F1 I Nouveau statut mais même routine : Kimi Antonelli, le repos du (jeune) guerrier
Vainqueur de deux courses sur trois, nouveau leader du Championnat du monde des pilotes, Kimi Antonelli a sans aucun doute basculé dans une toute nouvelle dimension depuis le début de saison. Alors que le paddock s'est mis en pause pour plusieurs semaines, le jeune pilote italien, lui, garde les pieds sur terre durant cette trêve forcée. Au menu : du repos, du boulot... et sa famille.
Comment Ferrari a pu laisser passer un prodige comme Antonelli
Video credit: Eurosport
Cette fois, il a préféré rentrer chez lui en catimini. Contrairement au bain de foule reçu après sa première victoire historique lors du Grand Prix de Chine, Kimi Antonelli a fait son retour chez lui, à Bologne, en toute discrétion. Alors que plusieurs fans espéraient croiser le jeune pilote Mercedes en cette fin mars à l'aéroport Marconi, il a finalement opté pour la discrétion. Une fois son avion en provenance d'Istanbul posé au sol, il est reparti par une porte dérobée, évitant ainsi les projecteurs, les journalistes, les tifosi... et les curieux.
Entré dans une toute nouvelle dimension depuis le début de cette saison avec ses deux succès coup sur coup, avec en prime la place de leader provisoire au classement des pilotes, Antonelli, bien conscient qu'une "Kimi-mania" est bel et bien en train de naître dans son pays, était surtout pressé de rentrer chez lui. Auprès, notamment, de "Mamma" Veronica et "Papà" Marco, deux parents qui couvent au maximum leur fils prodige. Car au fond, rappelons-le, il n'a que 19 ans. Même si, lorsqu'on l'écoute, on lui en donnerait parfois une bonne dizaine de plus.
Les pieds toujours sur terre
S'il ne s'attendait certainement pas à vivre un tel début d'exercice, le talent de Casalecchio ne s'emballe pas pour autant. Au moment où le paddock est contraint de vivre une première pause forcée en raison de l'annulation des Grands Prix de Bahreïn et d'Arabie saoudite, il garde les pieds sur terre et continue de vivre au rythme de l'insouciance de sa jeunesse. Tout ce qu'il veut, et ce qu'il aime, c'est monter dans sa W17 et s'amuser sur la piste. Surtout que son bolide écrase, pour l'instant, la concurrence. Alors il avait envie de tout... sauf de s'arrêter.
"C’est dommage que nous ayons une période de pause aussi longue, mais en même temps je ne me plains pas parce que je peux passer pas mal de jours à la maison. C’est important, car le début de saison a été très intense, confiait-il la semaine passée à Sky Italia. Je suis un peu déçu, parce que nous venons d’un début de saison positif et la voiture fonctionne vraiment très bien. Quand on est dans un moment aussi important, on préférerait continuer, parce qu’avec l’arrêt, on perd un peu le rythme."
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Antonelli satisfait, Russell inquiet, Verstappen écoeuré : leurs réactions après la qualification
Video credit: Eurosport
Pour ne pas totalement le perdre, justement, Antonelli ne compte pas vraiment s'affaler sur le lit et attendre que le temps passe jusqu'à la reprise. Au programme : du repos, certes, mais aussi beaucoup de rendez-vous et d'entraînements. "Je ferai un test en GT2, un test Pirelli avec la Formule 1, des journées en karting et peut-être aussi une en GT. Ce sera malgré tout une pause très active, entre la piste, le simulateur et l’entraînement", avait-il prévenu au micro de la chaîne transalpine.
Le protégé de Toto Wolff espère également profiter de cette pause d'un mois pour corriger certains axes de son pilotage, et notamment celui lié à ses départs en course. Au Japon, alors qu'il partait en pole position, il s'était manqué à l'extinction des feux pour glisser à la sixième place après le premier tour. Lucide, mais aussi très exigeant envers lui-même, Antonelli avait même peiné à savourer sa victoire finale tant sa frustration était grande.
Un départ "choquant" au Japon
"Au Japon, je n’ai pas savouré la victoire comme je l’aurais voulu, parce que j’étais énervé à cause du départ. Ça a été quelque chose de choquant, admettait-il lors de son entretien à Sky Italia. J’y travaille déjà. Certainement au simulateur, surtout sur les départs. Je réfléchis à la manière d’améliorer cet aspect." Si le simulateur peut certainement l'aider dans ce sens, l'Italien, bien conscient que le départ demeure son talon d'Achille, devrait également pouvoir compter très bientôt sur un tout nouveau volant avec la plupart des réglages mis à jour pour s’entraîner chez lui.
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Oscar Piastri (McLaren), Andrea Kimi Antonelli (Mercedes) et Charles Leclerc (Ferrari) au Grand Prix du Japon 2026
Crédit: Getty Images
Déjà plus jeune titulaire de la pole position dans l'histoire de la F1, Antonelli est également devenu, depuis sa performance à Suzuka, le plus jeune leader de l'histoire du Championnat du monde des pilotes. Pas dupe, il sait que son statut a changé et que la pression va logiquement augmenter lors des prochaines courses. Derrière lui, une meute de pilotes prêts à en découdre, dont son coéquipier George Russell, qui compte désormais neuf points de retard et est légèrement vexé de se voir devancé par un pilote aussi jeune.
Toujours aussi posé et souriant, il avait déclaré, au Japon, qu'il était encore "trop tôt pour penser au Championnat". "Je vais continuer à relever le niveau d'exigence car George est très rapide et la concurrence finira par se rapprocher", ajoutait-il, alors que Wolff souhaitait qu'on "préserve" son protégé "de ceux qui parlent du Championnat". Il y aura le temps pour y songer. En attendant la reprise début mai à Miami, Antonelli continue de jongler entre boulot et famille. En toute normalité.
Ce succès ne change rien
"Pour tout le monde, 'Kimi' est devenu un vainqueur de Grand Prix en Formule 1, mais pour moi il reste mon fils Andrea, ou Andy comme on l’appelle en famille", racontait sa "mamma" à La Gazzetta dello Sport après son premier succès cette saison.
"Ce succès ne change rien, assurait-elle. Mais ce qui me rend le plus heureux, c’est que cela lui a certainement enlevé de la pression des épaules après une année pas facile (...) Andrea veut toujours s’améliorer et c’est quelqu’un qui ne recule pas devant les défis. L’important est de faire les choses au bon moment (...) Je veux qu’il soit heureux dans ce qu’il fait et qu’il obtienne des résultats, mais la vraie fierté, c’est quand on me dit : 'c’est vraiment un garçon formidable'." Ce même garçon qui, peu importe ses deux premières victoires en F1, lui réclame toujours la gramigna al ragù (un plat typique de l’Émilie-Romagne) quand il rentre à la maison...
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