Grand Prix de Chine | "Désolé mon ami !" : McLaren et Lando Norris partis pour durer

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Championne du monde des constructeurs en 2024, McLaren a réussi la transition parfaite en remportant le premier Grand Prix de 2025, en Australie. Un succès qui en annonce d'autres en regardant tout ce que Zak Brown, le patron de l'équipe, a mis en place pour s'inscrire sur le long terme.

Norris "n'a pas bronché sous la pression de Verstappen"

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Le succès appelle le succès. McLaren avait repris le cours de son palmarès endormi en s'appropriant le titre des constructeurs en 2024. Un premier sacre depuis celui de Lewis Hamilton en 2008 qui ressemblait bien plus à un tremplin qu'à un lot de consolation, comme en a attesté l'écurie anglaise dimanche en Australie.
Sûre de sa force et de ses ambitions, puisqu'une couronne saisonnière ne lui suffit plus, la marque de Woking a un peu plus redoré son blason avec une 66e première ligne dans l'histoire papaye, signée Lando Norris et Oscar Piastri - une première depuis Melbourne 2012 - et un statut de n°1 mondial pour son pilote britannique, de l'inédit depuis Lewis Hamilton après Montréal 2012.
Le premier des 24 rendez-vous de l'agenda 2024 est seulement passé mais le constat est là, que personne ne pourra contester jusqu'à ce week-end à Shanghai : McLaren est la référence, désormais "l'écurie à battre" a prévenu Lando Norris dimanche soir ; l'équipe la plus enviée pour ses standards techniques, sa gestion de la course, son jeune duo aux dents longues. Plus que jamais depuis une bonne décennie, elle regarde les plus grands dans les yeux, du haut de ses 189 victoires en Grands Prix, pas si éloignées des 248 records de Ferrari, qui n'a pas encore de quoi trembler mais qui devrait faire attention quand même.

Norris et Piastri, un duo en place pour quelques années

McLaren s'est réinstallée au sommet du sport grâce à la vision d'un homme, son patron Zak Brown, propulsé en 2017 aux commandes d'une entité où tout était à faire, à reconstruire. Exsangue financièrement après le fiasco du moteur Honda qui lui apportait un autre cadeau empoisonné : une manne financière qui l'affranchissait de toute recherche de partenaires financiers. Son parcours de self made man, son profil de chasseur de sponsors, ses choix judicieux, sa passion, sa présence "depuis toujours" dans la course, son esprit compétiteur (il aligne des équipes en Formule, Indycar, WEC…) font de lui aujourd'hui le digne successeur de Ron Dennis, qui a façonné l'image d'un collectif implacable et construit dans les années 80 un palmarès capable de faire peur à Ferrari.
L'Américain ne tire pas encore ses succès de figures de légende telles Niki Lauda, Alain Prost, Ayrton Senna, Mika Häkkinen ou Lewis Hamilton, il fait autrement et finalement mieux : il les fabrique et les fait grandir comme Lando Norris. Avec un esprit paternaliste, il gère ses problèmes de nouveau riche sans prendre fait et cause pour un pilote plus qu'un autre : non content d'avoir verrouillé Norris jusqu'à la fin de 2027, pépite maison approchée un temps par Red Bull, il vient de prendre les devants avec Oscar Piastri, génialement soustrait à Alpine, bloqué "pour plusieurs saisons" à partir de 2027.
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"Ferrari est championne de la com' mais seulement 6e en qualif' et 7e en course"

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La McLaren "vole"

Et pas de problème d'égo mal placé non plus pour le boss US, qui transfère tout le crédit de la montée en puissance des Oranges à un homme, Andrea Stella, ex-ingénieur de Ferrari qu'il a eu la bonne inspiration de nommer directeur d'équipe. "Andrea est le meilleur compétiteur que j'aie jamais côtoyé (…) il a fait un travail extraordinaire en concentrant l'équipe, en la guidant, expliquait-il fin 2024, à motorsport.com, site d'information de sa propriété. Il est évident qu'il ne conçoit pas la voiture, alors je ne voudrais pas ne pas donner le crédit aux mille autres personnes qui l'entourent. Mais son leadership a été le plus grand changement qui nous a permis de passer de la situation dans laquelle nous étions au début de l'année 2023 à celle dans laquelle nous sommes aujourd'hui."
Il fallait effectivement une compréhension aiguisée des maux techniques dont souffrait la nouvelle McLaren pour réaliser que James Key n'était plus le directeur technique idoine. Et il fallait avoir le nez creux pour tout mettre dans les mains de Rob Marshall, qui depuis son arrivée en janvier 2024 a transformé la MCL en bolide scruté, envié et finalement admiré.
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"Hadjar, c'est terrible mais il n'a pas fait le kéké"

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"Désolé mon ami !"
"La voiture fonctionne comme prévu", a statué Andrea Stella, dès le vendredi du Grand Prix d'Australie. Sans se tromper sur la suite. "McLaren a un tel avantage qu'ils peuvent arrêter le développement", s'est même aventuré George Russell, au vu des écarts en qualification. Après la première course de la saison, maîtrisée par Lando Norris, le pilote Mercedes s'est fait gentiment corriger par son ami en conférence de presse. Il y avait du vrai dans tout ça, sans pour autant préjuger de la suite. "Je sais que George a commenté plus tôt ce weekend que nous pouvions déjà nous tourner vers 2026, a répondu le n°1 mondial. Si c'est leur mentalité (chez Mercedes), c'est merveilleux, mais ce n'est pas la mentalité à avoir. Désolé mon ami !"
Et de rappeler que McLaren avait attaqué 2024 avec un déficit par rapport à la Red Bull supérieur au 0"3 affiché par la RB21 de Max Verstappen samedi, et qu'elle avait fini comme meilleure voiture du plateau. Et d'enchaîner sur la suite, qui n'augure rien de bon pour la concurrence : "Nous savons qu'il nous reste beaucoup de travail sur la voiture de cette année. Si on se relâche dans cette position, on échoue. En Formule 1, si on commence à penser que les choses vont bien et que tout est cool, c'est là qu'on se fait rattraper. Je pense que nous sommes favoris parce que l'équipe a fait un boulot sensationnel, et que la voiture vole, mais il y aura des courses où nous souffrirons."
Aussi faut-il ajouter à ce tableau l'attitude inflexible de Lando Norris pendant cette manche à Melbourne - départ, restart, derniers tours sous pression -, pour rappeler que le Britannique a visiblement retenu la leçon de 2025, et qu'il n'est plus disposé à laisser passer son tour dans la course au titre.
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