Serie A - Ils ont joué contre Kevin De Bruyne, ils ont passé un mauvais moment, ils racontent : "Je savais que ça allait être un dossier compliqué"
Par Timothé Crépin
Mis à jour 06/04/2026 à 09:34 GMT+2
Légende du football belge et de Manchester City, Kevin De Bruyne coule ce qui ressemble aux dernières années de sa carrière à Naples. Et pourtant, même à 34 ans, le Diable Rouge continue de martyriser ses adversaires tous les week-ends. Adrien Tameze et Tiémoué Bakayoko, qui l'ont affronté cette saison ou dans une autre vie, racontent ce que c'est, d'affronter un joueur comme 'KDB'.
Qui pour remplacer Gattuso ? "En Italie, on a beaucoup de respect pour Deschamps…"
Video credit: Eurosport
Parce qu'il faut savoir profiter de Kevin De Bruyne. À bientôt 35 ans - il les aura le 28 juin - l'un, voire le meilleur milieu de terrain d'une époque dispute-t-il ses derniers mois à très haut niveau ? On ne met pas "KDB" à la retraite, loin de là, reste avec nous le plus possible, Kevin, mais entre la fin de la saison avec le Napoli et la Coupe du Monde (la quatrième de sa carrière depuis 2014 ; 13 matchs, 2 buts, 4 passes décisives), on peut se questionner sur ses perspectives. Il sera intéressant de voir ce qu'il décidera en club dans un futur plus ou moins proche, lui qui n'a plus qu'un an de contrat en Italie.
Concernant les Diables Rouges (117 sélections, 36 buts), il a pu s'exprimer lors du dernier rassemblement des ouailles de Rudi Garcia, en lâchant : "Je n’ai pas l’intention d’arrêter après la Coupe du Monde." Il faudra surveiller sa condition physique, lui qui sort d'une longue blessure avec le Napoli (absent de fin octobre jusqu'à début mars et un retour en Serie A face au Torino ; 11 apparitions en championnat cette saison, 4 buts). Un renfort précieux pour Antonio Conte et des Napolitains, dont le choc face à l'AC Milan ce lundi soir sera un tournant dans la quête d'un Scudetto encore accessible, même si l'Inter a un matelas d'avance.
Et le moins que l'on puisse dire, c'est que même un Kevin De Bruyne plus que trentenaire continue d'impressionner. Demandez plutôt à Adrien Tameze. Ancien joueur de l'OGC Nice ou de l'Atalanta, le Lillois de naissance a affronté, et battu, De Bruyne et le Napoli en octobre dernier (1-0). "Je savais que ça allait être un dossier compliqué, sourit-il. Mais on voit directement que c'est un joueur d'un autre niveau. Ne serait-ce que par sa qualité... Je ne sais pas comment l'expliquer, mais c'est un joueur qui a une aura. Quand il touche le ballon, sa façon de se déplacer... On sent et on voit que c'est un grand joueur. Et je n'ai pas vu quelqu'un en fin de carrière. On a eu la chance de gagner. Je jouais défenseur. Il était sur moi. J'avais sorti un gros match, heureusement !"
L’aura d’un De Bruyne
Reste qu'à la manière des plus grands, affronter De Bruyne, ça vous marque. Tiemoue Bakayoko a croisé le Belge avec l'AS Monaco et Chelsea, quand KDB était à Manchester City. "Quand c'était avec Monaco, il pouvait être encore jeune, en train de se chercher, tout en étant déjà très bon, pose l'international français (une sélection). Mais quand j'étais à Chelsea, il était d'un très haut niveau." Aujourd'hui sans club (il avait failli rejoindre le Celtic, en Ecosse, en janvier, avant que le mythique club de Glasgow n'opte pour Alex Oxlade-Chamberlain, l'ancien joueur d'Arsenal et de Liverpool), Bakayoko analyse ce qu'il a vu de De Bruyne : "C'est cette capacité à jouer, à créer le déséquilibre. C'est presque complexe à dire. Ce n'est pas le joueur le plus rapide, pas celui qui m'a le plus impressionné par sa vitesse, sa puissance, son style. Mais, par contre, l'intelligence de jeu... Savoir à quel moment jouer entre les lignes, à quel moment mettre le ballon pour créer le déséquilibre... Il va te mettre K-O par une passe."
Mais alors, quelle attitude adopter pour tenter de le stopper, ou du moins de réduire son influence ? "Il ne faut pas lui laisser le temps, le presser rapidement, pense Tiemoue Bakayoko. C'est la seule manière, sinon, il va te massacrer. Plus tu es collé à lui, moins tu lui laisses le temps d'agir, plus il sera inconfortable. Mais avec le football d'aujourd'hui, qui va plus vite, comme lui réfléchit plus vite..." Tout en se souvenant que l'une des consignes était de ne pas laisser De Bruyne armer en dehors de la surface, où il est forcément redoutable. En Italie depuis quasiment six ans, Adrien Tameze pense qu'un De Bruyne est face à un contexte différent, sur le terrain, de l'autre côté des Alpes : "Le football italien ne lui permet pas de pouvoir exprimer toutes ses qualités, analyse-t-il. Contre nous, par exemple, on était un peu bas, il avait peu d'espaces entre les lignes pour pouvoir s'exprimer. Et à chaque fois qu'il était dans ma zone, avant qu'il ne reçoive la balle, j'étais déjà en train de l'agresser. C'est un championnat compliqué, l'Italie, pour ce genre de joueurs."
Choqué par son professionalisme
Et cette question : le caractère, parfois bien trempé et affirmé, de Kevin De Bruyne a pu faire parler tout au long de son immense carrière. Sur le terrain, était-il là à aboyer ? "On l'entend oui, confirme Tameze. Mais sans être agressif dans sa façon de parler. Il communique toujours, aussi pour donner des conseils à ses coéquipiers et résoudre certaines situations." Un De Bruyne en patron et exemplaire pour Scott McTominay et consorts. Adrien Tameze a même un espion infiltré au Napoli pour s'en rendre encore plus compte : "Vanja Milinković-Savić, le gardien, mon meilleur pote aujourd'hui, joue à Naples. Il était avec moi l'année dernière. Il me disait qu'il était choqué de son professionnalisme. Par sa façon d'être, de s'entraîner au quotidien, sa façon de ne rien lâcher, de courir, de toujours vouloir gagner... Et c'est vrai que j'ai ressenti ça aussi quand on a joué contre eux. Ils étaient un peu en difficulté, mais lui ne lâchait rien, faisait les courses, appelait ses coéquipiers..."
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Kevin De Bruyne avec le Napoli en Serie A
Crédit: Getty Images
Et Tameze de conclure, admiratif : "J'ai souvent mon pote au téléphone. Ils ont Antonio Conte comme coach, avec des entraînements un peu en mode militaire, et, non, De Bruyne n'est pas le mec à se plaindre, il fait toujours tout. C'est toujours le premier à courir... C'est un peu ça qui me surprend d'un joueur de ce niveau-là. Il pourrait se dire : 'J'ai tout gagné, je n'ai pas besoin de le faire.' Et, au final, c'est lui le premier à le réaliser. Ne serait-ce que par la carrière qu'il a, c'est quelqu'un de très humble."
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