Djorkaeff, Gattuso, Del Piero... À Sanremo, le festival des dynasties

Eurosport sur Google

C'est une histoire de famille(s). Tobias Del Piero, fils de l'ancien capitaine de la Juventus Turin, s'est récemment engagé avec la Sanremese, qui évolue actuellement en Serie D (4e division). Il suit ainsi les traces d'un certain Oan Djorkaeff, fils de l'ancien international français Youri, et Francesco Gattuso, fils d'un cousin de Gennaro, le nouveau sélectionneur de l'Italie.

Oan Djorkaeff évolue désormais à Sanremo

Crédit: Getty Images

Réputée pour accueillir le célèbre festival de la musique italienne depuis 1951, avec des pics d'audience parfois hallucinants pour la Rai, dont c’est l’émission la plus regardée chaque année, la ville de Sanremo pourrait bientôt faire parler d'elle non plus uniquement pour des raisons musicales, mais bien sportives. Si son équipe évolue actuellement dans le Groupe A de la quatrième division italienne, certains noms figurant dans son effectif risquent de vous rappeler bien des souvenirs. Et vous donner un petit coup de vieux, aussi, comme à nous.
Au rayon des gardiens, par exemple, on fait notamment connaissance avec un certain Francesco Gattuso. Oui, comme l'ancien milieu de terrain de l'AC Milan, champion du monde 2006 avec l'Italie et récemment nommé sélectionneur de la Nazionale en remplacement de Luciano Spalletti. Après quelques recherches, il s'avère que le jeune portier de 20 ans, passé notamment par les clubs de Victor San Marino, Casarano et Fasano en Serie D, est en réalité le fils de l'un des cousins de "Rino". Suivra-t-il ses traces ? Lui l'espère, bien que le poste diffère. Au rayon des "familles de", on demande maintenant le fils d'un autre ancien international italien, également sacré en 2006 à Berlin face à l'équipe de France : Alessandro Del Piero.

Sous le signe des champions du monde

Après des semaines de rumeurs et démentis ici et là ces quinze derniers jours, Tobias Del Piero a lui aussi rejoint la Sanremese. Tout comme son père, capitaine légendaire de la Juventus Turin et désormais consultant dans le groupe Sky Italia, le jeune joueur de 17 ans fait ses gammes en attaque, oscillant entre le poste de numéro 10 et celui d'attaquant. Après un passage en Espagne (Getafe, Alcorcon), puis du côté des équipes jeunes du club d'Empoli, il espère maintenant passer un cap en quatrième division et montrer toute l'étendue de son talent au sein d'une équipe en quête de rachat après une saison en demi-teinte. De multiples projets sont d'ailleurs en cours côté coulisses, avec notamment un changement "drastique" du stade communal, qui peut accueillir actuellement 2500 personnes.
En tout cas, c'est l'objectif du président Alessandro Masu, très actif sur le mercato et certainement attiré par certains noms ronflants. "Pour Tobias, j'ai eu plusieurs discussions avec son père, nous confirme ce dernier, joint par téléphone vendredi. Lui aussi voulait comprendre dans quel club allait démarrer son fils chez "les grands". Il a été très satisfait. La famille Del Piero a choisi la Sanremese parmi 164 clubs de quatrième division et 60 de troisième division. C'est un grand motif de fierté. Alessandro Del Piero aurait pu envoyer jouer son fils partout, en Serie C, en Serie B... Mais il a choisi de le faire évoluer doucement, à travers un parcours cohérent en démarrant de l'échelon semi-professionnel. Voilà ce qui fait la différence entre Alessandro Del Piero et les autres. Tobias est le fils d'un grand champion, sur comme en dehors du terrain."
Pas choisi ces trois joueurs en fonction du nom de famille
Si cette stratégie peut étonner ou questionner, elle peut certainement servir à donner un certain élan à tout un mouvement, tout comme susciter une certaine curiosité et attirer l'intention des médias. La preuve. "Mais cela doit profiter non seulement au club, mais aussi à toute la ville. Quand les joueurs m'ont été proposés, nous avons pris une grande responsabilité en les recrutant, car cela pourrait avoir un effet boomerang. Si cela ne devait pas fonctionner, ce serait un fiasco pour tout le monde...", avoue le patron de la Sanremese, qui ne s'est toutefois pas arrêté en si bon chemin. Car après la famille Gattuso et Del Piero, nous demandons désormais celle, cette fois, d'un champion du monde français. Pas 2018, mais 1998. Ses initiales ? YD. Ses clubs ? Monaco, le PSG, l'Inter Milan... Son surnom ? Le "snake". Vous l'avez, et sans tricher ? Levons le voile, allez. On parle évidemment de Youri Djorkaeff.
Toute cette vague de noms connus a d'ailleurs débuté avec l’arrivée d'Oan Djorkaeff, attaquant de 28 ans à la carrière beaucoup plus avancée que ses deux compères. "Mais je ne veux pas qu'on résume la Sanremese uniquement à ces trois noms, nous indique le président. Nous avons un groupe avec beaucoup de joueurs, certains sont ici depuis plusieurs années. Le directeur sportif n'a pas choisi ces joueurs pour leur nom de famille, mais plutôt pour les grandes qualités qu'ils ont. Il est certain que ce sont des noms très forts, mais ces joueurs devront faire leurs preuves, comme les autres, sur le terrain. Même deux fois plus, car porter un nom "lourd" peut être aussi un fardeau. Il y aura certainement des critiques et des sceptiques, mais ce sera à eux de les faire taire."
En France, Oan Djorkaeff, natif de Milan, deuxième de la fratrie, a débuté au centre de formation de l'AS Saint-Étienne, avant de rejoindre Évian Thonon, Montpellier et Nantes. À chaque fois dans les équipes jeunes ou réserve. Ensuite, des expériences diverses et variées ici et là : St Mirren en Écosse, le SC Kriens et le FC Rapperswil-Jona en Suisse, sans oublier une étape au FC Paradiso. Avant d'atterrir, enfin, à la Sanremese.

