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Grand Prix de Hongrie | Entre Piastri et Norris, comment McLaren a allumé le feu... et éteint l'incendie
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Publié 21/07/2024 à 19:47 GMT+2
Trois ans qu'elle n'avait plus connu cela. Dimanche en Hongrie, McLaren a décroché son premier doublé depuis le miracle du Grand Prix d'Italie 2021. L'écurie britannique a mis toutes les chances de son côté pour sécuriser les deux premières positions mais elle a dû s'employer pour préserver une forme de sérénité, après avoir demandé à Norris d'échanger sa place avec celle de Piastri.
Lando Norris et Oscar Piastri (McLaren) sur le podium du Grand Prix de Hongrie 2024
Crédit: Imago
Séquence 1 : Le départ pour faire les braises
C'est là que sont nées les braises. Dès samedi, après la qualification qui a permis à McLaren de sécuriser la première ligne, chacun avait bien compris que le départ serait probablement le moment le plus chaud pour l'écurie britannique. Tous les éléments étaient réunis pour lui rendre la tâche bien moins aisée qu'elle en avait l'air : Lando Norris, en pole, a pris la mauvaise habitude de ne pas soigner ses impulsions, alors que Max Verstappen en est un spécialiste. Oscar Piastri pouvait bénéficier de la trajectoire intérieure, et les deux pilotes "papaye" ne pouvaient pas se permettre d'être trop prudents, sous peine de tout perdre.
L'Australien a donc saisi l'opportunité, en sachant pertinemment qu'il s'agissait là de son unique chance d'être "protégé" pour la suite du Grand Prix. "Il a fait un bon départ, il m'a fait sortir de la ligne et a bien contrôlé ensuite", a analysé Norris après coup.
Séquence 2 : Un choix trop frileux ?
Tour 45/70. Alors qu'il compte deux secondes de retard sur Piastri, leader, Norris est appelé aux stands avant son coéquipier. Un choix surprenant : habituellement, la priorité est donnée au mieux classé des deux pilotes, afin de ne pas le léser sous l'effet de "l'undercut". On se dit alors que McLaren cherche clairement à faire gagner le Britannique, même si l'écurie signale à Piastri que ce choix a été fait pour couvrir l'arrêt de Lewis Hamilton, stoppé quatre tours plus tôt.
En réalité, l'équipe de Zak Brown avait de la marge, puisque Norris est ressorti avec plus de cinq secondes d'avance sur le septuple champion du monde. Appelé deux tours plus tard, Piastri perd virtuellement les commandes de la course et se retrouve intercalé entre les deux Britanniques. Le jeune pilote ne moufte pas à la radio mais il commet quelques petites erreurs et ne parvient pas à réduire l'écart sur son voisin de box...
Séquence 3 : Les consignes, le vent et les premières étincelles
Dans le même temps, afin d'éviter tout malentendu, McLaren pose le cadre. Dès le 48e passage, le muret informe Norris que les positions doivent être échangées, après que la menace Hamilton a été écartée. Le vainqueur du Grand Prix de Miami ne semble pas tout à fait coopératif : il établit le meilleur tour en course dans la foulée et agrandit son avance, contraignant le clan Piastri à lui réclamer de hausser le rythme. Quelques boucles plus tard, l'ingénieur de Norris l'avertit sur une mauvaise gestion de ses pneumatiques après lui avoir demandé un test radio... Le Britannique fait le sourd.
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Oscar Piastri devant Lando Norris (McLaren) au Grand Prix de Hongrie 2024
Crédit: Getty Images
À partir de ce moment-là, la tension ne va cesser de monter : "Lando, il reste dix tours, lui souffle-t-on. Nous pensons que les deux voitures usent trop leurs pneus. Souviens-toi simplement de toutes les réunions de dimanche matin. - Oui, mais dites-lui de se rapprocher s'il vous plaît."
L'écart grandit encore : "Lando, il reste cinq tours, insiste-t-on sur le muret. Remporter un championnat ne se fait pas seul, mais en équipe. Tu auras besoin d'Oscar et tu auras besoin de l'équipe." Rarement, pour ne pas dire jamais, une écurie avait été si véhémente pour passer des consignes avec un pilote numéro un.
Séquence 4 : Les positions échangées, l'incendie maîtrisé
Alors que Norris rechigne encore à laisser passer Piastri, à quatre tours du terme, McLaren abat une dernière carte. Et prévient qu'en cas de voiture de sécurité, le Britannique ne serait pas protégé. A l'entame du 68e passage, le rival et ami de Max Verstappen s'exécute enfin et laisse filer l'Australien. Satisfait d'avoir démontré qu'il était le plus fort ? Peut-être. Et qu'importe. Le mal est fait. "Vous n'avez plus besoin de me dire quoi que ce soit", lâche-t-il à la radio. Le doublé est assuré. Mais il est amer.
Séquence 5 : Norris, pyromane puis pompier
Pourtant, dès la sortie de son cockpit, Norris fait immédiatement bonne figure. Il félicite son coéquipier, sourit... "Je suis si heureux, confie-t-il au micro de Nico Rosberg après la course. Le chemin a été long pour l'équipe." Et lorsqu'il est interrogé sur les consignes reçues, il évacue : "Elle m'a demandé de le faire, donc je l'ai fait." Avec le flegme qu'on lui connaît déjà, Piastri la joue modeste, et s'excuse même de ne pas avoir facilité l'échange de positions en commettant quelques erreurs en piste. "J'avais confiance en Lando et je pense que c'était la bonne décision à la fin", glisse-t-il par la suite.
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Oscar Piastri, Lando Norris et toute l'équipe McLaren après le doublé de l'écurie au Grand Prix de Hongrie 2024
Crédit: Getty Images
Au micro de Sky Sports, Norris joue le vieux sage. "C'est toujours difficile quand vous vous battez pour la victoire, admet-il. Une victoire signifie énormément, pour moi comme pour lui. J'ai essayé de me mettre à sa place et de comprendre son point de vue. J'ai réalisé que c'était la bonne chose à faire." L'incendie est éteint. "Je ne connais pas un pilote qui peut être satisfait d'échanger des positions après avoir occupé la tête de course, rappelle le directeur d'écurie Andrea Stella auprès du média britannique. Ce n'est pas leur nature. C'est pourquoi nous devons rappeler nos principes. Dans ces luttes, Lando aura besoin du soutien d'Oscar et du soutien de l'équipe." Tout est bien qui finit bien.
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