GP d'Espagne | Lando Norris (McLaren) a perdu une course qu'il a moralement gagnée : "C'est une règle injuste"
Mis à jour 14/09/2026 à 10:11 GMT+2
Troisième d'un Grand Prix d'Espagne qui lui tendait les bras sur le Madring, Lando Norris (McLaren), était pourtant le maître des lieux pendant le premier tiers de la course. La faute à une sortie tardive de la voiture de sécurité virtuelle, couplée à un mauvais arrêt. Le pilote britannique, très mal engagé dans la défense de son titre, a remis sur la table l'idée d'un changement de règlement.
Pour Antonnelli, "Norris méritait de gagner" : les réactions du top 3
Video credit: Eurosport
On peut être le pilote le plus rapide de la journée en partant premier sur un tracé avare en dépassements, et finir sur la troisième marche du podium. C'est l'amère expérience faite par Lando Norris au Madring, ce dimanche. "La poisse... On méritait largement la victoire, quelle journée de merde", soufflait-il à la radio, la voix éteinte.
Envolé depuis le premier emplacement de la grille du nouveau circuit madrilène, le champion en titre a perdu une course qui lui tendait les bras "à cause" d'un mauvais timing. Et il n'était pas le seul à le penser. "Si je dois être honnête, nous méritions d'être deuxième", a reconnu le vainqueur du jour, Kimi Antonelli (Mercedes), au micro de Canal+. L'objet de la discorde ? Une intervention de la voiture de sécurité virtuelle, qui a rebattu les cartes et indirectement décidé du vainqueur du Grand Prix d'Espagne.
On disputait le 14e tour lorsque Lance Stroll fonçait dans le mur du virage 20. Un drapeau jaune était présenté aux pilotes dans la zone, avant que la direction de course ne décide de les forcer à ralentir de l'ordre de 30 à 40 % sur l'entièreté du circuit par le biais d'une VSC.
Ils devraient laisser la VSC en place pendant au moins un tour pour que ce soit égal pour tout le monde
Problème pour Norris : alors leader avec six secondes d'avance sur la meute, il venait de dépasser l'entrée de la longue voie des stands. Antonelli, encouragé par son ingénieur Peter Bonnington, levait le pied dans le deuxième secteur en prévision d'une VSC tardive. Le Transalpin pouvait ainsi rentrer aux stands avec Verstappen et Russell dans son sillage, profiter d'un arrêt raccourci de 12 secondes et ressortir avec de la gomme dure qui allait le mener vers la victoire.
Norris, lui, devait attendre un tour supplémentaire pour changer ses "pneus mediums relativement usés" dixit Andrea Stella, le patron de McLaren justifiant ainsi la décision de s'arrêter. Mais son pilote déchantait rapidement. La VSC avait déjà pris fin, tandis que les mécaniciens mettaient trop de temps à déloger une roue récalcitrante, faisant perdre 20 secondes et quatre positions au malheureux.
Lequel finissait troisième à quelques dixièmes de Verstappen. "Je ne pouvais rien y faire, a-t-il dit au micro du promoteur. C'était une course difficile, qui nous a juste échappé. J'avais l'impression que nous la méritions aujourd'hui, mais c'est ainsi parfois, on encaisse et on réessaiera la prochaine fois."
Plus tard, auprès de Sky Sports F1, celui qui gagna sa première course en F1 "grâce à" une erreur de la voiture de sécurité à Miami, appelait à un changement : "C'est une règle (la VSC) qui ne devrait pas définir une course. Une course devrait être gagnée par le gars qui réalise la meilleure performance. (...) C'est injuste, mais c'est arrivé par le passé. C'est juste que je ne pense pas que beaucoup de pilotes aient perdu une victoire à cause de ça. (...) On en a parlé dans le passé lors du briefing des pilotes en disant qu'ils devraient laisser la VSC en place pendant au moins un tour pour que ce soit égal pour tout le monde. Aujourd'hui, j’étais le seul à en pâtir et ce n'est pas comme ça que ça devrait être."
Autre solution proposée par le pilote McLaren : "Bloquer simplement l'entrée des stands pour que personne ne s'arrête, sauf si tu as une crevaison ou quelque chose comme ça. Il y a un truc à faire pour rendre ça plus simple et équitable pour tout le monde. Je m'en plains aujourd'hui, mais je pourrais en bénéficier lors la prochaine course et gagner grâce à ça. Je dois l'accepter."
Un titre impossible à défendre ?
Cette nouvelle situation malchanceuse est un crève-cœur pour le Britannique. La victoire semblait en poche, tant il jouait dans une ligue à part au Madring, notamment durant le premier relais en pneus mediums. Samedi, déjà, il pensait avoir fait le plus dur en décrochant une pole sensationnelle pour 11 petits millièmes de mieux que l'Italien.
Le plus dur, car les observateurs prédisaient une course de 57 tours relativement calme, la faute à un triptyque fatal : dégradation extrême des gommes/nature du tracé/réglementation basée sur la gestion d'énergie... "J'ai fait un tour phénoménal pour obtenir cette pole, et je pense que la course était parfaite, mais la chance n'était pas de notre côté. Je me suis bien battu pour essayer de rattraper Max, mais c'est difficile de dépasser et il n'a vraiment commis aucune erreur", poursuivait Norris.
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Lando Norris Madring
Crédit: AFP
Pour McLaren, c'est une occasion manquée. L'écurie orange est bien de retour, avec trois poles et deux victoires lors des quatre dernières courses au crédit de son champion, mais le retard des Papayas chez les Constructeurs est trop conséquent. Peut-être aussi chez les pilotes. Norris rêvait d'une victoire à Madrid capable de le relancer dans la défense de son titre. Au lieu de cela, et même si sa troisième place est loin d'être déshonorante, elle le relègue à 106 points d'Antonelli, soit plus de trois Grands Prix : "D'autres victoires sont encore possibles, donc gardons la tête haute et continuons de pousser."
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