"Anarchique", "superficiel" : Nuno Tavares, l'erreur de trop

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L'histoire avait pourtant si bien commencé... Débarqué à l'été 2024 du côté de la Lazio Rome, Nuno Tavares s'était parfaitement intégré au sein de sa nouvelle équipe, au point d'en devenir très rapidement l'un des titulaires. Puis, comme trop souvent dans sa carrière, l'international portugais a baissé en régime. Jusqu'à l'erreur commise dans le derby dimanche dernier. Un sacrilège à Rome.

Nuno Tavares (Lazio Rome)

Crédit: Getty Images

Il y a des choses avec lesquelles on ne plaisante pas à Rome. Pêle-mêle : le pape, la carbonara, le football... et surtout les derbies. Deux fois dans la saison de Serie A, c'est toute une ville qui s'arrête pour suivre le match entre l'AS Rome et la Lazio. Si celui de Milan, par exemple, se déroule de manière pacifique depuis maintenant quatre bonnes décennies entre les tifosi, c'est loin d'être le cas dans la ville éternelle. Là-bas, la haine demeure viscérale entre Romanisti et Laziali, se transformant malheureusement souvent en violence et heurts entre les deux camps, contraignant les autorités à prôner un horaire en journée pour cette rencontre (12h30 dimanche dernier). De leur côté, les 22 protagonistes le savent : ils peuvent tout gagner ou tout perdre sur ce match.
Certains peuvent devenir des héros à vie pour avoir marqué dans le derby, comme un certain Mapou Yanga-Mbiwa, buteur décisif il y a dix ans et entré tout droit dans l'histoire de la Roma. Qu'importe si son aventure n'aura pas vraiment été à la hauteur des attentes. Un coup de tête dans le derby et tout est oublié. Mais certains peuvent aussi devenir des zéros en cas de bévue ou erreur grossière. Un club rejoint par l'ancien Marseillais Nuno Tavares le week-end dernier. Alors que les deux équipes se tenaient tête dans un match totalement fermé, l'international portugais a eu la mauvaise idée de vouloir dribbler aux abords de sa surface. Résultat : un geste raté, un ballon perdu... et un but de la Roma dans la foulée signée du revenant Lorenzo Pellegrini. Le score ne bougera plus (1-0) et Tavares, sorti à la mi-temps par son entraîneur Maurizio Sarri, deviendra la cible de toutes les critiques.
Superficiel
"Nous avons perdu pour une erreur technique et superficielle qui n'est pas acceptable", regrettait le technicien dans la foulée de la rencontre. Dans le vestiaire de la Lazio, les murs ont également tremblé à la pause du derby. Selon les médias italiens, plusieurs des coéquipiers de Tavares n'ont pas hésité à lui reprocher directement sa boulette, le capitaine Mattia Zaccagni en tête. Chose que ce dernier avait déjà fait sur le terrain, comme montré par les caméras de DAZN. S'il s'est murmuré que l'ancien joueur d'Arsenal avait quitté l'Olimpico bien avant la fin du match, ses dirigeants ont démenti cette version, assurant qu'il n'y a aucune amende prévue pour le latéral.
"C'est le procès de l'anarchique Nuno Tavares qui est en cours à la Lazio", prévenait le quotidien romain Il Messaggero mardi. "Le club le défend, mais Sarri, Zaccagni et les tifosi s'en prennent à lui après son erreur dans le derby", ajoutait le média, évoquant de nombreuses insultes à son encontre sur les réseaux sociaux. Du côté de La Gazzetta dello Sport, on affirmait que le Portugais pourrait perdre sa place de titulaire dès lundi prochain sur la pelouse du Genoa. Tout ça à cause d'une simple erreur dans le derby ? Pas vraiment. Au sein du club romain, qui a levé son option d'achat l'été dernier (pour environ 5 millions d'euros selon les sources, avec Arsenal qui aurait 40% sur une future revente) après une première saison en prêt, on s'inquiète depuis quelques mois de la baisse de régime de l'intéressé.

Huit passes décisives en trois mois, puis...

Il faut dire que Tavares avait démarré son aventure à Rome comme une fusée. En trois mois, il avait délivré huit passes décisives, devenant pour beaucoup l'un des meilleurs latéraux gauches du Championnat. "C'est la meilleure opération qualité/prix pour un club de Serie A l'été dernier. La Lazio a fait l'affaire de l'année", écrivait à l'époque La Gazzetta dello Sport. "Nous sommes parvenus à battre une grosse concurrence, se félicitait quant à lui le président romain Claudio Lotito en octobre 2024. Faire une plus-value ? Même pour 70 millions d'euros, je ne le vendrai pas." Légèrement exagéré, mais vous avez l'idée. Tout le monde était bluffé par le nouveau venu, capable d'effacer ses adversaires les uns derrière les autres comme de vulgaires plots, grâce à sa vitesse impressionnante et sa puissance détonante.
Puis tout a commencé à se dégonfler, match après match, blessure après blessure. Au compteur, plus une seule passe décisive depuis le 31 octobre 2024. Sur les onze derniers matches de Serie A disputés par la Lazio la saison passée, huit manqués pour divers arrêts à l'infirmerie. La fusée a sérieusement perdu de l'altitude. Comme toute son équipe, d'ailleurs, elle qui compte déjà trois défaites en quatre journées de championnat cette saison.
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Devyne Rensch et Nuno Tavares durant Lazio-Roma - Serie A 2025-26

Crédit: Getty Images

Né à Lisbonne et formé à Benfica, où il aura passé deux saisons chez les pros, Tavares n'est donc pas le seul problème d'un club malade à tous les étages (une interdiction de recrutement a notamment été infligée cet été), il semble, une nouvelle fois, être en proie à ses vieux démons. Ceux qui ont toujours fini par prendre le dessus, se traduisant en sautes de concentration, inconstance, manque d'attention...
Il a perdu la tête
Son caractère et son attitude, qui ont parfois pu poser problème dans ses anciens clubs, sont également un sujet à la Lazio. Et tout a donc explosé dans le derby après une erreur qui va entacher inévitablement son histoire romaine. "Il travaille des choses sur le terrain à fond car il estime certainement qu'elles sont importantes, expliquait Sarri cet été au moment d'aborder le sujet Tavares. Il le fait avec une grande vitesse. Il fait d'autres choses moins vite, car il estime qu'elles sont moins importantes. S'il accélérait de la même façon dans les deux phases, il deviendrait un défenseur de très haut niveau."
Durant son passage à l'OM, l'international portugais a également connu des moments compliqués après des débuts prometteurs. En janvier 2023, il avait été exclu lors de la victoire de son équipe face à Montpellier (1-2) pour avoir donné un coup de pied à Arnaud Souquet en fin de rencontre. "Il a perdu la tête, pestait son entraîneur d'alors Igor Tudor. Il va prendre une belle amende. Ça peut arriver mais ça va nous pénaliser pour la suite. On a de la chance que la fin de match se soit bien passée."
Plus tard dans la saison, le coach marseillais regrettera le manque d'implication du latéral, au point de ne pas le prendre dans son groupe lors d'un match contre Lille. "Chacun décide, l'entraineur peut aider mais seul le joueur peut savoir où il veut y arriver. Il y a le talent, bien sûr, mais il y a une quinzaine de choses qui peuvent entrer là-dedans", se justifiera Tudor. Du côté de la Lazio, on assure vouloir encore croire en un joueur qui a signé un contrat jusqu'en 2029. Reste à savoir jusqu'à quand...




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