GP d'Emilie-Romagne - Pour Max Verstappen, la menace se rapproche : "J'ai dû attaquer à fond pendant toute la course"
Publié 20/05/2024 à 01:06 GMT+2
S'il a tout de même franchi le drapeau à damier dans la peau du leader, cueillant un 59e succès en carrière, Max Verstappen (Red Bull) n'a pas affiché son habituelle sérénité tout au long des 63 tours du Grand Prix d'Emilie-Romagne et, plus globalement, depuis le début de ce week-end. Le Néerlandais a pâti d'un manque d'équilibre de sa RB20 et d'une marge d'avance de plus en plus réduite...
Max Verstappen of the Netherlands and Oracle Red Bull Racing celebrates in parc ferme during the F1 Grand Prix of Emilia-Romagna at Autodromo Enzo e Dino Ferrari Circuit
Crédit: Getty Images
Il a (un peu) stressé, il a (à peine) partagé sa frustration à la radio, il a (à nouveau) gentiment envoyé paître son ingénieur de piste Gianpiero Lambiase, mais Max Verstappen (Red Bull) s'est encore imposé en Emilie-Romagne, décrochant sa cinquième victoire en sept manches disputées cette saison. Conclusion positive d'un premier week-end européen loin d'être idéal.
Habitué aux victoires éclatantes depuis deux ans, le Batave se sent de plus en plus menacé par la concurrence. Impuissant face à Carlos Sainz et Ferrari en Australie (abandon), battu à plate couture par Lando Norris et McLaren à Miami, il dut, ce dimanche, contenir le retour en trombe en fin d'épreuve de ce même Britannique. Toujours pas descendu de son nuage sur lequel il flotte depuis deux semaines et son premier succès en F1, ce dernier aurait adoré prolonger la lune de miel en Italie avant de débarquer à Monaco le week-end prochain. Quitte à pousser le triple champion du monde dans ses retranchements.
Chemin de croix
Vainqueur pour 7 dixièmes de seconde alors qu'il disposait d'un matelas confortable à l'entame du 57e tour (+ 7"4), Verstappen a eu du mal à maintenir dans la bonne fenêtre de fonctionnement ses pneus durs montés au 24e tour, soit deux boucles après l'arrêt de Norris. Il a donc rapidement pâti d'une perte d'adhérence et d'une chute de performance brutale dans les 15 derniers tours.
En début de course, déjà, il s'était fait remarquer en jouant un peu trop avec les limites de la piste, déclenchant un drapeau noir et blanc synonyme de dernier avertissement avant punition de cinq secondes. "J'ai dû attaquer durant toute la course pour essayer de créer des écarts, soufflait Verstappen dans le parc fermé. Avec les pneus mediums, on a fait preuve de solidité alors qu'avec les pneus durs, c'était plus compliqué de gérer. Dans les derniers tours, je glissais vraiment beaucoup et je voyais Lando se rapprocher. J'étais pourtant à fond, mais c'était très difficile de résister, surtout quand les pneus ne fonctionnent plus. J'ai essayé de ne pas faire trop d'erreurs, et je suis très heureux de gagner ici."
La dégradation avancée et très rapide de ses gommes ne fut pas la seule difficulté à laquelle Verstappen a fait face pour cueillir un troisième succès en quatre participations à Imola où, cette année, il a porté sa croix. Lors des essais libres, en entame de week-end, le Néerlandais a enchaîné les approximations et les sorties de piste, visitant l'herbe et le bac à gravier à de multiples reprises.
Le travail sinon la perte
Cinquième, septième puis sixième des entraînements, il a haussé le ton en qualification en signant, grâce à l'aspiration offerte par Nico Hülkenberg (Haas), sa huitième pole consécutive. Record co-détenu avec Ayrton Senna (1988-1989). Tout n'est donc pas à jeter de ce week-end : "Depuis vendredi, on n'a cessé de changer beaucoup de choses dans la voiture. On ne disposait pas de beaucoup d'informations avant d'attaquer la course, et c'est peut-être aussi pour ça que c'était difficile de gérer les pneus durs. Mais d'où on partait au début du week-end, c'est incroyable d'avoir la pole et la victoire."
Pour se changer les esprits, Verstappen pouvait compter sur son simulateur de course, qu'il avait installé dans son camping-car afin de participer aux 24 heures virtuelles du Nurburgring. Une compétition organisée en parallèle du Grand Prix d'Emilie-Romagne, qu'il a remportée avec son équipe Redline. Preuve de son attachement au sim racing, le Néerlandais a effectué deux relais, le premier samedi soir jusqu'à minuit, le second dimanche matin, avant de laisser ses équipiers terminer le travail. Un plaisir coupable dans un week-end compliqué.
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Max Verstappen et Lando Norris sur le podium du Grand Prix d'Emilie-Romagne.
Crédit: Getty Images
Leader du classement général avec 161 unités - 48 points d'avance sur Charles Leclerc -, Verstappen reste plus que jamais l'homme à abattre en F1. Mais le resserrement des performances chez les écuries de pointe, et notamment l'avènement récent de McLaren, doit inciter Red Bull et son champion de pilote à travailler encore et toujours, sous peine d'être rattrapés puis distancés. Cela fait déjà quelques courses que la route pavée vers le succès de l'écurie autrichienne est semée d'embuches. "Il faut qu'on s'y mette", a admis Verstappen, qui sait désormais à quoi s'en tenir pour conserver sa couronne.
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