Mercato | Thiago Almada transféré à l'Atlético de Madrid après son prêt à l'Olympique Lyonnais : l'Argentin dissipé, l'argent aussi

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On ne verra plus Thiago Almada en Ligue 1. Le milieu de terrain argentin va s'engager avec l'Atletico de Madrid après des négociations menées par John Textor lui-même. L'argent du transfert, lui, doit atterrir dans les comptes de l'Olympique Lyonnais... en théorie, même si le joueur était prêté par Botafogo. Mais il devrait transiter dans la galaxie Eagle.

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À Lyon, personne n'en est tombé de sa chaise : Thiago Almada, passé en coup de vent de janvier à mai, ne remettra plus les pieds à l'Olympique Lyonnais. Le milieu de terrain argentin va s'engager dans les prochaines heures avec l'Atlético de Madrid, après que le club espagnol a confirmé un "accord avec Botafogo pour le transfert" du joueur. Surprenant ? Oui... et non.
Le 31 décembre dernier, Eagle Football Group - c'est-à-dire l'OL, à ne pas confondre avec Eagle Football Holdings, la maison mère - dévoilait effectivement dans son rapport annuel que d'autres "actifs immobilisés et passifs intègrent le transfert des droits économiques futurs de trois joueurs en provenance de Botafogo, pour un montant de 91,7 millions d'euros". Ce même communiqué précisait que "l'un des joueurs [avait] été cédé au mois de janvier 2025 pour 33 millions d'euros par l'une des sociétés du groupe Eagle Football Holdings."
On avait découvert, plus tard, qu'il s'agissait là de Luiz Henrique, joueur acheté 16 millions d'euros au Betis en février 2024 et donc revendu près du double, moins d'un an plus tard, au Zenit Saint Petersburg, après être "passé" par Lyon pour une somme intermédiaire de 28,5 millions d'euros. L'idée devait être celle-ci : l'OL achetait, avec de l'argent de prêteurs du groupe, les droits économiques de certains joueurs dont la valorisation devait permettre au club rhodanien de dégager des bénéfices une fois qu'ils quittaient la galaxie Eagle.
Ça, c'était pour la théorie. Dans la réalité, c'est beaucoup plus flou : plusieurs mois plus tard, alors que l'on épluchait tous les rapports d'Eagle Football Group pour tenter de mieux comprendre l'épée de Damoclès qui trônait au-dessus de la tête de l'OL, le transfert de Luiz Henrique n'apparaissait plus...

A Lisbonne, personne n'a compris

Thiago Almada faisait-il partie des "trois joueurs en provenance de Botafogo" évoqués dans le rapport d'Eagle et si oui, l'indemnité de son transfert apparaîtra-t-elle dans les comptes de l'Olympique Lyonnais ? Rien n'est moins sûr, puisque les dernières traces de la venue de l'Argentin entre Rhône et Saône faisaient état d'un "prêt gratuit", alors que John Textor avait assuré, lors d'une assemblée générale, qu'il avait été acheté pour 27 millions d'euros.
C'est peut-être pour cette raison que les dirigeants du SL Benfica, très intéressés par le jeune milieu de terrain de l'Albiceleste, se sont tiré les cheveux. Les négociations ont été menées directement par l'Américain mais le club lisboète n'a jamais vraiment compris s'il devait transférer des fonds sur les comptes de l'OL ou sur ceux de Botafogo. Et la mise en retrait de l'ancien président, après l'échec de son entretien avec la DNCG, n'a pas aidé. Les Aigles ont donc fini par accentuer les discussions autour de son plan B, Enzo Barrenechea.
Les représentants de l'Atlético de Madrid, eux, ont foncé. Selon le journaliste argentin César Luis Merlo, les Colchoneros ont déboursé 21 millions d'euros pour s'offrir 50% des droits économiques du joueur, auxquels 5 millions d'euros de bonus pourront s'ajouter. Ce montant doit atterrir dans les caisses de Lyon. Si le milieu argentin n'est pas revendu dans les trois prochaines années, l'Atlético devra obligatoirement racheter les 50% des droits économiques restants, cette fois-ci à Botafogo, pour 10 millions d'euros.

Quand ARES paie ARES

Rassurant ? Pas vraiment. Car chez Eagle, l'argent transite un peu partout et ces montants seront fléchés par Textor himself et selon Globo, l'homme d'affaires américain aurait plutôt l'intention de les utiliser, en partie, pour régler des impayés et boucher quelques trous.
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Une chose est certaine, tout ceci devrait beaucoup plus inquiéter les supporters de Lyon que les représentants d'ARES. Car le principal fonds prêteur d'Eagle Football Group est aussi... un actionnaire de l'Atlético. En 2021, la société avait racheté plus d'un tiers des parts du capital d'Atlético holdCo, la société contrôlée par le directeur général des Colchoneros Miguel Ángel Gil Marin et son président Enrique Cerezo.
En d'autres termes, l'Atlético a acheté avec l'argent d'Ares la moitié des droits d'un joueur qui avait déjà été achetée avec... l'argent d'ARES. Avec évidemment, au passage, une jolie plus-value et la garantie d'en récolter une autre dans un avenir proche. Ce n'est ni plus ni moins que le double contournement d'une règle de la FIFA interdisant, depuis 2015, toute forme de TPO, à savoir la vente par un club d'une partie des droits économiques d'un joueur à un tiers.
En dix ans, ces clubs et leurs fonds prêteurs ont redoublé de créativité pour échapper au joug de la plus haute instance du foot. Avec succès. Tant pis pour les joueurs. Tant pis pour le foot. Et tant pis pour l'OL.
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