Grand Prix d'Azerbaïdjan 2025 | Pourquoi Red Bull ne compte plus sur son simulateur pour faire gagner Max Verstappen
Par Julien Pereira
Publié 20/09/2025 à 00:03 GMT+2
Plus de ressenti, moins de théorie : ces dernières semaines, Red Bull a décidé d'accorder beaucoup plus d'importance aux volontés de Max Verstappen qu'aux données tirées du simulateur. Parce que ces dernières apportaient plus de problèmes que de solutions, et que l'écurie n'a plus le temps ni les moyens de les résoudre. C'est grâce à cette décision que le Néerlandais s'est payé McLaren à Monza.
Comment Red Bull a boosté Verstappen
Video credit: Eurosport
C'est un outil à 30 millions d'euros que certaines écuries rêveraient d'avoir... mais qu'elles ne peuvent se payer. Red Bull, elle, a préféré le délaisser. Ces dernières semaines, l'écurie a en effet décidé de prendre ses distances avec son simulateur. Ce choix, porté par Laurent Mekies, a déjà porté ses fruits puisqu'il a été décisif dans la victoire de Max Verstappen au Grand Prix d'Italie.
Le "simu", c'est un bijou de très haute technologie devenu central dans le fonctionnement des équipes de pointe. Capable de retranscrire, de manière très fidèle, le comportement d'une monoplace sur n'importe quel circuit, l'appareil permet d'optimiser les réglages au cours d'un week-end de Grand Prix.
Chez Red Bull, son utilisation avait été capitale dans les succès du Néerlandais, jusqu'à l'année dernière. Sébastien Buemi, capable d'y passer plusieurs heures le vendredi, parfois jusque très tard dans la nuit, y avait plusieurs fois trouvé des solutions pour rendre la monoplace du champion du monde plus performante. Son rôle avait par exemple été vanté durant les Grands Prix d'Émilie-Romagne ou du Qatar, en 2024.
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Buemi : "Je trouve des choses au simulateur mais c'est surtout Max qui fait la différence"
Video credit: Eurosport
Red Bull a perdu la corrélation
Mais ces derniers mois, le simulateur de la firme autrichienne a plus souvent apporté des problèmes que des solutions. Et Red Bull l'a constaté dès la troisième manche de la saison, au Japon. "L'une des clés du simulateur, c'est la corrélation, nous a expliqué Buemi lors d'un événement organisé par Red Bull à Magny-Cours. Il faut que la voiture dans le simulateur se comporte de la même manière que la voiture en piste. Et quand ça commence à ne plus être le cas, ça pose vite de gros problèmes. Parce que tu ne peux plus forcément faire confiance à tout ce que tu testes."
Obtenir une corrélation parfaite est tout sauf un jeu d'enfant car d'innombrables paramètres sont pris en compte : les températures de l'air, de la piste et du pneu, la dégradation des gommes, la pression atmosphérique, les particularités des circuits, etc. Et Red Bull a fini par perdre le fil. "Nous avons eu plusieurs courses où nous sommes allés d'un opposé à un autre, racontait Max Verstappen à ce sujet, à Monza. Nous faisions des changements extrêmes, ce qui montrait que nous n'avions pas le contrôle."
C'est pour cette raison que Mekies, devenu le patron de l'écurie au cœur de l'été, a décidé d'opter pour une toute nouvelle approche. Alors que Christian Horner, son prédécesseur, insistait sur la théorie, le Français a un peu plus déplacé le curseur vers le ressenti de son pilote numéro un. "Laurent a un bagage d'ingénierie, rappelait Verstappen. Il pose donc les bonnes questions aux ingénieurs - des questions de bon sens - et je crois que ça fonctionne très bien."
Les ingénieurs sont désormais plus à l'écoute des pilotes
"Toute l'équipe technique est plus ouverte maintenant et ils discutent de ces choses, détaillait Helmut Marko, conseiller sportif, dans des propos rapportés par nos confrères de Motorsport.com. Ils ne se contentent pas de suivre aveuglément ce que dit la simulation. Les ingénieurs sont désormais plus à l'écoute des pilotes. Quand on a un pilote aussi rapide et expérimenté [que Verstappen, NDLR], je pense que c'est la bonne approche. C'est lui qui conduit la voiture, après tout."
C'est précisément tout ce qui a fait la différence à Monza. En Italie, Max Verstappen a insisté - pour ne pas dire imposé - l'utilisation d'une version jugée "extrême" de l'aileron arrière. Celui-ci devait lui permettre de gagner beaucoup de vitesse en ligne droite. Mais les simulations prédisaient une dégradation des pneumatiques trop importante. Pierre Waché, directeur technique de Red Bull, s'était montré extrêmement sceptique. Mais il avait fini par céder face à la demande du quadruple champion du monde. Le résultat leur a donné raison.
Le réajustement de cette méthode de travail devrait s'étendre jusqu'à la fin de la saison. "On travaille quand même très fort pour être sûr que le simulateur reste un outil qui nous permette d'aller plus vite, a toutefois nuancé Buemi. Mais il ne faut pas oublier non plus que l'année prochaine, tout sera nouveau. On concentre beaucoup d'efforts sur la saison 2026, même si on veut encore gagner des courses et terminer parmi les trois premiers du championnat cette année. Mais il y a un moment où tu ne peux pas mettre toutes tes ressources au même endroit, et c'est aussi pour cela que le simulateur n'a pas apporté autant qu'on l'aurait souhaité." Visiblement, Red Bull a trouvé un juste milieu. Le Grand Prix d'Azerbaïdjan pourrait le confirmer.
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