Grand Prix d'Australie | Saison 2026 Mercedes, de l'argent à l'or ?

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Mercedes attendait cette saison 2026 depuis des années. Celles passées à préparer un moteur dopé à l'électrique, capable de redorer un blason terni par quatre pénibles années de monoplaces à effet de sol. Et la ramener à sa gloire de la période 2014-2021, avec un pilote, George Russell, qui ne cache pas son ambition mondiale.

"Quand Mercedes va mettre la puissance à fond, ça va être une autre histoire"

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Nous y sommes. Et fini de s'énerver, de fulminer. De taxer la Flèche d'argent au mieux de "diva", de l'exposer dans le hall d'accueil de l'usine de Brackley comme dans un musée des erreurs. De la qualifier de "chose" comme un Lewis Hamilton rincé par trois années d'échecs. La W17 répond aux promesses de retour en force de la maison allemande. Après quatre saisons d'expérimentation de l'effet de sol par la Fédération internationale de l'automobile, la dernière création de l'antenne anglaise est au rendez-vous du grand virage réglementaire de 2026. Celui qui tourne la page des années "marsouinage", dont les Gris auront souffert bien plus que Red Bull, McLaren et Ferrari, et donne une nouvelle dimension au groupe propulseurs turbo-hybride, à l'origine de l'épopée de 2014-2021.
James Allison avait été appelé par le patron, Toto Wolff, en avril 2023, pour corriger une Mercedes percluse de rebonds. En trois campagnes, le technicien de 58 ans n'est jamais vraiment parvenu à les éradiquer complètement. Ni faire ensuite de sa création une voiture polyvalente, capable de fonctionner par tout type de temps. Mais tout ceci semble appartenir au passé : le 17e modèle créé depuis le retour de la marque à l'Etoile en Formule 1 a donné de solides cautions à l'épreuve de la piste. Elle a été la plus rapide des tests de Sakhir 1 avec Andrea Kimi Antonelli (0"54 plus vite que la Ferrari de Lewis Hamilton), et la plus endurante sur la totalité des essais de présaison (Montmelo, Sakhir 1 et 2) avec 6202 km couverts (devant Haas avec 6118 km et Ferrari avec 6081 km). Et accessoirement 21 544 km sur l'ensemble des quatre écuries "moteur", l'officielle plus Alpine, McLaren et Williams ; une moyenne de 5386 km par équipe peu ou prou égale à celle de Ferrari (5378 km), par ailleurs fournisseur de Haas et Cadillac.
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Modes "recharge", "boost" et "dépassement"... La puissance électrique expliquée

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Pas l'air d'être une merde
Mais pas besoin d'attendre ce bilan. Le huis clos de Montmelo (26-28 janvier) a donné la tendance. "Nous n'avons conduit la voiture que trois jours, il est donc encore un peu tôt. Mais, pour citer Toto (Wolff), 'elle ne semble pas être une merde', ce qui est véritablement un plus, a lancé George Russell. Pour être honnête, dès le début on sait si ça peut être vraiment une mauvaise voiture, et on peut vite en pointer les défauts. Nous ne pensons pas que c'est le cas." Et d'ajouter quand même, assez vite : "Je me sens prêt à me battre pour un championnat du monde."
À 28 ans et avec sept saisons en Formule 1 derrière lui, #GR63 n'est plus un jeune loup. Son avantage est de se trouver entre deux âges où l'expérience tempère la fougue, fort d'années d'apprentissage chez Williams et d'autre enrichissantes sur un plan professionnel chez Mercedes ; et ingrates aussi puisqu'il a rejoint l'écurie au moment de son déclin, en 2022.
À l'image d'un Jenson Button qui attendait l'alignement des planètes, il est peut-être aujourd'hui au meilleur endroit pour accomplir son rêve. Nanti d'un statut de pilote n°1 légitime que son jeune coéquipier Andrea Kimi Antonelli reconnaît volontiers, et conforté par la confiance renouvelée de son management jusqu'en 2028 ; clause de non-concurrence avec Max Verstappen incluse.
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Le calendrier de la saison 2026 de Formule 1

Crédit: Quentin Guichard

Russell et Antonelli excités par le règlement

De l'autre côté du garage, pas de mauvaise surprise à attendre. Andrea Kimi Antonelli sait quelle est sa place. Celle d'un champion en formation, missionné d'abord pour ramener des points au championnat des constructeurs. "Le but est de gagner des courses et le cas échéant se battre pour le titre, avance le Bolonais de 19 ans. Le but est de faire partie des meilleurs. Bien sûr, George est très très rapide, il est vraiment prêt à se battre pour le titre et c'est l'une des références du peloton. Ça va être assez fun, spécialement contre lui."
Avoir une voiture rapide dans les mains aide aussi manifestement à digérer le nouveau règlement. Là-dessus, Russell et Antonelli sont d'accord. "C'est vraiment agréable de pouvoir suivre les voitures beaucoup plus facilement qu'avant, constate le Britannique, quatrième du championnat du monde 2025. Les pneus légèrement plus étroits aident aussi, la suspension est probablement un peu plus légère. Et avec tout ce qui est plus compact, le poids est plus groupé. Ça ne donne pas l'impression d'avoir un véhicule massif. S'adapter à la perte d'appui aérodynamique a été assez facile. On pousse la voiture à la limite, elle reste très rapide et on sent toujours qu'on est au bord de l'adhérence."
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Le moteur Red Bull, dernier mystère à lever

De son côté, Antonelli évoque la nécessité de se réinventer pour réaliser des dépassements, car le nouveau mode "dépassement" coûtera forcément en charge électrique. "Il faut aborder la saison en étant très ouvert d'esprit, et d'une certaine manière, il faut aussi être très créatif, car on peut vraiment jouer avec l'énergie, surtout lorsqu'on se bat contre d'autres pilotes. Quand on prévoit un dépassement ou qu'on se défend, il faut toujours essayer d'avoir deux longueurs d'avance et essayer de devancer l'autre ou le forcer à faire quelque chose." C'est effectivement ce qu'on devrait voir en première intention.
Le moteur Mercedes loué par la concurrence pour sa puissance et sa fiabilité, George Russell a néanmoins estimé avoir fait les "pires départs" de sa vie avec le nouveau bloc de Brixworth, à cause de la disparition du MGU-H. Et remarqué à Montmelo un autre V6 capable de délivrer de la puissance électrique de façon répétée dans les lignes droites, sans faiblir sur la distance d'un relais. "Nous avons été plutôt surpris de ce que nous avons vu chez nos concurrents, spécialement le Red Bull, a-t-il déclaré. Il est très impressionnant considérant qu'il est tout aussi nouveau que fiable."
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Red Bull : management enfin clean, Verstappen et Hadjar ambitieux

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Les Autrichiens auraient-ils trouvé une astuce ? C'est ce qui taraude encore Brixworth, l'antenne anglaise de Mercedes, et placera peut-être le V6 de Milton Keynes au centre du débat en cette fin de semaine au Grand Prix d'Australie. Parce qu'on n'en a certainement pas terminé des interrogations et suspicions. Les accusations de Red Bull et Ferrari, cet hiver, au sujet du taux de compression du Mercedes, n'ont fait que lancer le feuilleton. "Des foutaises", a coupé Toto Wolff, qui comprend qu'on attaque son V6 parce qu'il est peut-être redevenu la référence du plateau. Ce qu'il se languit de montrer.
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