Grand Prix des Pays-Bas - Une nouvelle victoire autoritaire et Lando Norris confirme le renouveau papaye : "Nous devons en faire encore un peu plus"
Mis à jour 23/08/2026 à 21:07 GMT+2
Déjà conquérant en Hongrie avant la trêve estivale, Lando Norris (McLaren) s'est imposé aux Pays-Bas, dimanche. Souverain face aux Flèches d'argent, le Britannique se refuse à évoquer la conservation de son titre mondial, quand bien même ce deuxième succès de rang confirme le retour au premier plan de l'écurie papaye. Laquelle se garde bien, elle aussi, de céder à l'euphorie à mi-parcours.
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Video credit: Eurosport
Vainqueur du Grand Prix des Pays-Bas ce dimanche, Lando Norris entretient décidément une belle histoire avec le pays des tulipes. En avril 2024, alors qu'il participait aux célébrations de la Fête du Roi entouré de ses amis dont le DJ Martin Garrix, il s'était blessé au nez sur un bateau à Amsterdam. Face à la tournure que prenait l'affaire à quelques jours du Grand Prix de Miami, le jovial pilote avait dû expliquer comment un morceau de verre avait entaillé son visage. "Pas embarrassé" par sa mésaventure, il décrocha en Floride sa toute première victoire en F1. Un joli pied de nez.
Et un succès fondateur, aussi, puisque Norris n'avait pas tardé à en conquérir un second la même année... à Zandvoort, comme un symbole, sur des terres où il est presque aussi adulé que Max Verstappen. Alors forcément, Lando Norris ne voulait pas rater ses adieux avec l'épreuve néerlandaise, inscrite pour la dernière fois au calendrier de la F1 cette année. Après avoir terminé troisième du sprint du samedi, il s'est imposé le lendemain avec la manière. "Hier, j'ai dit que je devais offrir un peu de spectacle pour la dernière course à Zandvoort et aujourd'hui, j'ai probablement remporté l'une de mes meilleures victoires. Je suis aux anges !" a-t-il lâché dans le Parc Fermé.
J'ai su que c'était le moment où jamais
Ses onze secondes d'avance sur Kimi Antonelli à l'arrivée masquaient cependant l'ampleur de la tâche. Poleman, Norris avait conservé sa position à l'envol, avant de devoir tout recommencer après le crash déchirant de Verstappen au premier tour. Trente minutes d'attente et un changement de pneus plus tard, le jeune Italien le surprenait dès le premier virage du restart. Norris a repris les commandes grâce à un mouvement spectaculaire au virage 1 du 54e tour sur ce même Antonelli, suivi d'un débordement victorieux sur Lewis Hamilton quelques virages plus loin : "Le premier mouvement était bon, le deuxième était bien joué de ma part. Je savais que je n'aurais pas beaucoup d'occasion et que je devais les tenter. J'ai vu Lewis défendre face à Kimi, et j'ai su que c'était le moment ou jamais. Ces dépassements m'ont fait gagner la course."
Son deuxième succès de la saison confirme surtout une dynamique retrouvée du côté de Woking. McLaren a amorcé un virage technique en Hongrie avant les vacances, où elle a introduit un plancher entièrement redessiné et plusieurs autres pièces aérodynamiques, dont une écope de frein agrandie, largement inspirée des observations effectuées chez les rivaux. Un second volet d'innovations a suivi à Zandvoort, ciblant cette fois l'arrière de la voiture, sur un circuit où les virages rapides récompensent un train arrière stable.
Norris réclame d'autres évolutions
Et pourtant, la McLaren n'était pas la meilleure monoplace du début du week-end. Interrogé par Sky Sports, le directeur des papayes, Andrea Stella, s'est félicité de la réaction de son équipe après un sprint conclu aux 3e et 5e places : "Avant les qualifications, nous avons apporté quelques ajustements à la voiture et adapté certains aspects du style de pilotage, notamment sur la façon d'utiliser les pneus en course. Je pense que ç'a payé. C'est une victoire méritée, au regard du travail accompli depuis la position dans laquelle nous étions lors du sprint."
S'il n'a pas manqué de saluer la performance de Norris, estimant que ce dernier "a fait un meilleur travail que n'importe qui d'autre avec les pneus", l'Italien est toutefois resté prudent quant à un possible retour au sommet du classement général, préférant temporiser. À l'entame de la deuxième partie de saison, le champion en titre accuse 83 points de retard sur Antonelli et McLaren 162 unités de moins que Mercedes : "Nous devons enchainer beaucoup de bons week-ends (pour refaire notre retard). Je préfère me concentrer sur de nouvelles évolutions sur la voiture. Après, si nous en avons la possibilité, nous regarderons où nous en sommes au championnat. Mais Mercedes mène les deux classements, et c'est mérité. Nous devons en faire un peu plus pour leur donner du fil à retordre."
Un discours de prudence largement partagé par l'intéressé qui, au risque de paraître "ennuyeux", préfère "avancer course par course" : "Ça ne sert à rien de penser aussi loin. Pour l'instant, je dois surtout profiter d'une petite pause avant Monza." Dans deux semaines, il arrivera en Italie avec un statut d'outsider en puissance, fort de deux victoires de rang. "Nous avons réalisé deux excellents week-ends, mais nous devons continuer à apprendre. Il reste encore beaucoup de choses à améliorer si nous voulons vraiment nous battre pour un championnat. J'aimerais qu'on ait une plus grande avance sur les autres", a conclu Norris, satisfait du travail collectif accompli à Woking, mais déjà tourné vers la suite. "Continuons à apporter des évolutions. Continuons à apporter de la performance. La lutte continue !" furent d'ailleurs ses premiers mots post-victoire...
Par Jérémie Bernigole
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