Grand Prix de Sao Paulo | Toujours ultra-performant, Max Verstappen (Red Bull) n'a pas été affecté par la théorie de la paternité en Formule 1
Par Julien Pereira
Mis à jour 07/11/2025 à 08:37 GMT+1
Il y a six mois, la vie de Max Verstappen a changé. Ses performances, pas vraiment. Le pilote Red Bull continue d'évoluer à un haut niveau d'excellence et à démontrer que devenir père n'a affecté ni son état d'esprit ni ses résultats. Ce, alors que l'hypothèse d'un lien de causalité entre la paternité et une baisse des performances a toujours existé en Formule 1.
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C'est une sorte de mythe, une idée reçue et même une thèse renforcée par de fausses vidéos générées par intelligence artificielle : pour les pilotes de Formule 1, la paternité altérerait la performance. Derrière cette théorie se cache l'hypothèse selon laquelle devenir parent impacterait sérieusement le rapport au danger. On ne tolérerait plus tout à fait le risque de la même manière lorsqu'un enfant nous attend à la maison.
Voilà désormais six mois et quelques jours que Max Verstappen est plutôt bien placé pour parler de ce sujet, et pour l'illustrer. Le 2 mai dernier, Kelly Piquet, sa compagne, a donné naissance à une petite fille prénommée Lily. Et depuis le 2 mai dernier, on ne peut pas vraiment dire que le quadruple champion du monde en titre soit devenu plus lent.
Toujours dans la course au titre, le Néerlandais demeure la référence absolue du moment, compte tenu de ses performances en qualification et en course, au volant d'une Red Bull à l'évidence moins compétitive que la McLaren de Lando Norris et Oscar Piastri. Sur l'impact de la paternité, il avait de toute façon apporté son point de vue quelques jours après l'avoir découverte en décrochant la pole position du Grand Prix de Miami.
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De toute évidence, devenir père ne m'a pas ralenti
"De toute évidence, devenir père ne m'a pas ralenti, donc tant mieux, avait-il ensuite lâché en conférence de presse. Nous pouvons donc aussi jeter ce sujet par la fenêtre. Je n'écoute pas ce genre de choses idiotes, je fais juste mon job. Honnêtement, je ne sais même pas d'où vient ce truc. Je pense qu'il y a suffisamment de pilotes de course qui, dans le passé, ont été sacrés champion du monde même après avoir eu des enfants."
Parmi les 34 hommes couronnés dans l'histoire de la Formule 1, 18 sont devenus pères durant leur carrière de pilote. Et 17 ont décroché au moins un titre de champion du monde après la naissance de leur premier enfant. Même si "devenir moins performant" ne veut pas dire "ne plus être performant du tout", les statistiques ne renforcent pas vraiment la thèse.
Pourtant, certains pilotes lui ont accordé du crédit. Champion du monde en 2009, Jenson Button avait révélé, en 2011, ne pas vouloir d'enfant avant la fin de sa carrière en F1. "Si vous commencez à avoir peur de pousser la voiture à la limite, vous devez arrêter ce sport", avait-il confié au Sunday Express au moment d'évoquer les raisons pour lesquelles il se refusait encore à être père.
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Sebastian Vettel, lui, a presque toujours été confrontée à cette idée-là. L'Allemand a décroché ses quatre titres de champion du monde avant d'avoir le premier de ses trois enfants. Et c'est parce que deux de ses plus mauvaises saisons (2014 et 2020) ont directement suivi une naissance que l'ancien rival de Lewis Hamilton a vu le lien de causalité lui être régulièrement soumis, alors que des explications beaucoup plus évidentes, comme les mauvaises performances de ses monoplaces, pouvaient justifier sa baisse de régime.
Chacun est différent, et Verstappen l'est encore plus
Pourtant, celui que l'on surnommait "Baby Schumi" avait une opinion assez claire sur le sujet. Et sans doute plus proche de la vérité. "Évidemment, le fait est qu'avoir des enfants change les choses, avait-il détaillé dans Beyond the Grid. Je ne pense pas que cela puisse affecter directement le chronomètre. Ce n'est pas comme si je prenais consciemment moins de risques ou que j’attaquais moins dans la voiture. C'est juste que la paternité donne une perspective complètement différente. Sur vous-même, sur la vie. Donc forcément, ça a un impact et ça change les choses. Sans aucun doute."
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Difficile, tout de même, de faire d'un cas une généralité. D'autant que l'âge peut lui aussi jouer un rôle : plusieurs études scientifiques tendent à démontrer que le rapport au danger évolue en vieillissant, et que la faculté à prendre des risques atteint un pic en fin d'adolescence ou peu après la majorité, avant de progressivement baisser.
"Personnellement, je ne pense pas que la paternité ait une influence, avait avancé Nico Hülkenberg, l'un des deux seuls "papa pilotes" de la grille, aux côtés de Max Verstappen. Mais évidemment, chacun est différent. J'ai l'impression qu'une fois que nous montons dans la voiture et que nous baissons la visière, nous avons tendance à oublier ce qui se passe à l'extérieur."
Sur ce plan, difficile d'imaginer que Verstappen soit radicalement différent. "Lorsqu'il entre dans le garage et met son casque, tout disparaît, avait souligné sur Sky Sports Christian Horner, son patron de l'époque, alors qu'il avait décroché une pole position quelques dizaines d'heures après avoir assisté à la naissance de sa fille. Sa capacité à se concentrer et à donner le meilleur de lui-même sur la piste est insensée. C'est vraiment, vraiment impressionnant."
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