Serie A I Juventus - Napoli I Romelu Lukaku, retour du roi ou fin de règne ?

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Blessé depuis le début de saison, Romelu Lukaku s'apprête à faire son grand retour avec le Napoli, qui se déplace sur la pelouse de la Juventus Turin (18h) ce dimanche pour l'un des chocs de cette 22e journée de Serie A. Décisif dans la course au titre la saison dernière, l'attaquant belge n'est toutefois pas assuré de retrouver sa place de titulaire avec l'éclosion de Rasmus Højlund.

Romelu Lukaku sur le banc lors de la demi-finale de la Supercoupe d'Italie entre le Napoli et l'AC Milan, le 18 décembre 2025

Crédit: Getty Images

"On se revoit bientôt !" Plus qu’un espoir, cette petite phrase lancée par Romelu Lukaku aux journalistes début décembre, lors de son arrivée sur les terrains d’entraînement du Napoli à Castel Volturno, ressemblait à une prise de rendez-vous. Le seul problème, c’est que la date exacte n’était pas mentionnée. Alors, les suiveurs du club champion d’Italie continuent d’attendre, encore et encore… Ils y ont cru mardi, lorsque l’attaquant belge s’est échauffé pendant une bonne trentaine de minutes dans la fraîcheur de Copenhague, pendant que ses coéquipiers continuaient, eux, de s’embourber dans le piège d’une équipe pourtant réduite à dix depuis la 35e minute. Finalement, "Big Rom" n’est pas entré en jeu et le Napoli a encore freiné (1-1), compromettant sérieusement la suite de son parcours en Ligue des champions.
Victime d’une lésion du muscle droit fémoral de la cuisse gauche le 14 août, qui l’avait foudroyé en plein match amical, Lukaku continue donc de ronger son frein sur le banc napolitain. Mais celui qui fêtera ses 33 ans cette année est conscient que son come-back doit se faire progressivement, et surtout sans le moindre risque. Car son physique et sa puissance représentent bien 80 à 90 % de son jeu. Le staff médical d’Antonio Conte prône donc la patience pour un joueur dont l’imposant gabarit a longtemps fait mal aux défenses italiennes.

Sa place de titulaire est prise...

"Nous devons être intelligents et avoir la patience d’attendre le bon moment. Le fait qu’il soit de retour avec le groupe est positif, car c’est un joueur très important pour nous. Il faudra être patient et effectuer les tests physiques pour savoir quand il pourra rejouer sans le moindre risque de rechute", prévenait le technicien il y a quelques semaines, alors que son poulain décidait de faire le déplacement en Arabie saoudite pour la Supercoupe d’Italie. Les Napolitains n’auront même pas eu besoin de lui pour la remporter. Mais pour conserver le titre acquis la saison passée, c’est une autre histoire…
Relégué à six points de l’Inter Milan au classement, le vainqueur du dernier Scudetto est dans le dur. Entre des résultats en dents de scie (un seul succès lors des quatre dernières journées), une avalanche de blessures (24 au total, pour 660 jours cumulés d’absence) et un entraîneur aux sauts d'humeur imprévisibles malgré un mercato dépensier l'été dernier ("je n'ai pas envie d'accompagner des morts", avait notamment déclaré Conte après une défaite à Bologne en novembre), rien ne lui a été épargné.
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"Pas envie d'accompagner des morts" : Conte, le coup de pression

Video credit: Eurosport

Dans tout ce marasme, inutile de dire que retrouver l'expérience de Lukaku ferait un bien fou au Napoli. Auteur de 14 buts et 10 passes décisives en Serie A la saison dernière, le Belge, recruté à l'été 2024 pour une trentaine de millions d'euros bien évidemment sous l'impulsion de Conte, pourrait grandement servir. Mais est-il toutefois vraiment certain de retrouver sa place de titulaire ?
Au-delà de la prudence logique entourant son retour après une si longue absence, l’ancien attaquant de Chelsea et de l’Inter Milan a assisté, impuissant, à la prise de pouvoir de Rasmus Højlund. Arrivé en prêt avec obligation d’achat fixée à plus de 40 millions d’euros en provenance de Manchester United, l’international danois, en difficulté en début de saison, s’est finalement imposé à la pointe de l’attaque du 3-4-3 de son entraîneur. Solide en pivot, capable d’attaquer la profondeur, buteur létal (9 buts toutes compétitions confondues) : un aperçu de la vaste palette de ses qualités. À 22 ans, Højlund incarne le présent, mais surtout l’avenir de son club.

