Formule 1 - Pour les circuits européens, la disparition ou l'alternance

La Formule 1 a officialisé ce mercredi ce qui devrait être le début d'une nouvelle ère pour le calendrier des saisons à venir : à partir de 2027, le Grand Prix de Belgique aura lieu en alternance, un an sur deux, avec un autre circuit. Zandvoort va, de son côté, sortir du calendrier après 2026, au profit d'un second Grand Prix en Arabie Saoudite ou un nouveau, au Rwanda. Le message est clair.

Le Raidillon de l'Eau Rouge, sur le circuit de Spa-Francorchamps, lors du Grand Prix de Belgique de Formule 1, le 28 juillet 2024

Crédit: Getty Images

Pierre-Yves Jeholet, le vice-président du gouvernement wallon, a offert ce mercredi un cas d'école de toute l'ironie des rapports de force. Parce que ce n'est pas lui avait les cartes en main, et qu'il a bien dû se contenter de ce qu'on lui a donné, l'homme politique a célébré une défaite. À partir de 2027, le Grand Prix de Belgique, qui se tient dans sa région sur le tracé de Spa-Francorchamps depuis des temps immémoriaux, ne sera présent au calendrier plus qu'une année sur deux.
"Je suis enchanté que le Grand Prix de Belgique, un évènement incontournable en Wallonie, a été confirmé en F1 pour plusieurs années", s'est-il mordu les lèvres. Sûrement se doute-t-il bien qu'il ne pouvait, de toute façon, pas espérer grand-chose de mieux. Et que hormis Monaco et Monza, paire de tracés quasiment intouchables, ce sort sera le lot de la plupart de ses compères européens incapables de mettre suffisamment la main à la poche.
Moins de Grand Prix en Europe
Le tracé de Zandvoort, théâtre du Grand Prix des Pays-Bas, en a déjà fait les frais. Le rendez-vous annuel des fans de Max Verstappen disparaitra après 2026. Il rejoint au cimetière des GP européens la France et l'Allemagne, elles aussi amputées de leur place au calendrier dans les quatre dernières années. "Avec la demande actuelle, je crois qu’il ne restera que deux ou trois Grands Prix en Europe à l’avenir" croyait savoir, en novembre, Michel Boeri, le président de l'Automobile Club de Monaco qui organise le Grand Prix chaque année.
Pour conserver sa place, même la course la plus légendaire du monde a dû concéder une hausse conséquente des droits d'organisations. Il y a une quinzaine d'année, le circuit de la Principauté était pourtant exempt de toute redevance. Mais Liberty Media n'en a que faire des sentiments et des traditions. Zandvoort, comme Spa-Francorchamps, avaient déjà dû engager des dépenses folles pour se plier aux exigences du promoteur du championnat en matière d'accueil des spectateurs. Les millions d'euros en plus certainement demandés, alors que les circuits dépensaient déjà respectivement 32 et 22 millions de dollars par édition en 2023 pour accueillir la F1, ont porté l'estocade.
picture

La marée Oranje du banking du circuit de Zandvoort, lors du Grand Prix des Pays-Bas de Formule 1, le 25 août 2024

Crédit: Getty Images

Au grand dam des pilotes : "Si on demande aux pilotes leur tracé préféré, à part Suzuka, ils sont tous en Europe, râlait Oscar Piastri après l'annonce du retrait de Zandvoort en 2026. On doit faire attention quand on décide de quitter ces circuits." Et à ce sujet, le président du circuit d'Assen (Pays-Bas) Arjan Bos, qui rêverait de récupérer la place de Zandvoort au calendrier, avait, non sans une certaine amertume, les mêmes informations que son homologue de Monaco : "En fait, ils veulent organiser moins de Grands Prix en Europe. Ils veulent de toute façon organiser un autre Grand Prix en Afrique et peut-être aussi revenir en Inde. En d’autres termes : l’Europe doit se réduire et il n’est alors pas évident que les Pays-Bas continuent à organiser un Grand Prix."

Plus de GP dans les nouveaux marchés

La disparition ou une organisation en alternance : voilà le choix laissé par Liberty Media à ces circuits européens incapables de dépasser une quarantaine de millions d'euros par an pour organiser à perte un Grand Prix. Les prochains à passer au grill seront Imola, dont le contrat s'arrête en 2025 et qui fait partie des tracés payant le moins du calendrier, et Barcelone. La piste espagnole, dont la diversité des virages en fait une piste d'essais et de développement idéale, devrait être remplacée en 2026 par un circuit urbain dans les rues de Madrid, prêt à payer plus cher.
Pour combler les places laissées libres, un deuxième GP devrait arriver en Arabie Saoudite. Le circuit en construction de Qiddiya, avec son virage perché à 108 mètres digne de Speed Racer, le film de course futuriste des sœurs Wachowski, est le candidat tout trouvé. Un autre tracé est en cours de conception à Kigali, au Rwanda. Le président Paul Kagame a annoncé lui-même que son pays était "candidat" pour accueillir une étape du calendrier en décembre. L'implication jusqu'au sommet de l'état, c'est d'ailleurs ce qui manquerait à la France pour conserver sa place, selon Stefano Domenicali, le président de la Formule 1. Personne ne pourra lui enlever qu'il s'assume : la F1 est définitivement devenue un outil de soft power.
Rejoignez Plus de 3M d'utilisateurs sur l'app
Restez connecté aux dernières infos, résultats et suivez le sport en direct
Télécharger
Partager cet article
Publicité
Publicité