GP de Miami - Deux à trois dixième plus lent, mais des tours enfin à fond : le paradoxe qui pourrait relancer les qualifications en Formule 1
Par Tanguy Mantovani
Publié 01/05/2026 à 00:58 GMT+2
Premier aveu d'échec pour le règlement 2026 de la Formule 1 : avant le Grand Prix de Miami, la FIA a accepté d'ajuster certaines des nouvelles règles pour répondre aux critiques des pilotes et d'une partie du public. Les plus visibles d'entre elles devraient concerner la qualification, pour obtenir des tours chronos plus proches de la pleine capacité des monoplaces. Et donc, plsu de spectacle.
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En caméra embarquée, la Mercedes de Kimi Antonelli s'embarque à fond dans la double droite de Suzuka, dévore les esses pleine balle, économise comme il peut de l'énergie dans Degner 1 et 2 ; le mythique virage du 130R approche mais, d'un coup, la caméra embarquée se coupe et c'est d'un point de vue extérieur qu'il faut suivre la fin du tour du poleman. C'est ce que vous pouviez – et pouvez toujours – voir sur les réseaux sociaux de la Formule 1 le 28 mars dernier, après les qualifications du GP du Japon. "Malheureusement, la caméra a souffert d'un problème technique" s'est justifié la réalisation quelques minutes plus tard.
Un couac tombé un peu trop à pic, ont pu estimer les plus sceptiques. Car comme la plupart des pilotes de la grille, l'Italien a usé dans les grandes largeurs du 'super-clipping' - ce terme très 2026 qui désigne le fait de récupérer de l'énergie en accélérant – dans la courbe, rendant de fait son passage bien moins impressionnant que les années précédentes. Impossible de savoir si ces images un peu tristes de la qualification à Suzuka ont vraiment fait honte à la F1 au point de les censurer. En revanche, on a désormais la certitude que la FIA et la FOM, le promoteur du championnat, en ont tiré des conséquences. À partir du Grand Prix de Miami, dès ce week-end, certains points du règlement 2026 vont évoluer pour favoriser la performance, en particulier en qualifications.
Parmi les "améliorations" apportées au règlement la semaine passée, et validées par l'intégralité des équipes de la grille, trois points concernent les qualifications : d'abord, l'augmentation du nombre de GP où des limites d'énergie plus basses pourront être appliquées (de 8 à 12), mais aussi une réduction de la recharge maximale de la batterie (de 8 MJ à 7 MJ), afin de "limiter la récupération d'énergie excessive et d'encourager une conduite plus régulière à pleine puissance", ainsi qu'une augmentation de la puissance du 'super-clipping' (de 250kW à 350kW) qui sera aussi appliquée en course.
Deux à trois dixièmes moins vite
Ces deux dernières mesures devraient permettre, selon les estimations de la FIA, la réduction de la durée maximale des 'super-clippings' à environ 2 à 4 secondes par tour. En théorie, ces longs moments de recharge de batterie en fin de ligne droite durant lesquelles les monoplaces ralentissent invariablement malgré le pied au plancher du pilote ne devraient donc quasiment plus arriver. Ou en tout cas, être dorénavant bien moins perceptible pour l'œil non averti, principalement à l'approche des zones de freinage. Et si la réduction de la recharge maximale de la batterie devrait faire perdre en performance aux monoplaces (environ 2 à 3 dixièmes par tour), c'est en grande partie pour que les pilotes se concentrent moins sur l'énergie et plus sur la conduite.
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Grâce à cela, la Formule 1 espère récupérer ce qui faisait l'essence des tours chronos de qualifications : une à deux minutes de pur pilotage, à fond partout et sans aucun calcul ou presque. Ce qui était l'un des gros points noirs des premiers pas du règlement 2026. Comme l'a expliqué Pierre Gasly à L'Equipe mi-avril : "Sur un tour qualif, honnêtement, il y a cette partie où il y a quelques centièmes à gagner sur un point précis. Je veux juste faire ce qu'il y a de plus rapide et remettre les gaz à chaque fois dès que je sens que je peux me le permettre. Et sur certaines pistes comme Suzuka, à certains moments où il faut être un petit peu intelligent sur la manière dont on remet les gaz."
besoin d'un guide pour tout comprendre
Outre le Français, les autres heureux de cette modification réglementaire s'appellent McLaren. L'écurie britannique poussait pour le rehaussement de la puissance du 'super-clipping' avant même le début de la saison. "Les changements apportés vont clairement dans le bon sens, s'est satisfait Oscar Piastri au cours d'une conférence de presse. Même si je dois avouer que je vais avoir besoin d'un guide pour tout comprendre." Rien ne dit, en revanche, que ces modifications bouleversent l'ordre établi des performances du début de saison. Il est toujours difficile de savoir si une des trois modifications apportées pourrait bénéficier à une équipe ou à une autre.
Même si, en demandant à la FIA "d'agir avec un scalpel plutôt qu'avec une batte de baseball", le directeur de l'écurie Mercedes Toto Wolff a laissé filtrer son inquiétude. Pas forcément sur les qualifications, mais plutôt sur la partie concernant le moteur thermique également abordée par les améliorations apportées au règlement. Les motoristes les plus en retard vont avoir des opportunités d'améliorer plus rapidement leur bloc propulseur. Et cela, forcément, ne fait pas les affaires des Flèches d'Argent. Qu'ils se rassurent, tout cela ne devrait pas arriver avant l'été. Et d'ici là, peut-être qu'une autre retouche au règlement viendra encore bousculer les choses.
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