Mercato Ligue 1 | Sanctions, situation économique, urgence : l'OM pieds et poings liés

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Pour l'Olympique de Marseille, ce mercato ne ressemble en rien aux précédents. Sanctionné par l'UEFA et la DCNG, le club phocéen tente de dégraisser, au plus vite, afin de connaître ses marges de manœuvre pour se renforcer. Mason Greenwood, Pierre-Emerick Aubameyang et Hamed Traoré sont partis. Mais (beaucoup) d'autres doivent suivre. Et la L1 reprend dans un mois...

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Un mois. Tout pile. C'est le délai dont dispose désormais la direction de l'Olympique de Marseille pour reconstruire son effectif avant la reprise du championnat, le 21 août prochain, face à Strasbourg. Compte tenu de la très complexe situation économique du club phocéen, l'échéance paraît courte. Et pour l'heure, il faut avoir de sacrés dons de voyance pour se faire une idée du groupe qui sera à la disposition de Bruno Genesio à la rentrée.
Au contraire des précédentes fenêtres de mercato, l'OM ne veut plus se comporter comme une entreprise de dépôt-vente. "Si chaque année, on fait partir dix ou quinze joueurs et qu'on en recrute autant, ce n'est pas bon, a insisté le nouveau directeur sportif, Gregory Lorenzi, la semaine dernière en conférence de presse. On va devoir créer un groupe compétitif, à moyen et long terme. Et cela prend du temps."

Déficit et masse salariale

Et même si les dirigeants olympiens avaient souhaité poursuivre la stratégie appliquée par Pablo Longoria, ils en auraient été empêchés. Déjà sanctionné d'une amende de dix millions d'euros par l'UEFA après avoir transgressé les règles comptables de l'instance, le club phocéen a également subi un encadrement de sa masse salariale et de ses indemnités de mutations par la DNCG, le gendarme financier du foot français.
L'OM a un très lourd déficit, encore creusé par des pertes ayant atteint 105 millions d'euros lors de l'exercice 2024-2025. Il s'est donc engagé à vendre, beaucoup, en dégageant environ 80 millions d'euros d'indemnités de transferts d'ici l'été prochain, et à faire passer sa masse salariale sous les 100 millions d'euros, selon L'Equipe, alors qu'elle atteignait les 164 millions d'euros la saison dernière.
C'est la raison pour laquelle Mason Greenwood, Pierre-Emerick Aubameyang et Hamed Traoré ont été rapidement exfiltrés malgré des montants proposés qui ne correspondaient pas aux attentes du club. Ces joueurs-là avaient très largement fait exploser la masse salariale olympienne. De la même manière, d'autres, comme Pierre-Emile Höjbjerg et Geoffrey Kondogbia, qui émargent respectivement à 6,3 et 5,4 millions d'euros par an, ne seront absolument pas retenus. Tout le monde est à vendre.
On veut une équipe compétitive mais il faut faire des efforts
"Je ne vais pas dire qu'on n'écoutera pas d'offre intéressante pour des joueurs majeurs, a admis Lorenzi. Mais tout le monde ne partira pas." Certains joueurs encore dans la fleur de l'âge et autour desquels les espoirs de grosse plus-value sont minces, comme Igor Paixão, Amine Gouiri ou Timothy Weah, devraient être priorisés. Les autres...
L'ex-capitaine, Leonardo Balerdi, avait par exemple fait l'objet d'un pré-accord entre l'OM et le Bayer mais le joueur a refusé un retour à Bundesliga. Depuis, il s'est blessé et, forcément, le marché s'est calmé. Comme pour Nayef Aguerd, qui a lui aussi été contraint de déclarer forfait pour la Coupe du monde. "Vous connaissez la situation économique du club qui est inquiétante, a insisté Lorenzi. [...] On a un objectif financier clair et des contraintes avec la DNCG. On veut une équipe compétitive mais il faut faire des efforts. Ce n'est pas simple à réaliser."
L'entité phocéenne va donc devoir improviser puisqu'elle est avant tout dépendante de l'offre. Certains éléments qu'elle imagine conserver pourraient être sacrifiés si le dégraissage s'éternise. Quinten Timber, intéressant depuis son arrivée l'hiver dernier, risque par exemple de devenir une cible de la Roma en cas de départ de Manu Koné en Premier League.

Les jeunes, dernier recours

Sans ventes substantielles, les dirigeants olympiens pourront difficilement recruter. D'autant qu'une bonne partie des dossiers creusés par l'ancienne direction a été abandonnée, même si Medhi Benatia a tenté de soigner le passage de témoin. Sans Ligue des champions et sans aucune marge sur le plan financier, l'OM n'a plus tout à fait le même pouvoir d'attraction. Et la Coupe du monde a, comme tous les quatre ans, mis une bonne partie du mercato en sommeil (sauf pour la Premier League).
"Un club comme l'OM attire, a tenté de rassurer l'ancien directeur sportif du Stade Brestois. Ce n'est pas parce qu'on a des problèmes économiques qu'il n'y a pas d'ambition et de projet." Mais dans un tel contexte, Marseille s'est plutôt penché sur des joueurs libres de tout contrat, comme Malang Sarr, mais se heurte souvent à des concurrents plus offrants. Le défenseur passé par Lens la saison dernière a ainsi filé... à Neom, en Arabie saoudite. D'après RMC, Djibril Sidibé serait désormais une autre piste à l'étude.
L'une des solutions pourrait être d'intégrer plus de joueurs issus de la formation, comme avait tenté de le faire Habib Beye. Sans doute est-ce la raison pour laquelle le club a prolongé les contrats de pas moins de 13 joueurs issus du centre. Mais leur intégration nécessitera patience et indulgence, deux qualités qui ne caractérisent pas franchement l'environnement olympien.
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