Une méthode bien rodée et un marché complètement fou : Avec 1 milliard de revenus en 10 ans, comment Leipzig est devenu une machine à cash
Par Guillaume Simon
Mis à jour 09/08/2026 à 17:29 GMT+2
Leipzig a donc vendu Yan Diomandé au Real Madrid pour la coquette somme de 140 millions d’euros, soit le cinquième transfert le plus onéreux de l’histoire. Pas étonnant quand on connaît la faculté du club Red Bull à vendre ses joueurs pour de belles sommes. Depuis 10 ans, il en a même fait sa spécialité.
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Video credit: SNTV
Yan Diomandé est donc devenu le joueur africain le plus cher de l’histoire. Mieux, l'Ivoirien a grimpé à la cinquième position des transferts les plus onéreux de tous les temps. L’identité du vendeur, le RB Leipzig, ne devrait néanmoins étonner personne. Parce que, au fil des années, le club allemand est devenu un spécialiste de la vente. C’est simple, il a construit une bonne partie de son business model sur les plus-values réalisées sur le marché des transferts. La preuve : en dix ans, le RB Leipzig a vendu pour 1,05 milliard. Hallucinant pour un club qui n’existe que depuis 2009. Mais alors pourquoi ?
Un modèle économique unique
Pour comprendre, il faut s’intéresser au modèle économique de Red Bull. Conceptualisée par Ralf Rangnick et anciennement géré par Jürgen Klopp, la stratégie est basée sur un modèle ultra-performant conçu comme une entreprise. En bref, cibler des joueurs en post-formation.
Rares sont les joueurs qui ont rejoint Leipzig, ou un autre membre de la famille Red Bull, avec plus de 25 printemps au compteur. C’est même presque interdit. Pour Leipzig, c’est trop tard. Le joueur est déjà trop âgé, va coûter trop cher et ne pourra pas se revendre suffisamment cher. Comprenez : acheter bas, vendre haut.
Yan Diomandé n’a que 18 ans quand il débarque en Allemagne pour 20 millions d’euros. Un an plus tard, le voilà parti avec l’étiquette de plus grosse vente de l’histoire du club. Et il y a pléthore d’exemples, comme celui de Josko Gvardiol, arrivé à 18 ans pour 18 millions, revendu 90, ou encore le cas de Dominik Szoboszlai, débarqué à 20 ans contre un chèque de 20 millions avant de faire ses valises deux ans plus tard pour 50 millions de plus.
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Josko Gvardiol avec le maillot du RB Leipzig
Crédit: Getty Images
Leipzig n’a aucun problème avec le fait d’être un club "tremplin", que les joueurs rejoignent souvent avant de s’envoler vers les meilleurs clubs d’Europe. Qu’importe, le modèle économique fonctionne et voilà Leipzig faisant partie des meilleurs commerçants du marché, le tout, sans réel centre de formation. Le club allemand se contente de faire venir des pépites en provenance des autres clubs satellites du groupe Red Bull, comme Salzbourg évidemment mais aussi Bragantino, au Brésil, ou encore Omiya Ardija, au Japon.
Un marché propice
Mais Leipzig n’est pas le seul protagoniste de sa propre réussite. Le club, créé en 2009, a grandi à vitesse grand V grâce à son modèle et ses investisseurs fortunés, mais pas seulement. Il a également évolué en parfaite concordance avec un marché des transferts qui n’a cessé de se débrider. Jusqu’en juin 2009, le joueur le plus cher de l’histoire s’appelait Zinédine Zidane, acheté par le Real pour 75 millions d’euros. Aujourd’hui, les 15 plus gros mouvements de mercato dépassent tous les 100 millions, alors Leipzig a profité de cette folie. Yan Diomandé est talentueux, à n’en pas douter, mais vaut-il 140 millions ? L'avenir nous le dira. Une chose est sûre, le modèle de Leipzig s'épanouit alors totalement au cœur de ce marché sans foi ni loi.
Le club allemand profite aussi de la "naïveté" de certains clubs, en Premier League notamment, où le "Big 6" n’hésite pas à sortir le chéquier. Parfois, c'est une bonne idée, mais souvent un échec sportif et économique. L’ancien club d’Ibrahima Konaté réclame 85 millions, bonus compris, pour Benjamin Šeško ? Manchester United s’aligne. Chelsea veut Timo Werner ? Un chèque de 55 millions plus tard, les Blues le signent. Ce n’est pas suffisant et ils veulent Nkunku ? 60 millions, s’il vous plaît. Résultat, voilà le RB Leipzig troisième club ayant généré le plus de revenus grâce aux indemnités de transfert sur la période qui s’étend de la saison 2016-2017 à aujourd’hui. Et ce n’est sûrement pas terminé.
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Video credit: Eurosport
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