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L'été des invendables

L'été des invendables

Le 04/09/2019 à 09:01Mis à jour Le 04/09/2019 à 15:41

TRANSFERTS – Cet été, Neymar et Paul Pogba rêvaient d’ailleurs. Gareth Bale, lui, ne rêvait de rien mais Zinédine Zidane avait très envie de le voir déguerpir de Madrid. A l’arrivée, les trois hommes ont rempilé. Parce que leur valeur présumée, héritée de leur prix d’achat, n’est plus en adéquation avec le marché. C’est une première dans l’histoire du mercato. Ils sont devenus trop chers.

Ça y est, c'est terminé. Vraiment terminé. Pas de dernier baroud ni de réunion ou d'offre de la dernière chance : le mercato est clos. Officiellement. Pour Neymar, il était même fini depuis samedi. A un peu plus de quarante-huit heures du gong, le Brésilien avait rendu les armes. La mort dans l'âme, il s'était résigné à rester au Paris Saint-Germain au moins une saison supplémentaire, conscient que son entourage, Paris et Barcelone avaient épuisé tous les recours pouvant mener à son exfiltration désirée. On vous laisse arguer sur le fait que le PSG a tout fait pour le vendre ou que le Barça avait vraiment envie de le voir revenir en Catalogne, il n'en reste pas moins que le Brésilien est toujours parisien. Et cela n'a rien d'anodin.

Dans son malheur, tout relatif, Neymar peut se consoler en se disant qu'il n'est pas la seule star à avoir fait chou blanc cet été. S'il le croise dans les mois qui viennent, le Brésilien pourra en discuter avec Paul Pogba qui, lui aussi, avait des envies d'ailleurs. A la différence de Neymar, le champion du monde français y est allé franc jeu et n'a jamais laissé les autres parler pour lui. Dès la mi-juin, il avait annoncé la couleur : "Je pense que ça pourrait être un bon moment pour relever un nouveau défi ailleurs. Je pense à cela : avoir un nouveau défi ailleurs." C'était très clair et sans aucune ambiguïté. A l'arrivée, Pogba est resté parce que Manchester United n'était pas vendeur. Du moins, pas à n'importe quel prix… Zinédine Zidane le voulait très fort, pourtant. Mais l'entraineur du Real Madrid n'a pas eu gain de cause. Pas plus qu'il n'a eu le dernier mot dans le dossier Gareth Bale. A l'arrivée, ce sera peut-être un mal pour un bien. Mais le Français avait très envie de jeter le Gallois à la baille.

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Valeur repoussoir

Au-delà de leurs déboires estivaux, Neymar, Paul Pogba et Gareth Bale partagent un autre point commun qui, un temps, fit leur force : tous trois ont été, à leur tour, affublés du titre honorifique de "joueur le plus cher du monde". Gareth Bale l'était devenu en 2013 quand le Real Madrid avait déboursé quelques 101 millions d'euros pour l'attirer dans ses filets. Paul Pogba l'avait effacé des tablettes en 2016, quand Manchester United l'avait acheté à la Juventus Turin pour quelques 120 millions. Le record avait tenu un an. Le temps que le PSG sorte la planche à billets et fasse tout exploser avec ses 222 millions pour Neymar.

Deux ans après, le marché a évolué. Et leur valeur, présumée puisqu’héritée d'une époque révolue, est devenue un repoussoir. Personne n'était prêt à mettre 300 millions sur Neymar, ce que le PSG souhaitait en début d'été. Personne n'en avait les moyens, surtout. Pour Pogba, la porte se serait ouverte à 150 millions. Florentino Perez n'a pas eu envie de casser sa tirelire pour le Français. Quid de Gareth Bale ? Il n'y avait plus que la Chine pour offrir au Gallois un salaire supérieur à celui, pourtant conséquent, qu'il touche aujourd'hui au Real.

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Des records sans méga-deals

Si le marché n'a pas d'oursins dans les poches et bat des records de dépenses été après été, force est de constater qu'il est devenu plus prudent en termes de méga-deals. Il est moins question qu’hier de mettre ses œufs dans le même panier. Cet été, il n'y a d’ailleurs eu que trois transferts dépassant les 100 millions d'euros, dont deux qui, intimement liés, n'auraient pas existé l'un sans l'autre. En effet, l'Atlético Madrid n'aurait pas dépensé 126 millions pour Joao Felix si le Barça n'avait pas fait sauter la clause de Antoine Griezmann, à 120 millions.

L'UEFA et les fourches caudines du Fair Play Financier n'y sont pas pour rien. La réussite d'un club comme Liverpool, qui a redonné ses lettres d’or aux valeurs collectives en dépénsant plus pour sa défense que son attaque, est peut-être une inspiration inconsciente également. On a le droit de rêver… Quoi qu’il en soit, le résultat est le même : Neymar, Pogba et Bale font partie d'une caste que le football n'avait jamais connue : trop chers, ils sont devenus invendables.

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