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Webber, street fighter
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Publié 15/05/2010 à 15:03 GMT+2
Mark Webber (Red Bull) s'est vraiment battu samedi dans les rues de Monte-Carlo pour décrocher la pole de la 6e manche du Mondial. Il a arraché ce bien à Robert Kubica (Renault), qui paraissait intouchable. Vettel (Red Bull) et Massa (Ferrari) partiront en 2e ligne et Alonso (Ferrari) dernier.
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Rien de semble pouvoir arriver à Red Bull en qualification cette saison. Samedi, l'écurie autrichienne a décroché sa sixième position de pointe en autant de meetings, à l'occasion de la séance qui définissait la grille de départ du 68e Grand Prix de Monaco. Fernando Alonso (Ferrari) avait survolé les débats lors des essais libres jeudi et Robert Kubica (Renault) avait donné le tournis lors de l'ultime session de travail, en matinée. Pourtant, l'écurie de Christian Horner est parvenue à surclasser tout le monde à l'instant crucial, grâce à Mark Webber.
Monté en puissance en Q1 et Q2, respectivement 2e à 0.278 sec de Felipe Massa (Ferrari) puis 3e à 0.087 sec de Nico Rosberg (Mercedes), l'Australien a mené un combat sans merci contre le chrono et le circuit pour faufiler sa RB6 entre les rails, voire l'appuyer sur les barrières métalliques pour signer 1:13.826 dans un ultime effort. Le plus rapide à trois reprises dans les dix minutes décisives, Kubica a échoué à 0.294 sec, soit un gouffre considérant la durée du tour.
"Je ne savais pas si mon tour précédent avait été suffisamment rapide, et j'ai prévenu que j'allais faire tout ce que je pouvais", a raconté Webber. "Tout s'est bien goupillé, j'étais propre en sorties de virages. La voiture était une nouvelle fois un plaisir, les gars ont fait un boulot incroyable, c'est un bel effort de la part du team. Trois moteur Renault dans le Top 3, c'est aussi un beau résultat pour les gars dans le stand. Signer la pole à Monaco est une sensation géniale, les pulsations cardiaques s'accélèrent et il faut être très précis. Je suis très content", a-t-il ajouté.
Renault a eu peur du talonnageKubica a confié que Renault avait travaillé en vue de la course, et que si les réglages à vide étaient parfaits, il avait fallu relever la hauteur de caisse en Q3 afin que la R30 ne talonne pas dimanche. D'où un sacrifice en performance. "C'est le résultat d'un gros effort de la part de l'équipe, et de moi-même également", a-t-il expliqué. "Nous avons opté pour une approche différente et économisé deux trains de 'très tendres' pour la Q3. Notre premier objectif (du week-end) était de faire un chrono avec de l'essence (pour valider le set-up de course), et pour ce qui est du second (avec moins d'essence pour la qualif) ça va ; nous ne pouvions faire mieux. Mon dernier tour n'a pas été idéal. J'ai attaqué fort dans ma première tentative car on ne sait jamais ce qui va se passer avec le trafic ou le reste. Dans ma seconde tentative, j'ai réussi un bon premier secteur mais mes pneus étaient fichus dès le deuxième."
Comme l'a souligné Webber, auteur de sa troisième pole 2010, les V8 Renault ont complété le trio de tête grâce à Sebastian Vettel (Red Bull), relégué à 0.401 sec. Et à l'instar de Montmelo la semaine passé, le jeune Allemand n'a pas pu rivaliser avec l'Aussie. Toutefois, il n'a peut-être pas réalisé une si mauvaise affaire car il s'élancera de la partie propre de la piste, dimanche à 14h00.
Hamilton : "J'ai touché tous les rails possibles et utilisé toute la route disponible"
Quid donc de Fernando Alonso, qui paraissait pouvoir tout casser jeudi ? Eh bien, il a vécu la séance en spectateur dans le stand rouge, en gardant un oeil sur les lourdes réparations nécessaires à la remise en état de sa F10, démolie après six tours seulement le matin, dans le montée de Massenet. Piégé sur un freinage où les bolides arrivent à 160 km/h, le lauréat de 2006 et 2007 est parti dans le rail, endommageant la coque de la rossa, tout le flanc droit, la suspension avant droite et arrachant même la roue arrière droite. L'Espagnol a admis une faute de pilotage et peut toujours se dire que Michael Schumacher, alors chez Ferrari, était remonté de sa dernière place punitive à la 5e, en 2006. La Scuderia a à peine limité les pertes en plaçant l'autre voiture au 4e rang, avec Felipe Massa.
Derrière, McLaren peut se satisfaire de la 5e place de Lewis Hamilton. En tous les cas, le champion du monde ne nourrit pas de regrets. "J'ai tout donné dans les trois parties de qualification, spécialement dans mon dernier tour rapide, où je suis allé chercher de la performance dans les moindres recoins de la voiture : il ne restait absolument plus rien à en extraire, nulle part !", a expliqué le vainqueur de 2008. "Aujourd'hui, j'ai touché tous les rails possibles et utilisé toute la route disponible, je suis donc content de ma performance."
Puis, l'Anglais a apporté un éclairage très intéressant sur la santé princière de la RB6 à travers les déficiences de la MP4-25. "Il est clair que les Red Bull ont plus d'appui aéro que nous, particulièrement dans le secteur 2, et il est évident que nous devons faire un pas notable pour les rattraper", a-t-il analysé. "Ils peuvent appuyer à fond sur l'accélérateur avant nous, passer plus vite en virage, et ça leur donne une plus grande confiance pour attaquer. Demain, je serai sur la ligne intérieure, à la corde, au départ. Rien ne sera perdu avant que ce ne soit fini."
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