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Thuram : "Il était temps"

Thuram : "Il était temps"
Par AFP

Le 02/08/2008 à 08:45Mis à jour

Malgré des examens rassurants, Lilian Thuram a mis fin à sa carrière. Une décision qu'il explique par les craintes de ses proches. A 36 ans, le champion du monde 98 se tourne désormais vers ses nouvelles activités, sans doute au sein de la FFF.

LILIAN THURAM, quels sont les résultats médicaux concernant votre coeur ?

L.T. : J'ai le coeur assez développé, il y a un risque, mais je n'ai pas la maladie génétique de ma mère. Mais il était difficile pour moi de continuer le football, même si j'aurais voulu signer au Paris SG. Ma famille souhaitait que j'arrête de jouer, ça n'aurait pas été très intelligent de ma part de faire subir une peur aux personnes qui me sont chères. Je ne m'attendais pas à finir ma carrière comme ça. J'avais pensé, en revenant en France, faire de longues années et devenir le Maldini du PSG (rires). Si je continuais, peut-être que j'aurais eu une crainte dans mes efforts, et je n'aurais pas eu le rendement escompté.

Il n'y avait donc pas de contre-indication médicale pour jouer ?

L.T. : J'ai fait les tests génétiques, je n'ai pas la maladie (de ma mère), reste que le coeur est assez épais. Il faudrait des examens complémentaires, mais je les ferai plus tard.

Envisagez-vous une reconversion ?

L.T. : C'est très tôt pour en parler, je n'avais pas prévu d'arrêter ma carrière.

Vous avez eu peur ?

L.T. : C'est assez grave quand on vous apprend que vous êtes peut-être malade, vous essayez de prendre du recul, d'être serein, mais ça reste dans la tête. J'ai eu des discussions avec ma maman, j'ai compris qu'il était temps que j'arrête. Pour les personnes très proches, c'était le moment.

Quel regard portez-vous sur votre carrière ?

L.T. : J'espère que, dans tous les clubs où je suis passé, j'ai laissé une image de quelqu'un d'honnête, qui a toujours donné le maximum pour son équipe. Mes meilleurs souvenirs, c'est la Coupe du monde 1998 bien sûr, les années de Monaco où j'ai commencé ma carrière, puis les années à Parme, où je suis devenu un vrai joueur de foot. J'ai eu des personnes qui m'ont permis de progresser, et d'avoir une réflexion sur le jeu. C'est des rencontres, des choses qu'on partage. Lors du dernier Euro, j'ai tenu à remercier les joueurs, parce que souvent on oublie les joueurs avec lesquels on a travaillé. Je remercie aussi les supporters, ceux qui ont donné beaucoup d'amour: c'est toujours ça qui m'a fait avancer.

On parle de vous pour intégrer le Conseil fédéral...

L.T. : On en avait discuté il y a quelque temps avec le président (de la Fédération, Jean-Pierre Escalettes), il m'avait dit qu'il aimerait que je le rejoigne. Mais il faut une élection, ce n'est pas seulement le président qui décide. Si c'est accepté, ce serait avec grande joie.

Avez-vous des projets dans la sphère politique ou citoyenne ?

L.T. : J'ai créé en Espagne une fondation, Education contre le racisme, j'espère aller dans ce sens en France, mais là je suis pris de court, il me faut du temps. Pour la politique, on peut en faire sans rentrer dans un parti, et chacun de nous fait de la politique puisque chacun fait partie de la société.

Allez-vous rester à Paris ?

L.T. : Oui, je suis de la région parisienne. On voyage, mais on aime bien rentrer à la maison.

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