Transferts - Dégraisser sans s'affaiblir : la tâche complexe du mercato hivernal de l'Olympique Lyonnais
Mis à jour 27/12/2024 à 14:53 GMT+1
Au sortir d'une première partie de saison satisfaisante sur le plan sportif, mais toujours plus inquiétante sur le plan économique, l'Olympique Lyonnais aborde un mercato d'hiver primordial sur les deux plans, avec l'obligation de dégraisser. Même si les dirigeants rhodaniens refusent pour autant - officiellement en tout cas - de s'affaiblir et de le payer dans la suite de la saison.
Le sauveur de l'OL : "Sage, c'est la stabilité et la rationalité dans un contexte brûlant"
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Un an après un mercato d'hiver qui avait tout changé à l'histoire de l'Olympique Lyonnais sous John Textor, voici le club présidé par l'Américain de nouveau face à un tournant majeur.
Si celui de la saison passée avait été une franche réussite, permettant à l'OL de se sortir des affres de la relégation et même d'accéder aux places européennes après une remontée phénoménale et historique, ce mercato d'hiver 2024-2025 s'annonce encore plus important… mais aussi plus complexe.
Un mercato dicté par la DNCG
Toute la difficulté sera de gérer une fenêtre hivernale lors de laquelle l'OL n'aura, une nouvelle fois, pas les coudées franches. La décision de la Direction nationale de contrôle et de gestion (DNCG) en novembre est un élément que John Textor et le bord lyonnais devront obligatoirement prendre en compte. Sanctionné d'une interdiction de recrutement et d'un encadrement de la masse salariale cet hiver, l'OL est surtout rétrogradé à titre conservatoire, c'est-à dire qu'il descendra en Ligue 2 en fin de saison à moins que sa situation financière ne s'améliore pas.
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"La DNCG a dit à l'OL : 'Arrêtez de nous balader'"
Video credit: Eurosport
Même si le président américain n'a cessé de promettre que le club ne risquait rien - "Nous ne serons pas relégués, il n'y a aucune chance", disait-il dans L’Équipe – son mercato en sera fortement affecté, à commencer donc dans le sens des arrivées, qui seront théoriquement impossibles après la décision de la DNCG. L'arrivée de l'Argentin Thiago Almada en provenance de Botafogo, prévue depuis cet été, sera-t-elle validée par les instances françaises ?
Almada, viendra ou viendra pas ?
John Textor assure qu'il n'y aura aucun problème pour que l'Argentin rejoigne l'OL en prêt cet hiver et ce dernier ne cesse de clamer son arrivée prochaine, mais elle n'est pas actée pour autant. L'OL pourra-t-il enregistrer de nouveaux joueurs, même en prêt, même en provenance d'un club d'Eagle Group ? Rien n'est certain. Dans ces conditions, la perspective de renflouer les caisses dès cet hiver passe obligatoirement par un affaiblissement de l'effectif, que les dirigeants ne veulent pas. En tout cas officiellement.
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Thiago Almada esulta per la vittoria della finale Atletico Mineiro-Botafogo - Copa Libertadores 2024
Crédit: Getty Images
L'objectif annoncé - accrocher une place en Ligue des champions et aller loin en Coupe de France et en Ligue Europa - nécessite une stabilité et un effectif assez fourni radicalement opposés aux besoins financiers. Même si certaines pièces de l'effectif devront obligatoirement quitter le Rhône, une possibilité qui va dans le sens voulu par Pierre Sage. "On a 24 joueurs de champ disponibles et quatre gardiens, rappelait mi-décembre l'entraîneur de l'OL. On peut en aligner 19 sur une feuille de match de Ligue 1 donc, tous les week-ends, on a cinq choix à faire sur les joueurs de champ". Et certains sont plus sur le départ que d'autres.
Combler le raté de l'été
Que ce soit parce qu'ils sont poussés vers la sortie et ont disparu de la rotation ou qu'ils ont d'ores et déjà des touches à l'étranger, Anthony Lopes, Paul Akouokou, Gift Orban, Wilfried Zaha, Maxence Caqueret, Ernest Nuamah et, à un degré moindre, Saïd Benrahma, sont les départs souhaités cet hiver par l'Olympique Lyonnais, tandis que Mahamadou Diawara et Saël Kumbedi pourraient être prêtés pour engranger du temps de jeu. Une tâche tout sauf facile. À l'exception de Benrahma, tous étaient déjà sur le départ cet été, en prêt ou sous forme de transfert, et personne ne s'est pressé au portillon pour aider les finances de l'OL.
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David Friio.
Crédit: Getty Images
Un raté qui a d'ailleurs plus ou moins coûté sa place à l'ex-directeur sportif, David Friio. Le mercato d'hiver est encore plus rarement propice à ce genre de dégraissage et il serait surprenant que si ce n'est que la moitié des joueurs ci-dessus ne soit plus lyonnais en février. D'autant que s'ils économiseraient pas mal de salaire (Lopes et Caqueret notamment), les transferts ne rapporteraient pas beaucoup. Ce sont donc surtout les joueurs majeurs de l'OL de Pierre Sage qui pourraient rapporter gros cet hiver. Et notamment Rayan Cherki. Parmi les meilleurs joueurs lyonnais de la première partie de saison, le meneur de jeu est sans doute le titulaire le plus "proche" d'un départ, lui dont le transfert dans six mois était presque déjà acté depuis sa prolongation l'été passé.
Cherki, Symbole d'un choix sportif ou financier
Ses quatre derniers mois étincelants, à un niveau qu'il n'avait encore jamais atteint, mais que tout le monde attendait, doivent faire enrager les clubs qui ont hésité cet été, mais qui devraient ne plus se poser de questions cet hiver. Il est la plus grosse valeur marchande du club (30M sur Transfermarkt), le joueur le plus suivi à l'étranger et il sera difficile pour l'OL de le retenir en cas de grosse offre vu la situation financière du club. Même si lui préférerait rester jusqu'à la fin de la saison, tout comme l'autre valeur marchande majeure, Malick Fofana, qui a déclaré vouloir rester encore longtemps à l'OL.
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Cherki à Paris cet hiver : "Ça n'aurait aucun sens ni pour lui ni pour le PSG"
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Georges Mikautadze intéresse aussi, à l'image de Galatasaray, qui aurait proposé 17millions plus des bonus, offre refusée par l'OL. Voir partir le Géorgien, six mois après son arrivée pour prendre la relève d'Alexandre Lacazette, alors qu'il est en pleine bourre, paraît inenvisageable. Le danger pour les titulaires se situe également au niveau des leaders du groupe, Alexandre Lacazette, Corentin Tolisso et surtout Nemanja Matic, suivi par Naples, dont l'OL pourrait se séparer pour économiser des salaires. Un choix privilégié par les dirigeants, qui pensent rester compétitifs même en se séparant cet hiver de Lacazette, Tolisso et Cherki.
On peut en douter tant ces départs laisseraient un immense vide dans une équipe lyonnaise qui ne peut pas vraiment se permettre sur le plan sportif de perdre son capitaine, son meilleur joueur et son joueur le plus décisif. L'OL semble condamné à un jeu de chaises musicales risqué et pourrait devoir faire un choix qui n'en est pas vraiment un : jouer la Ligue des champions en étant relégué, ou maintenir le club pour repartir sur des bases plus saines. Quitte à mettre en danger une saison qui se voulait jusqu'ici prometteuse.
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