GP d'Espagne - "Mon attaché de presse pourrait conduire ici" : Après des qualifications haletantes, le Madring peut-il offrir du spectacle en course ?

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Malgré les craintes évoquées ces dernières semaines et les accidents ayant émaillé les essais libres en début de week-end, les qualifications du Grand Prix d'Espagne ont donné lieu à une belle bataille du rail et non à un carnage. Suffisant pour imaginer une course du même acabit, alors que des pilotes alertent sur les faibles opportunités de dépassement et la dégradation qui s'annonce excessive ?

Le "tour à la perfection" de Norris, Antonelli sans regrets : les réactions après la qualification

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Un dénouement indécis, un écart infime entre les deux premiers, quatre écuries différentes se tenant en moins de deux dixièmes de seconde dans le top 5... Les qualifications du Grand Prix d'Espagne ont tenu toutes leurs promesses sur le nouveau circuit du Madring, samedi après-midi. La séance s'est déroulée sans incident majeur, malgré des essais libres particulièrement accidentogènes (Arvid Lindblad dans le mur dès les EL2, puis Lewis Hamilton et Ollie Bearman coup sur coup en EL3, ce dernier ayant détruit sa monoplace au virage 11 et ruiné sa qualif').
Quelques heures après le crash du pilote Haas, pas un seul incident notable n'est venu perturber la session d'une heure. George Russell (Mercedes), Norris ou encore Franco Colapinto (Alpine) ont frôlé la correctionnelle, mais ils s'en sont sortis avec une belle frayeur et sans dommages. On est loin des 19 drapeaux rouges ayant émaillé, en août, le test de deux jours des Formule 3.
Autant d'éléments qui laissent présager d'une course haletante, dimanche. Une interrogation subsiste : ce même tracé, morceau de bravoure pour funambules avertis, peut-il produire une bagarre en piste avec des équipes au coude-à-coude pendant 57 boucles, ou n'est-il taillé que pour le tour parfait ? Selon certains pilotes, comme Max Verstappen, la géométrie des virages interdirait mécaniquement tout dépassement et favoriserait ainsi une longue procession.
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Russell et le risque d'un carnage pneumatique : "Il va falloir s'arrêter 6 fois en course"

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Ils devraient laisser les pilotes concevoir les circuits parce qu'ils ne comprennent vraiment pas
Ne portant pas les circuits urbains dans son cœur, le Néerlandais, troisième sur la grille au Madring, n'a pas mâché ses mots à l'issue des qualifications. "J'aime l'adhérence, ils ont fait du bon travail avec le bitume, même si à certains endroits, c'est déjà un peu trop bosselé pour une piste aussi récente", a-t-il d'abord concédé. Avant de durcir le ton : "Pour les virages, en revanche, on ne peut pas dépasser. Les concepteurs doivent comprendre qu'il ne faut jamais devoir tourner en même temps qu'on freine, parce que ça supprime toute possibilité de dépassement. Ils devraient laisser les pilotes concevoir les circuits parce qu'ils ne comprennent vraiment pas." Et le pilote Red Bull de balayer l'argumentaire habituel pour défendre les circuits urbains : "Je sais qu'on va me répondre qu'il y a des contraintes d'espace, mais c'est n'importe quoi. Il y a toujours moyen de trouver une zone de dépassement sur un circuit."

Des défis, mais pas ceux attendus

Éliminé dès la Q1 et relégué à la 17e place, Fernando Alonso a lui aussi critiqué durement le spectacle promis pour dimanche. Mais pour une autre raison que le Batave. S'il trouve le dessin du Madring réussi, l'Espagnol regrette de le découvrir sous la réglementation technique actuelle. "C'est triste qu'avec cette génération de voitures, on arrive sur un circuit aussi réussi que celui-ci, avec des défis comme La Monumental, et que l'apport du pilote soit quasiment nul", a-t-il déploré, visant la gestion électrique des monoplaces 2026 qui gommerait la différence entre pilotes dans les portions les plus spectaculaires du tracé tel que le virage incliné à 24%.
Pour illustrer son propos, le double champion du monde a pris pour exemple... son attaché de presse : "Michael (Clayton) pourrait piloter ici. Ce n'est pas ça la Formule 1. Ce devrait plutôt être : si Michael est plus courageux que moi, il va plus vite. Si j'ai plus de qualités, j'irai plus vite que lui. Maintenant, tout ne dépend plus que de la puissance que tu as. Suivant l'état de ta batterie, tu iras plus vite ou plus lentement."
Un autre sujet a également alimenté les interviews post-qualifications. Quid de la dégradation jugée extrême par bon nombre d'écuries ? Si Charles Leclerc (Ferrari) l'a décrite comme la "pire qu'il ait connue cette saison", le Monégasque a aussi dit qu'elle pourrait influer sur le scénario et le résultat de la course de dimanche. De quoi renforcer l'importance de la stratégie et de la gestion des pneus, notamment l'avant gauche qui est en proie à un graining extrême.
Vendredi, Russell avait ironisé en évoquant un Grand Prix d'Espagne à six pit-stops. Plus sérieusement, Pirelli, le manufacturier officiel, table sur une épreuve à un voire deux arrêts. "La dégradation semble être assez élevée, a confirmé Antonelli. Il va probablement falloir conduire comme une grand-mère dans les 10 premiers tours. On a vu dans les longs relais à quel point la dégradation peut être forte, surtout si on pousse trop tôt."
Alors, faut-il s'attendre à un Grand Prix d'Espagne spectaculaire ou à une course processionnaire dans la McLaren de Norris ? À défaut de lire l'avenir dans une boule de cristal, il faudra se montrer patient et attendre le départ (15 heures). Une chose est sûre, il ne faudra pas compter sur un Verstappen en mode "chien fou" : "Mad Max ? Vu l'état de la piste et le comportement des pneus, on ne veut pas le voir. Il faudra être Gentil Max !"
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