Une remontée impossible dans le "train DRS" ? Norris craint un coup d'arrêt dimanche

Une McLaren plus rapide que la Red Bull et des Vmax folles - plus de 340 km/h - ne suffiront peut-être pas à Lando Norris pour sauver les meubles de sa 17e place au départ du Grand Prix d'Azerbaïdjan, dimanche. Car, en dépit de ces atouts, dépasser reste une affaire compliquée dans la longue ligne droite de Bakou.

Lando Norris (McLaren) au Grand Prix d'Azerbaïdjan 2024

Crédit: Getty Images

Lando Norris est peut-être en train de tout perdre, au moment où McLaren paraissait avoir tout sous contrôle. Les titres Constructeurs et Pilotes dans son viseur, forte d'une suprématie technique indéniable sur Red Bull et son pilote n°1 mondial Max Verstappen, de pilotes rangés en ordre de bataille, droits dans leurs bottines, sans état d'âme ; spécialement son désormais officiel n°2, Oscar Piastri.
Avant ce rendez-vous en Azerbaïdjan, l'écurie couleur papaye avait même décidé d'assumer son ambition de remporter les deux couronnes. Confortée par sa remontée spectaculaire au Mondial des marques contre Red Bull - de 70 points au soir du Grand Prix d'Espagne, le 23 juin, à 8 petites unités après le Grand Prix d'Italie, il y a deux semaines. Contaminée aussi par cette idée que l'avance de Max Verstappen se réduisait inéluctablement, comme Peau de Chagrin… De 84 longueurs après le Grand Prix de Grande-Bretagne, le 12 juillet, à 62 à l'arrivée de la course àonza.
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Carlos Sainz (Ferrari) devant Lando Norris (McLaren) au Grand prix d'Azerbaïdjan 2024

Crédit: Getty Images

Mais voilà, la seule séance de qualification du Grand Prix d'Azerbaïdjan a rebattu les cartes et fait voler en éclats ces certitudes du côté des Oranges. A travers deux événements improbables qui imposent aujourd'hui de reconsidérer le rapport de force ; même le temps d'un week-end, qui suffirait à plomber les espoirs de McLaren pour les six courses suivantes : Lando Norris s'est fait sortir de la Q1 samedi et Sergio Pérez a réussi ce dont on ne le pensait plus capable : se mettre au niveau de son leader, donc en position de l'aider à nouveau. Un sacré retournement de situation quand on sait que McLaren était jusque-là la seule abonnée à la Q3 avec ses deux bolides, et que "Checo" n'avait jamais battu son leader sur le tour chrono cette saison.

DU FATALISME MAIS Rien d'impossible

"Tout le monde a fait un second tour chrono et moi non", a commenté le Britannique au micro de Sky Sports. C'est de la malchance, c'est tout. J'ai dû lever le pied. C'est comme ça." Sur une piste qui évoluait encore, l'Anglais a dégringolé jusqu'au 17e rang à cause d'un drapeau jaune déployé pour signaler l'Alpine d'Esteban Ocon au ralenti. Ce dont le management s'est offusqué auprès des commissaires de la FIA. "J'espère que nous pourrons faire un bon résultat, la voiture est rapide", a ajouté le n°2 mondial, à propos de dimanche.
Il a quand même oublié sa glissade au n°16, qui a elle seule l'a peut-être condamné, de façon improbable : à une minute de la fermeture de la piste, il était neuvième, avec 0"6 d'avance sur le 16e temps, premier éliminatoire. Mais revenons à l'essentiel : un "bon résultat" dimanche, c'est quoi dans son référentiel ? Finir devant son rival et néanmoins ami batave, qualifié sixième, deux rangs derrière son coéquipier mexicain. L'Anglais en a les moyens : la MCL38 est compétitive ce week-end et la Red Bull pas au mieux. Oscar Piastri s'est qualifié en première ligne, en roulant 0"337 plus vite que la RB20 n°1, prise de convulsions et loin d'être rassurante dans un environnement urbain aussi punitif que Monaco.

Pérez, le facteur X

"Je savais déjà après le premier run en Q1 que ça allait être difficile, a avoué le triple champion du monde sur Viaplay. Des choses avaient changé sur la voiture et ça la rendait très difficile. Il y avait beaucoup de rebondissements à l'arrière ; à chaque entrée et sortie de virage, la voiture rebondissait vraiment fort."
"La Q2 s’est plutôt bien déroulée, mais pour moi, dans la voiture, cela ne me semblait déjà pas bien. Je n'ai pas pu optimiser au milieu du virage. J'ai aussi eu un peu trop de sous-virage, ce qu'on ne veut pas sur un circuit urbain", a complété "Super Max", qui n'a plus gagné depuis six courses.
A ce tarif, Lando Norris n'est peut-être pas le plus mal placé pour dimanche, s'il parvient à régler rapidement le cas Pérez, en ballottage depuis des mois chez Red Bull et prêt au sacrifice pour garder sa place. Sachant qu'il sera plus utile derrière son leader que devant.
Néanmoins, un facteur inquiète particulièrement le natif de Bristol : l'effet DRS qui limite les dépassements. A Bakou, les voitures se suivent, enfermées dans un "train DRS". Norris se voit déjà arriver derrière un groupe de monoplaces avec des ailerons arrières ouverts boostant leurs Vmax et rendant donc beaucoup difficile les manœuvres. Tout ça dans des turbulences accélérant l'usure des pneus. "Je le saurai pendant la course, a-t-il prévenu. Tout doit être fait en termes de stratégie car on ne peut pas doubler sur ce circuit à faible appui. J'espère à un moment donné rouler dans de l'air propre." C'est une certitude : cette 17e place a fait du circuit son premier rival.
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