F1 | GP du Canada - Le dur retour sur terre de Ferrari : "C'était un enfer du début jusqu'à la fin"
Publié 10/06/2024 à 00:00 GMT+2
Dimanche à oublier pour Ferrari, ses deux pilotes ayant abandonné au cours du Grand Prix du Canada. Favori à Montréal après avoir enfin gagné à Monaco, Charles Leclerc a été trahi par son moteur, laissant Red Bull, McLaren et Mercedes marquer de très gros points en son absence. Son coéquipier Carlos Sainz a également jeté l'éponge puisqu'il est parti à la faute en fin d'épreuve.
Charles Leclerc (Ferrari) devant Yuki Tsunoda (Racing Bulls) durant le Grand Prix du Canada.
Crédit: Getty Images
Maudite gueule de bois. Arrivée outre-Atlantique en tant que favorite, deux semaines après un week-end de rêve en Principauté, Ferrari est déjà retombée dans ses travers. Nulle part tout le week-end à Montréal, l'écurie transalpine est repartie bredouille d'un spectaculaire Grand Prix du Canada que n'ont pas terminé ses deux pilotes, dimanche. Une première depuis 2022.
Après avoir brisé la malédiction dans les rues de sa Principauté natale, Charles Leclerc a connu plusieurs situations déstabilisantes sur le circuit Gilles-Villeneuve, la pire de toute étant le problème détecté sur son moteur dès les premières boucles de la course. Onzième d'une qualification très frustrante, le Monégasque devait déjà composer avec une SF-24 cacochyme. La monoplace rouge a manqué de tout à chaque sortie sur le tracé canadien : de vitesse, de rythme, de stabilité et donc de fiabilité.
Leclerc est tombé de son nuage
Elle devait pourtant resplendir sur l'Île Notre-Dame compte-tenu de la nature du circuit et ce, malgré le resurfaçage récent de l'asphalte. Voilà que celle de Leclerc se mit plutôt à perdre 1"2 et "20 à 25 km/h dans les lignes droites". Démuni malgré les injonctions de son ingénieur Bryan Bozzi - "Continue d'attaquer !" -, le Monégasque a cédé deux positions en un tour.
"C'était un enfer du début jusqu'à la fin, a confirmé l'intéressé, qui est apparu désabusé au micro de Canal +. Je ne sais pas quel est le problème. On a été affecté jusqu'au premier arrêt, où j'ai procédé à un 'reset' de la voiture. Par magie, ça a un peu mieux marché par la suite, mais le couple en sortie de virage était super inconstant donc la voiture était impossible à conduire." Larguée dans la course à la victoire, l'équipe de Maranello a tenté le pari du slick sur sa monoplace n°16. Ressorti en dernière position avec des pneus durs lors de la première intervention de la safety-car, Leclerc a traîné son spleen à l'arrière du peloton.
"La piste était encore trop mouilléemais on devait prendre des risques, on allait finir hors des points dans tous les cas. La deuxième partie de la course était juste super inconstante..." a pesté le Monégasque. Las de devoir procéder à d'innombrables réglages sur son volant en voyant les autres le dépasser, il jeta finalement l'éponge à la 42e boucle après avoir pris un tour par Max Verstappen (Red Bull). Fin du calvaire.
"Un choc" mais aussi "du positif"
Au terme de son pire week-end depuis sa prise de fonction à la tête de Ferrari en 2023, Frédéric Vasseur est rapidement venu à la rescousse de son protégé. "Charles n'a pas grand-chose à se reprocher. (...) La course était perdue à partir du moment où on a dû faire le pitstop, arrêter le moteur, le relancer... Mais il faut voir le positif pour Charles. Son rythme était plutôt bon malgré ce problème. Il tenait bien le peloton. C'est plutôt bien pour la performance, même si marquer aucun point ce week-end est un peu dur", constatait le patron des Rouges.
Concernant Carlos Sainz, le constat était en revanche différent. L'Espagnol a été contraint d'abandonner alors qu'il était dixième. La faute à un tête-à-queue causant un accrochage avec Alex Albon (Williams) en fin d'épreuve et le retrait des deux voitures. "La situation de Carlos est un peu plus à débriefer, a reconnu Vasseur, plus mesuré. Le rythme n'était pas magique. Etait-il bloqué dans le trafic ? Toujours est-il que le contact nous a fait perdre 20 points d'aéro, soit 7 à 8 dixièmes. C'était plié."
Verstappen vainqueur, Lando Norris et George Russell sur le podium avec Lewis Hamilton et Oscar Piastri en embuscade... Alors qu'elle n'avait jamais terminé au-delà du top 7 en course cette saison, Ferrari a raté une belle occasion de se rapprocher de Red Bull au classement Constructeurs. Pire, l'écurie transalpine voit McLaren revenir à 40 points et Mercedes s'inviter à la table des concurrents pour les premières places avec ce nouvel aileron avant très fructueux.
"Je ne vais pas me suicider non plus, dédramatisait Vasseur. Oui, ça fait beaucoup pour un week-end. C'est un peu dur, on est un peu choqué. Il faut qu'on se réveille pour la prochaine course. Mais à la limite, il vaut peut-être mieux tout louper sur une seule manche et puis avoir des week-ends plus propres."
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