Serie A | Udinese - AC Milan | "Nous n'oublions pas" : Entre Udine et Mike Maignan, retrouvailles sous haute surveillance

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Le 20 janvier 2024, Mike Maignan avait décidé de dire stop. Victime de cris racistes, le gardien français de l'AC Milan quittait la pelouse du Bluenergy Stadium, stade de l'Udinese, en signe de contestation. Si les coupables avaient été punis et identifiés, les ultras du club du Frioul n'ont jamais digéré l'attitude du portier tricolore. Et ils l'ont fait savoir avant son retour vendredi soir.

Pourquoi Maignan est-il devenu si friable ?

Video credit: Eurosport

Mike Maignan n'est pas vraiment le genre à fuir ses responsabilités. 20 janvier 2024 : une première fois, le gardien français de l'AC Milan se dirige vers Fabio Maresca, l'arbitre du match face à l'Udinese. Il lui signifie alors être la cible d'injures racistes provenant de la Curva Nord, là où se situent les ultras du club du Frioul. Le speaker du Bluenergy Stadium prévient alors tous les spectateurs présents ce soir-là : la rencontre sera suspendue si de tels actes venaient à être réitérés.
Mais comme les injures ont continué, l'ancien portier du LOSC a ensuite quitté le terrain à la 34e minute, imité par ses coéquipiers, forçant ainsi l'arbitre à interrompre la rencontre. Le match avait repris après une dizaine de minutes d'interruption et Maignan avait repris sa place dans ses buts et terminé le match remporté par l'AC Milan (3-2).
"Après un premier avertissement, j'ai entendu une imitation de singe, puis ils l'ont fait à nouveau, j'ai donc appelé mon staff en disant que nous ne pouvions pas jouer comme ça. Ce sont des gens ignorants, pas tous les supporters, parce que les vrais fans viennent encourager leur équipe et sifflent parfois les adversaires, mais ces choses ne doivent pas se produire", déplorait-il dans la foulée au micro de Sky Sport. Pas toujours loquace devant les micros, Maignan s'était laissé convaincre par Zlatan Ibrahimovic, son dirigeant, d'aller raconter les faits survenus. Le lendemain, il exhortait les autorités du football italien et la justice à prendre leurs responsabilités : "Si vous ne faites rien, vous serez également complices", avait-il écrit sur ses réseaux sociaux.

Une banderole contre Maignan

L'Udinese, initialement punie d'un match à huis clos, avait vu sa sanction allégée en appel. Elle se voyait finalement contrainte de disputer deux matches à domicile avec l'une des tribunes de son stade, la Curva Nord. Rapidement identifié, cinq des auteurs de ces injures racistes ont alors été bannis à vie par l'Udinese de son stade. Le club avait justifié son appel contre la sanction initiale d'un match à huis clos par sa volonté de "protéger (sa) réputation de club, qui est historiquement multiethnique, et les efforts que nous avons faits pour poursuivre les auteurs de ces actes". Même la politique s'en était mêlée.
Le maire d'Udine, que nous avions interrogé, avait proposé d'attribuer le titre de citoyen d'honneur de la ville à Mike Maignan. "Je lui ai transmis un message personnel via le club de l'AC Milan. Nous avons proposé de lui donner le titre de citoyen d'honneur de la ville en tant qu'exemple de courage et de contraste contre le racisme. Aujourd'hui (mardi, ndlr), cette proposition a été délibérée à l'unanimité avec mes assesseurs. Elle sera soumise au conseil municipal. Maintenant, nous voulons éradiquer ces personnes des stades. J'apporte tout mon soutien à l'Udinese, qui a pris ses distances envers ces individus et qui continue de collaborer avec la police", nous confiait à l'époque Alberto Felice De Toni.
Finalement, le conseil municipal d'Udine avait renoncé par vote à la majorité qualifiée à attribuer ce titre de citoyen d'honneur de la ville au gardien français. Plus d'un an après ce triste épisode, personne n'a oublié. Ni Mike Maignan, qui s'apprête à retrouver ce stade vendredi soir en ouverture de la 32e journée de Serie A. Ni la fameuse Curva Nord, qui n'a visiblement pas apprécié l'attitude du Milanais ce soir-là. Cette semaine, une banderole contre le portier tricolore a même été aperçue aux alentours du Bluenergy Stadium. Il y était inscrit : "Maignan homme de m*****". Avant d'être retirée peu après.
Mike n'est pas inquiet
"Le Frioul, Udine et la Curva Nord ne sont pas racistes, a ainsi répété la Curva Nord dans un communiqué diffusé cette semaine. On le démontrera. Notre désaccord avec Maignan (le peuple du Frioul n'oublie pas) doit être fait de manière civile sans tomber dans des attitudes discriminatoires. Allons outre les échos médiatiques plus ou moins pilotés, faites-nous entendre avec une correction qui nous a toujours été reconnue." En bref : Maignan devrait être accueilli sous les sifflets vendredi. Sa faute ? Selon les ultras de l'Udinese, le Français a englobé toute la "Curva Nord" dans ses accusations. Alors qu'il ne s'agirait, selon eux, que de cas isolés.
"Je tiens à souligner que notre ville est une terre d'accueil depuis toujours, 14% de nos résidents ne sont pas italiens. Il y a par exemple des personnes d'origines roumaines, ukrainiennes, ghanéennes... Les écoles ont un taux de 20% d'élèves avec des origines étrangères. Udine est une ville solidaire et synonyme d'inclusion. Elle fut un temps symbole d'émigration puis, depuis quelques années, d'immigration. Cet épisode a fortement blessé toute la ville", nous racontait dans ce sens le maire d'Udine.
Questionné jeudi en conférence de presse sur l'état d'esprit de son gardien, Sergio Conceiçao ne s'est pas montré inquiet. "Il doit se concentrer sur le match, a prévenu le technicien milanais. Nous ne sommes pas inquiets, Mike non plus. Si des choses doivent de nouveau se passer, les autorités compétentes sauront les résoudre." Il s'agirait de ne pas encore en arriver là.
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Mike Maignan quittant la pelouse lors de Milan-Udinese après avoir été victimes d'insultes racistes et de cris de singe

Crédit: Getty Images


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