, Vieira n'a pas hésité à apporter quelques modifications à l'assise tactique. D'un système à trois défenseurs avec Gilardino, le Grifone est passé à une base de quatre. Un 4-3-3 assez fluide qui peut se transformer en fonction du profil des joueurs alignés. Certains ont d'ailleurs été revitalisés depuis ce changement d'entraîneur. De Miretti, toujours aligné, à Zanoli, avancé d'un cran sur le côté droit et déchargé de certaines missions du piston, le rendement s'est élevé. Ce qui n'est pas vraiment le cas de Mario Balotelli, qui craignait certainement les retrouvailles avec son ancien entraîneur à Nice.
Si les deux ont assuré que leurs querelles appartenaient au passé, l'attaquant italien, fortement voulu par Gilardino et débarqué fin octobre à Gênes, ne joue presque pas. Jamais titularisé, son minutage le plus élevé remonté au match à Côme (18 minutes), lorsque Vieira n'était pas encore arrivé. Depuis, une minute contre Cagliari, quatorze face à l'Udinese, douze lors de la réception du Torino... et zéro dimanche dernier à Milan. Un sacré regret pour "SuperMario", qui aurait certainement aimé entrer en jeu dans son ancien stade et apporter des couleurs à une phase offensive qui en manque parfois. Un axe de progression dont est conscient le principal intéressé.
"On doit créer plus et marquer plus", a indiqué le technicien français jeudi en conférence de presse. Interrogé sur le changement de propriétaire et la prise de pouvoir de l'homme d'affaires roumain Dan Sucu mercredi, qui prend ainsi la suite du fonds d'investissement américain 777 Partners, Vieira a rassuré tout le monde : "On l'a rencontré jeudi matin. C'est une journée importante pour le club. Cela va apporter de la stabilité pour les supporters et les gens qui travaillent au club, c'est une très bonne nouvelle. Cela ne change rien pour le futur de l'équipe." Et à priori pour le sien non plus.
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