Le feuilleton Malick Fofana (OL) : Tout ce qui rend le mercato détestable
Eurosport sur GoogleMalick Fofana a fini par trouver un point de chute. Mardi, l'ailier belge a vécu une dernière journée de mercato surréaliste, symbolisée par sa visite médicale passée à Lyon sans connaître le club qu'il rejoindrait. Le joueur n'avait simplement pas la main : la faute à ses agents et à des intermédiaires préoccupés par d'autres choses que le football.
Malick Fofana, désormais joueur de Sunderland
Crédit: Getty Images
Par où commencer ? Peut-être par le plus incroyable, histoire de bien comprendre la situation : mardi, aux alentours de 20h, Malick Fofana passait sa visite médicale à Lyon, au centre Paul Santy. L'ailier belge allait quitter l'OL, évidemment, c'était acté depuis plusieurs heures. Mais il ne savait pas, à ce moment-là, pour quel club il jouerait. Sa visite médicale fut donc réalisée pour le compte des deux équipes encore en lice pour le recruter : Crystal Palace et Sunderland.
On aimerait raconter que le plan de jeu discuté avec Pierre Sage a pesé dans la balance. Que la colonie française de Régis Le Bris à Sunderland a rassuré Fofana. Mais ce serait mentir. Ce mardi, Fofana a été victime du pire de ce que le mercato peut offrir. Pendant qu'il attendait à Lyon, Roc Nations Sports et son entourage – ces fameux intermédiaires – s'évertuaient à faire grimper la note finale en réclamant des commissions toujours plus grandes pour eux. Résultat : c'est Sunderland qui récupère l'ailier supersonique en remportant cette course à l'échalote. Bravo à eux…
En l'espace de 24h, Fofana a donc été annoncé à Arsenal, à Sunderland puis à Crystal Palace, puis à Sunderland, puis à Crystal Palace, puis à Sunderland. Vous suivez ? C'est le jeu du mercato, certes. Mais rien, dans ce dossier, n'a été pensé pour le joueur. Quel projet colle le mieux à ses qualités ? Quelles sont ses envies profondes ? Comment va-t-il être utilisé tactiquement ? Le genre de questions qui n'ont pas lieu d'être en 2026 chez certains.
Coutumiers du fait
Roc Nations Sports, vous les avez déjà croisés cet été. Ce groupe, créé par Jay-Z, avait déjà été au cœur du dossier Yan Diomandé, l'explosif ailier ivoirien. Il fut un temps proche de Liverpool. Il fut même annoncé comme une recrue quasiment bouclée pour le PSG. Et puis, Roc Nation a fait son œuvre, le Real s'est aligné sur les demandes du clan.
La réaction parisienne, dans un communiqué - fait assez rare pour un mouvement avorté - disait déjà tout des basses manœuvres de Roc Nation : "Le montant du transfert demandé ainsi que les exigences salariales étaient totalement disproportionnés et de nature à déséquilibrer le marché. […] Le Paris Saint-Germain ne se laissera pas entraîner dans les jeux inflationnistes et les manœuvres de certains intermédiaires."
Roc Nations Sports gérait aussi les dossiers Vinicius et Martinelli. Autrement dit, le marché des ailiers gauches leur appartenait cet été et le jeu de chaises musicales organisé a permis à certains de se goinfrer, et ce même si Vinicius a fini par prolonger au Real. Ils ne sont pas les seuls.
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Vinicus jr.
Crédit: Getty Images
Le dossier Zion Suzuki fut aussi révélateur de ces pratiques – pas nouvelles mais toujours plus crasses. L'international japonais est passé de potentiel numéro 1 en puissance chez le double champion d'Europe à portier d'un Aston Villa en reconstruction. Le choix n'a pas été sportif, il a simplement été guidé par des commissions plus alléchantes outre-Manche.
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Le pire, dans tout ça ? Tout le monde est coupable de cette spirale infernale : les clubs, les agents, les joueurs, les journalistes, les influenceurs. Ce mardi, on a encore été nombreux à rafraîchir notre navigateur pour suivre fébrilement le dénouement du dossier Fofana. Tout était trop gros, et pourtant. On aimerait pouvoir dire que cette fois, promis, on a touché le fond et qu'on ne reverra plus ça. Mais, à chaque mercato, on retombe dedans. Encourageant un système et des pratiques désastreux.
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