Et ce n'est pas fini...

"Né à Milan le 30 avril 1997, Oan Djorkaeff, qui possède la double nationalité française et arménienne, est le fils de Youri, qui a joué en Italie entre 1996 et 1999 à l'Inter Milan. Il touche ses premiers ballons entre la France et les États-Unis, puis passe par l'Écosse et la Suisse, où il a collectionné 59 matchs, 25 buts et 10 passes décisives ces trois dernières années. C'est un deuxième attaquant rapide doté d'une grande capacité de dribbles", rapportait le communiqué du club transalpin, séduit par son profil technique et son expérience. "Il est plus âgé que les autres arrivants, c'est vrai, analyse le président Masu. Il a une certaine expérience à l'étranger, dans des divisions supérieures. Pour nous, c'est une garantie sur le terrain. On a pu voir dès les premiers entraînements qu'il avait une qualité supérieure aux autres. Il peut faire, et il fera certainement la différence en Serie D."
Lui aussi devra donc apporter sa pierre à l'édifice cette saison, dont l'ambition intime de tout le club peut se résumer en un mot : promotion. Et pourquoi pas revenir, un jour, en deuxième division, là où la Sanremese, fondée en 1904, a milité durant trois années (1937-1938, 1938-1939 et 1939-1940).
"Avec les bonnes structures (centre d'entraînement, stade...), c'est possible, assume Alessandro Masu. C'est ce que j'avais dit en 2021, mais nous avons rencontré de grosses problématiques depuis. Cette année, les choses vont enfin se lancer pour moderniser nos infrastructures. Nous en sommes à notre cinquième saison en Serie D, dont les deux premières terminées à la deuxième place. Nous avons une colonne vertébrale très forte, avec des joueurs qui viennent de Sanremo et qui ont grandi au sein du centre de formation. Mais pour continuer à grandir et répondre à nos grandes ambitions, on a également prospecté à l'étranger pour mixer la jeunesse à l'expérience."
Après avoir joué certaines cartes des lignées Gattuso, Del Piero et Djorkaeff, le jeu des sept familles n'est peut-être pas encore fini à Sanremo. Selon le quotidien La Stampa, les dirigeants de la Sanremese pourraient en abattre une autre : celle de Lorenzo Del Piero (18 ans), fils de Stefano, le frère aîné d'Alessandro. Rendez-vous à la prochaine partie.
Rejoignez Plus de 2M d'utilisateurs sur l'app
Restez connecté aux dernières infos, résultats et suivez le sport en direct
Télécharger
Partager cet article
Publicité
Publicité