Mercato OM | Retour à des salaires d'une autre époque : comment Marseille en est arrivé là
Par Julien Pereira
Publié 06/08/2026 à 23:45 GMT+2
Une masse salariale inférieure à 100 millions d'euros et des recrues n'émargeant pas à plus de 100.000 euros par mois : tel doit être le nouveau train de vie de l'Olympique de Marseille, selon L'Equipe. Sur ce plan, le club phocéen doit donc opérer un gigantesque retour en arrière, après avoir délaissé sa rigueur pour laisser place au pari d'une présence permanente en C1. Pari qui a été perdu.
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Video credit: Eurosport
Ces dernières saisons, l'Olympique de Marseille s'est habitué à avancer de deux pas, et à reculer de trois. Mais cette fois, le club phocéen est contraint de faire un très grand bon vers le passé. Cerné pas l'UEFA, qui l'a sanctionné d'une amende de 10 millions d'euros, mis sous étreinte par la DNCG, avec un encadrement de ses indemnités de mutation et de sa masse salariale, Marseille vit son été le plus austère depuis que Frank McCourt en est le propriétaire.
Depuis l'ouverture du marché des transferts, l'OM s'est séparé de plusieurs joueurs majeurs, et d'autres pourraient suivre dans les prochains jours. C'est une nécessité absolue : la nouvelle direction, emmenée par Stéphane Richard et Grégory Lorenzi, s'est engagée, auprès du gendarme financier du foot français, à réduire drastiquement sa masse salariale afin de pouvoir enregistrer l'arrivée de nouveaux éléments. Selon nos confrères de L'Equipe, Marseille doit abaisser son enveloppe salariale en-deçà de 100 millions d'euros, alors qu'elle approchait, en fin d'exercice, les 160 millions d'euros.
L'OM comme Lille ou Nice ?
C'est la principale raison pour laquelle les dirigeants olympiens se sont rapidement séparés de Mason Greenwood, Pierre-Emerick Aubameyang, Hamed Traoré et Facundo Medina en attendant les départs très probables de Nayef Aguerd, Geronimo Rulli et Geoffrey de Lange. Ceux de Pierre-Emile Höjbjerg et Geoffrey Kondogbia sont également possibles (et vivement souhaités par la direction olympienne). Quinten Timber, Igor Paixão et Leonardo Balerdi, dont le transfert aurait sans doute été acté s'il ne s'était pas blessé avant le Mondial, seraient alors les trois derniers rescapés, parmi les dix éléments qui étaient les mieux rémunérés de l'effectif la saison dernière.
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Akliouche, un renfort idéal pour le PSG ?
Video credit: Eurosport
Pour se renforcer, ensuite, tout en contenant sa masse salariale, l'OM ne viserait, selon L'Equipe, que des joueurs dont les émoluments ne dépassent pas les 100.000 euros mensuels. De la sorte, l'entité phocéenne dégringolerait dans la hiérarchie des clubs de Ligue 1 les plus généreux en termes de rémunération. Longtemps le club le plus offrant derrière le Paris Saint-Germain, il retrouverait alors un train de vie inférieur à celui de l'OL, de Rennes et de Monaco, et à peine supérieur à celui de Nice ou de Lille.
Cela marquerait une sacrée cassure dans l'ère McCourt puisque depuis l'arrivée du propriétaire américain en 2016, jamais la masse salariale n'était descendue sous les 100 millions d'euros. Elle avait sérieusement grimpé, dès la saison 2017/2018, avec des recrutements censés illustrer les nouvelles ambitions marseillaises (Payet puis Thauvin, Luiz Gustavo...). Puis elle avait augmenté presque continuellement lors des saisons suivantes.
Des joueurs "premium" qui n'en étaient pas
La prise de pouvoir de Pablo Longoria, en 2021, avait marqué un autre tournant. L'Espagnol avait lancé son mandat en exposant sa méthode de découpage de l'effectif en quatre catégories : les joueurs dits "premium", dont les salaires sont les plus élevés, puis les titulaires, puis les joueurs de rotation, puis les jeunes. Un plafond officieux avait été établi à 500.000 euros par mois. Sauf que cette grille-là ne collait pas toujours aux statuts des joueurs sur le terrain, certains passant de cadres à remplaçants au rythme des (nombreux) changements d'entraîneur.

L'évolution de la masse salariale et des revenus de l'OM depuis 2010
Crédit: Quentin Guichard
Arkadiusz Milik en fut un exemple frappant, lui qui était arrivé en buteur référencé avec des émoluments approchant les 5 millions d'euros par an, avant d'être boudé par Jorge Sampaoli. Un autre changement de cap avait été opéré avec Roberto De Zerbi et les promesses de la nouvelle formule de Ligue des champions. Celle-ci garantissant désormais des revenus encore plus élevés, Longoria et son bras droit, Medhi Benatia, avaient décidé de changer de politique.
L'OM a ainsi rouvert les vannes et cassé ses grilles pour attirer des éléments rodés aux échéances européennes (Pavard, Rabiot, Höjbjerg, Aguerd...) et ainsi creuser l'écart sur les autres clubs de Ligue 1, hors PSG, pour pérenniser sa présence en C1. La saison 2025/2026 a démontré que le rendement de ces joueurs n'était plus en adéquation avec leur statut. Mais leur salaire l'était. Le déficit s'est encore creusé et, sans qualification pour la Ligue des champions, le crash était devenu inévitable.
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