C'était un pari fou. Un rêve qui, à l'époque, semblait destiné à le demeurer. Ils n'étaient probablement que deux à y croire vraiment : Silvio Berlusconi d'un côté, Adriano Galliani de l'autre. Le duo, indissociable, et qui a fait la gloire de l'AC Milan pendant presque une trentaine d'années (de 1988 à 2017), s'était fixé l'objectif de monter en Serie A au moment de racheter Monza à la fin 2018, un club qui militait alors en Lega Pro (troisième division). Deux ans et demi plus tard, le club lombard est en passe de réaliser l'impensable. En cas de victoire sur la pelouse de Pérouse, vendredi (20h30), il accédera pour la première fois à l'élite après seulement deux saisons en Serie B, retrouvée en juin 2020 après 19 ans d'absence. Autant dire que rien n'aurait probablement été possible sans la prise de pouvoir du Cavaliere.
A l'époque, Berlusconi s'ennuie. Si ses journées sont toujours aussi remplies, le football lui manque depuis la vente de Milan. L'ancien Premier ministre décide alors de racheter le club de Monza, une ville située à 7,4 kilomètres de sa Villa San Martino d'Arcore. Il se murmure même qu'il apercevrait les lumières du stade depuis l'une des fenêtres. "Quand je l’ai prévenu que le club était en vente, il m’a dit de foncer", racontait Galliani en septembre 2018. Avec Berlusconi, l'affaire est vite réglée. Sa principale holding, Fininvest, finance le rachat pour 2,9 millions d'euros et boucle le deal.
Serie B
Historique : Monza promu en Serie A, Berlusconi y fait son retour
30/05/2022 À 06:35
"Pour toute la ville, ce fut un grand bonheur, nous racontait Filippo Antonelli, le directeur sportif de Monza, en juillet 2020. Après plusieurs années difficiles, il y a eu cette possibilité de faire une équipe de très haut niveau. Et c’est forcément une très belle chose pour ce club et ses tifosi." Habitué des paillettes et des coupes aux grandes oreilles, le duo Berlusconi-Galliani impose rapidement sa patte, en plus de son savoir-faire. La saison suivante, Monza monte avec 16 points d'avance sur ses concurrents. Mais le plus dur commence.

Boateng et Balotelli, le flop

"Notre objectif reste la montée en Serie A", prévient rapidement Adriano Galliani. Pour y parvenir, l'administrateur délégué du club lombard s'active sur le mercato avec un budget bien plus conséquent que les autres clubs de deuxième division. Il dépense ainsi une vingtaine de millions d'euros pour renforcer l'équipe entraînée par Christian Brocchi, ancien milieu de l'AC Milan et véritable poulain de Berlusconi, qui n'avait pas hésité à le propulser sur le banc en avril 2016. Sans grande réussite...
Parmi la trentaine d'arrivées de l'été 2020, une marque les esprits : celle de Kevin-Prince Boateng. Laissé libre par la Fiorentina, le milieu de terrain s'engage pour une saison avec option de prolongation. Autant dire un énorme coup pour la catégorie. Brocchi, lui, se sait dos au mur après cette campagne estivale. Ce sera la montée ou la porte. Il en va ainsi quand le propriétaire s'appelle Silvio Berlusconi. Surtout que l'hiver suivant, un certain Mario Balotelli débarque en grande pompe. "C'est ta dernière chance", lui souffle publiquement Adriano Galliani, l'un des dirigeants qui aura le plus tendu la main à l'international italien.
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Au terme d'une saison en dents de scie, Monza se classe troisième et manque donc l'accès direct à la Serie A. Mais il lui reste une ultime chance avec les play-offs. Sur sa route, une demi-finale aller-retour face à Cittadella, une équipe largement à sa portée. Le premier round ne se passe toutefois pas comme prévu, avec une claque (3-0) qui fait vaciller une première fois Brocchi. Au retour, son équipe s'impose mais pas suffisamment (2-0) pour se qualifier en finale. La sentence tombe quelques jours plus tard avec l'officialisation de son licenciement. Balotelli quitte le club après une demi-saison et 6 buts en 14 matches. Même chose pour Boateng, qui décide de retourner en Bundesliga en rejoignant le Hertha Berlin. Sur le banc, Giovanni Stroppa, ancien joueur de l'AC Milan, est intronisé.
Berlusconi est présent au quotidien
Après un mercato sans grandes folies, cette fois, Monza démarre mal sa saison. Le compteur affiche neuf points en sept journées. Pise, le leader, possède en possède même dix d'avance. Malgré une légère reprise, les tifosi réclament la tête de Stroppa en février dernier après la défaite contre Lecce. En vain. Les dirigeants lui font toujours confiance et lui ne compte pas démissionner. Un choix qui s'avère être le bon. Dans la foulée, les Lombards se ressaisissent et parviennent à remonter au classement, malgré des coups d'arrêt ici et là. En s'imposant face à Benevento (3-0) le week-end dernier, Monza s'est même retrouvé dans une position inespérée à une journée de la fin : deuxième avec le destin entre ses mains. En cas de victoire vendredi à Pérouse, la montée sera officiellement validée. Et le rêve deviendra réalité.
Berlusconi, lui, suit toujours son équipe de près malgré quelques problèmes de santé. Du haut de ses 85 ans, il s'est même rendu au Stadio Brianteo (devenu U-Power Stadium) après deux ans d'absence pour le match contre la SPAL, avant de remettre ça face à Pise (1-2), en février dernier. A ses côtés, Marta Fascina, sa compagne de cinquante-trois ans plus jeune que lui, qui s'est même laissée aller à un baiser après l'ouverture du score de Mattia Valoti, pour le plus grand bonheur des médias transalpins.
"Il ne faut pas croire que Berlusconi est simplement là pour mettre l'argent, nous confie-t-on au sein du club de Brianza. Sa présence est quotidienne, avec des appels, des visios et même des discours dans le vestiaire quand il le peut. Quand il ne peut pas, Galliani se charge de faire passer le message. Adriano sait parfaitement comment gagner, et il est omniprésent pour un club qu'il connaît comme sa poche."
En effet, l'infatigable dirigeant, né à Monza, avait déjà occupé le rôle de vice-président dans la première moitié des années 80. Avant de démarrer son histoire avec l'AC Milan en mars 1986, dont il est toujours l'un des plus fidèles tifosi, au point de se rendre à San Siro à chaque rencontre. Et si les deux venaient à s'affronter en Serie A la saison prochaine ? "Je rêve de ce match, a-t-il avoué à la mi-mars. Le cœur sera divisé en deux, mais ce serait merveilleux. Puis que le meilleur gagne..."
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