Quel avenir pour "Big Rom" ?

"Rasmus est là où il voulait être, au centre d’un projet, arme fatale de son équipe. Les tifosi en sont fous", pouvait-on lire dans La Gazzetta dello Sport il y a quelques semaines. Au point d’en avoir presque oublié celui qui porte pourtant le véritable numéro 9… "Højlund est fantastique, il a énormément progressé en l’espace de quatre ou cinq mois, tactiquement comme physiquement (…) Il a de la chance, car il peut marcher dans les pas de Lukaku, qui peut lui transmettre toute son expérience", se réjouissait Conte à propos de cette possible passation de pouvoir. Recruté pour plus de 30 millions d’euros l’été dernier, Lorenzo Lucca, incapable de s’imposer ou de rivaliser, a quant à lui été prié d’aller voir ailleurs, direction Nottingham Forest en Premier League.
Conte pourrait-il envisager un système à deux pointes, avec un duo Lukaku-Højlund ? Cela ne semble pas à l’ordre du jour, même si les nombreuses blessures qui affectent son effectif pourraient faire évoluer les plans. En attendant de savoir s’il disputera quelques minutes ce dimanche lors du choc face à la Juventus Turin (18h), puis trois jours plus tard contre Chelsea (21h) en Ligue des champions, l’attaquant belge a poursuivi sa montée en puissance en inscrivant un but lors d’un match amical en fin d’entraînement jeudi. Il n’est donc pas impossible de l’imaginer intégrer progressivement la rotation offensive entre dimanche et mercredi. Viendront ensuite les prochaines échéances, plus ou moins nombreuses selon une éventuelle qualification pour les barrages de la Ligue des champions.
"Il est très important d’avoir récupéré Romelu. C’est un grand joueur, avec de l’expérience et une forte personnalité, qui va nous être utile dans ce moment particulier", assurait Højlund samedi dernier. "Je ne sais pas combien de minutes il a dans les jambes : une, cinq, sept… Il commence seulement à s’entraîner avec l’équipe à des rythmes plus intenses. Il faut de la patience, je le répète. Il est avec nous, et c’est déjà important. Nous verrons si nous en avons besoin, mais ne pensez pas qu’il dispose d’une grande autonomie", tempérait de son côté Conte.
Sous contrat jusqu’en 2027, et alors que son salaire net avoisinerait les six millions d’euros, Lukaku reste pour l’instant concentré sur cette seconde partie de saison. L’objectif est clair : accumuler du temps de jeu en vue de la prochaine Coupe du monde (11 juin – 19 juillet 2026), qu’il entend bien disputer avec la Belgique. Sans doute sa dernière grande compétition avec les "Diables Rouges". Viendra peut-être ensuite le temps des discussions avec les dirigeants napolitains, avant d’aborder possiblement sa dernière année de contrat. À bientôt 33 ans, il pourrait sérieusement envisager de s’offrir un ultime gros contrat ailleurs.
"L’Arabie saoudite ne me ferait pas peur. Le niveau ne va faire qu’augmenter, bien plus que ce que beaucoup imaginent. De plus en plus de footballeurs voudront y jouer (…) Les infrastructures doivent encore être améliorées, mais les grands clubs européens savent que l’Arabie saoudite arrive", confiait-il dans un entretien accordé à HLN en 2024. Le voir quitter la ville du Vésuve dès l’été prochain est donc loin d’être une utopie, d’autant que Conte pourrait lui aussi décider de partir après avoir longuement hésité en fin de saison dernière. Du côté du club, l’avenir se prépare déjà : le jeune attaquant brésilien Giovane (22 ans), qui évolue à l’Hellas Vérone, est annoncé pour une vingtaine de millions d’euros.


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